‹ Contribution à l'étude de quelques structures florales (Essai de morphologie florale comparée)Chapitre 25 sur 57 · I — AU SUJET DE QUELQUES INFLORESCENCES · texte numérisé non relu

I — AU SUJET DE QUELQUES INFLORESCENCES

Au début de cette étude, il convient de souligner l'identité d’organisation des rameaux inflorescentiels et des rameaux végétatifs. Comme les rameaux végétatifs secondaires, les rameaux constituant l’inflorescence sont émis à l’aisselle d’une feuille plus ou moins modifiée, en général réduite, parfois même avortée. Dans ce cas, la position originelle de ces dernières peut être reconnue grâce à celle des rameaux secondaires, disposés suivant la phyllotaxie des feuilles de la partie végétative.

Comme les rameaux végétatifs, ceux de l’inflorescence sont munis d’une ou deux préfeuilles suivant les groupes.

Parfois, même, l’inflorescence est noyée, si l’on peut s'exprimer ainsi, au milieu de l’ensemble végétatif. C’est le cas, par exemple, chez l’Ananas, où l’inflorescence portée au sommet de l’axe végétatif est surmontée par un bouquet de feuilles terminales ; mélées à celles-ci, on peut trouver des racines. Cet apex sert à la reproduction végétative de lespèce.

Ces faits conduisent à conclure que les inflorescences ne sont pas, à notre avis, des « organes sui generis », comme les interprète R. Buvar, à la suite d'observations ontogéniques. Il est difficile d'admettre, par exemple, qu’un organe sui generis pourrait constituer une partie d’un axe entre deux ensembles végétatifs typiques, comme c’est le cas chez Ananas sativus Schult.

De même, suivant que les bractées florales sont des feuilles végétatives normales ou modifiées, nous devrions parler, dans un cas, de fleurs isolées, dans l’autre, d’inflorescence sui generis.

L’étude de l’inflorescence de Piper umbellatum L. fournira plus loin un autre exemple de l’homologie des rameaux végétatifs et reproducteurs.

Nous ne contestons pas les faits ontogéniques, mais seulement certaines déductions et transpositions sur le plan morphologique et phylogénétique.

Nous n'avons pas l'intention d'étudier ici tous les groupements de € fleurs » que l’on rencontre chez les Angiospermes ; notre choix a porté sur un certain nombre, qui nous ont paru particulièrement intéressants.

On sait que les auteurs, en particulier DE CANDOLLE, EICHLER,

distinguent des inflorescences définies et des inflorescences indéfinies, suivant que le ou les axes principaux sont ou non terminés par une fleur. Cette division, malgré son imperfection, est encore courante et admise.

Le type même des inflorescences définies est la cyme. Chacune des ramifications, alternes ou opposées, s’y trouve à l’aisselle des premières feuilles de l’axe précédent; dans le cas des cymes bipares, il s’agit des deux préfeuilles x et 8. La position réciproque des préfeuilles, le long des ramifications, est de la plus haute importance pour l’étude de ces inflorescences, car leur position permet de déterminer d,# on en) Eh De lantidromie ou l’homo- GR RES dromie des rameaux, encore soulignées par la vernation des sépales ou des pétales de la

fleur terminale. Depuis 1 (as EICHLER, on admet que, dans les cymes bipares, 52.

les rameaux développés

2 De x” ( »

en « et & sont hétéro- Ja

dromes, ce qui est géné- SET © ralement exact (Yelle- ot”

borus fœtidus L.) [fig. —

: r 59], mais, comme nous Fig. 55. — Diagramme d’une cyme bipare du type Helleborus

le verrons, pas autant à fleurs régulièrement antidromes en à et homodromes en $. qu’on le pense. L’antidromie est indiquée par une figuration différente des

En effet, nous con- fleurs (en blanc et en noir). naissons des cymes bipares dans lesquelles les deux rameaux axillés par « et & sont homodromes entre eux, mais antidromes du rameau qui les porte. Nous avons fait cette observation sur certaines Piperacées récoltées en Côte-d'Ivoire, principalement sur Piper umbellatum L.

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