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La fleur des Malvacées

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Lors du séjour que nous avons fait en Côte-d Ivoire, nous avons eu à notre disposition de nombreuses fleurs produites par des Aibiscus rosasinensis L. à fleurs simples ou à fleurs pleines. L’étude des fleurs pleines de

cette Malvacée nous a révélé un certain nombre de faits que nous exposons

dans ce qui suit.

Ces fleurs pleines d’AHibiscus se présentent comme des ensembles denses de pièces pétaloïdes rouges ou roses. Mais, en y regardant de plus près,

on s'aperçoit que ces pièces pétaloïdes sont ordonnées d’une manière particulière. Il y a toujours, bien entendu, outre un calice normal, les 5 pétales que l’on retrouve dans la fleur simple.

Le gynécée est toujours présent, très souvent transformé et stérile (fig. 224), mais toujours reconnaissable, au moins par les styles et stigmates qui restent identiques à ceux des fleurs normales, sauf que les styles sont, en général, plus courts dans les fleurs pleines.

Les autres pièces pétaloïdes sont disposées en paquets placés devant chacun des 5 pétales normaux.

Étudions en détail un de ces paquets (fig. 225) ; nous nous apercevons que, très souvent, on peut trouver, au milieu des pièces pétaloïdes stériles, des étamines rigoureusement semblables à celles qui existent dans les fleurs normales, sauf que leur filet est plus court.

Fig. 224. — Portion de gynécée stérile

présent dans les

Nous avons observé un grand nombre de fleurs et fleurs pleines d’Hinous avons compté, dans chacune d'elles, le nombre de biscus. pièces pétaloïdes et d’étamines. Concurremment, nous avons compté le nombre d’étamines d’un certain nombre de fleurs normales. Si nous rapprochons les mcyennes obtenues — 84,6 pour le nombre d’étamines de la fleur normale, 84,8 pour le nombre de pièces de la fleur

Fig. 225. — Hibiscus à fleurs pleines : un paquet de pièces épipétales ; on remarquera la présence d’une étamine.

pleine, — nous sommes en droit, nous semble-t-il, de conclure que les éléments constitutifs de l’intérieur de la fleur pleine sont des étamines transformées.

Il est très facile d’isoler les paquets les uns des autres, alors que, dans la fleur normale, il est difficile de dissocier les phalanges staminales. Dans les fleurs pleines, le tube staminal n’existe donc pas. À sa place, on trouve 5 paquets parfaitement indépendants les uns des autres ; ceux-ci sont sou-

vent constitués, exclusivement, de pièces pétaloïdes homologues d’étamines, comme nous l’avons vu. Cette homologation ne nous semble pas discutable. Nous avons étudié une variété dont les pétales, ainsi que les pièces pétaloïdes des paquets, présentent une tache pourpre à leur base. Or,

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lorsque dans les paquets il y a encore des étamines, celles-ci présentent sur leur filet la même tache pourpre. Ces pièces pétaloïdes sont insérées sur un organe plus ou moins allongé, selon les fleurs, et que nous n’hésitons pas à qualifier d’axe. En effet, les pièces pétaloïdes sont disposées, autour de cet organe, d’une manière sensiblement égale dans toutes les directions. L’anatomie est une anatomie que l’on peut qualifier d’axiale. De plus, on peut trouver parfois, mais rarement, au sommet de l’axe des paquets, des étamines et aussi des carpelles (fig. 226) parfaitement reconnaissables, bien que stériles. Ainsi donc, à la place des phalanges d’étamines, il y a un ensemble composé de pièces pétaloïdes à la base ; plus haut, d’étamines plus ou moins normalement constituées ; plus haut, enfin, de carpelles, c’est-à-dire qu’à la place des phalanges d’étamines nous avons une fleur. Ces observations permettent d’expliquer les rapports étroits, observés par les auteurs, tels que DUucHARTRE, VAN TIEGHEM, etc., entre pétales et faisceaux staminaux.

Ces rapports sont, en réalité, des rapports de bractée à axe. Ils jettent un jour nouveau sur la fleur des Malvacées.

Ainsi, croyons-nous, la fleur des Malvacées n’est pas encore une fleur parfaite, au sens classique du terme.

Elle a retenu destraits de son ancien HR se Padr pee np ee dif den Ces organisa-

quet de pièces épipétales ; on remarquera, s

au centre, la présence d’étamines et de tion rappelle un peu celle du Ccya-

carpelles. thium des Euphorbiacées, mais en

diffère néanmoins beaucoup. Chez les Euphorbes, en effet, chaque étamine est une fleur très réduite, alors qu’ici c’est chaque phalange staminale qui est l’homologue d’une fleur. Le nombre de fleurs qui participe à l'élaboration de la fleur d’Hibiscus est de 6 (5 fleurs mâles axillaires et 1 fleur femelle terminale), alors que ce chiffre est le minimum chez les Euphorbes, observé dans une seule espèce (Euphorbia hirta). Dans l'immense majorité des cas, leur nombre est infiniment plus élevé.

Nous pensons qu’une structure comparable existe dans d’autres familles à étamines multiples, par exemple chez les Myrtacées. Dans la Myrte, Myrtus communis L., nous avons pu observer, en effet, que les étamines sont en paquets et non dispersées, comme l'indique Ercuzer dans ses Blütendiagramme. Certaines fleurs de cette espèce sont parfois pléiomères, avec un nombre de pétales supérieur à 5.

La pléiomérie est due au fait que certaines étamines se sont transformées en pétales, comme nous l’ont montré les stades intermédiaires

observés entre étamine et pétale. L'ordre de transformation des étamines n’est pas quelconque. Les modifications portent d’abord sur celles situées à droite et à gauche de la phalange staminale, c'est-à-dire celles qui occuperaient la place normale des préfeuilles si l’axe staminifère était un axe végétatif.

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