L’épillet des Graminées
Avec la famille des Graminées, nous rencontrons un cas plus difficile. Contrairement aux exemples déjà signalés, la fleur qui en résultera sera, comme nous le verrons, d’une grande complexité.
Il n’est pas question d’étudier en détail l’organisation de la fleur proprement dite des Graminées. Son interprétation a suscité de multiples controverses ; l’étude que nous en avons faite fera l’objet d’une publication ultérieure. Nous voulons nous limiter ici à mettre en évidence, par l’exemple des Graminées, les modalités particulières du passage d’une structure multiflore à une structure uniflore.
Le problème a déjà été soulevé par L. EMBERGER, dans ses recherches sur l’origine de la fleur. 11 y compare l’organisation d’un épillet pluriflore de Graminée avec celle que l’on rencontre chez Streptochæta. « Lei, écrit-il, il y à une véritable fleur à périanthe multiple ; il n’y a plus d’épillet. Si la grande famille des Graminées ne comportait que le genre Sireptochæta, nous ne dirions certainement pas que les Graminées ont des épillets, mais simplement qu’elles ont des fleurs à ovaire monomère, entourées de 2 cycles de 3 étamines et d’un périanthe formé de 12 pièces en ordre trimères, soir 4 x 3 pièces. Seule l’existence des autres Graminées nous fait parler, à propos du genre Streptochæta, d’épillets et permet de dresser le schéma théorique représentant un épillet classique dont seule la glumelle supérieure serait fertile. »
Nous verrons comment nos observations sont de nature à confirmer sa conclusion, en même temps qu’elles nous permettront de tirer quelques renseignements dont nous aurons à nous servir lorsque, plus loin, nous entreprendrons l’étude de l’origine de la pléiomérie.
1° La structure générale de l’épillet. — Rappelons très brièvement la structure d’un épillet multiflore (fig. 84). A l’aisselle d’une bractée (br) généralement avortée (développée chez Anomochloa marantoidea Brogn. et dans certains cas chez Agropyrum sp.) naît un rameau qui porte à sa
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base 2 pièces appelées glumes, l’une inférieure, l’autre supérieure. Au-dessus des glumes s’insèrent des pièces à l’aisselle desquelles se trouvent des axes secondaires. Ces bractées sont appelées glumelles inférieures. Sur les
Fig. 84. — Schéma d’un épillet biflore de Graminée, après résupination.
(br, bractée de l’épillet, en général avortée ; Gi, glume inférieure ; Gs, glume supérieure ; gi, glumelle inférieure ; gs, glumelle supérieure ; gl, glumellule ; Æ, étamine ; C, carpelle.)
complète est particulièrement claire. Dans d’
axes secondaires sont insérées la glumelle supérieure et les glumellules. Examinons ces diverses
pièces.
2° La glume inférieure. — La glume inférieure est la préfeuille de l’axe de l’épillet. Elle
est adossée dans le jeune âge et prend ensuite une position secondaire transversale ou épibractéale.
Évidemment, cette rotation détermine un déplacement de position correspondant de toutes les autres pièces. La glume inférieure, comme on sait, est l’homologue rigoureux d’une feuille, mais d’une feuille presque toujours réduite à sa gaine. Cependant, parfois le limbe a un certain développement, comme par exemple chez Phyllostachys aurea A. et C. Riv.
(fig. 85). Ici, l’homologation de la glume à une feuille végétative
est réduit à une simple arête.
30 La glume supérieure. — Chez les
FINS Glume inférieure de Phyllostachys aurea.
autres Graminées, le limbe
Graminées à épillets transversaux
(Agropyrum, Trüticum, etc.), la glume supérieure a, en général, une
structure identique, mais plus réduite, C?
présente comme la glume inférieure.
Chez les Graminées à épillets adossés, il peut en être de même ; chez Phyllostachys aurea, par exemple, la glume supérieure a la forme d’un
organe aristé, entier. Comme l’ sur l’arête des Graminées,
est ainsi que, chez le Blé, elle se
a dit Duvar-Jouve dans son mémoire «les glumes sont privées de limbe comme les
feuilles radicales sont privées de limbe chez les Graminées, les Cypéracées,
les Joncées et la plupart des Monocotylédones ». Parfois supérieure avorte, comme chez Lolium, où seul lé glumes, entières et semblables. Néanmoins, dans nous avons observé des épillets autres que le termi supérieure plus ou moins développée. Parfois un supérieure seulement était présente, insérée obli soit de l’autre (fig. 86 a, b).
même, la glume pillet terminal a deux certains cas (fig. 86), nal, ayant une glume e partie de la glume quement soit d’un côté, Plus rarement encore nous avons observé
à la place de la glumelle supérieure (fig. 86 c) deux pièces libres adossées, situées de part et d’autre de lépillet.
Par ailleurs, VAN TIEGHEM a signalé des épillets qui possédaient une glumelle supérieure bicarénée entière (fig. 86 d). Cet ensemble de faits nous incite à penser que l'avortement plus ou