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Fig. 246. — Cornus mas : les deux origines possibles de la position épipétale de l’étamine : À, par fusion de deux étamines alternipétales ; B, par fusion de deux pétales.
on assiste à l’avortement d’une des étamines (fig. 245 B), puis à celui d’un pétale adjacent (fig. 245 B,).
Dans d’autres, une étamine ayant avorté, on assiste à la fusion des 2 pétales adjacents à cette étamine (fig. 245 B”,, B’}).
On peut aussi assister à la fusion progressive de 2 étamines dont les filets sont d’abord concrescents, puis finalement les anthères (2) (fig. 245 C, 246 À).
Ainsi, on obtient une étamine épipétale. L’ensemble constitué par cette étamine et le pétale correspondant est identique à l’ensemble pétale + étamine que nous avons déjà observé chez les Cornouillers (fig. 245 A,, 246 B). Mais ces deux ensembles ne sont pas homologues. L’un est homologue de 2 pétales + 1 étamine; l’autre, de 2 étamimes + 1 pétale. Ce pétale peut avorter, et, s’il avorte, nous arrivons de nouveau à une fleur trimère (fig. 245 À).
(1) Nous avons résumé ce processus figure 246 B. (2) Chez Cornus mas, nous n’avons pas trouvé un stade intermédiaire que nous avons, par
contre, pu observer chez Cornus sanguinea L., celui où les anthères fusionnées comportent un nombre de sacs polliniques supérieur à la normale (4). Nous avons vu, en effet, des étamines de Cornus sanguinea portant 6 sacs polliniques, provenant manifestement de la fusion des anthères
de deux étamines.
174 RENÉ NOZERAN
Enfin, il arrive qu’une étamine s’unisse de plus en plus étroitement à un pétale adjacent (fig. 245 D) et que l’ensemble soit remplacé par une étamine (fig. 245 D,). On a alors une fleur à 3 pétales et
ETS 4 étamines. Qu’une étamine avorte comme nous avons pu l’observer, nous arrivons à la fleur trimère (fig. 245 R).
Cette étude nous montre déjà un fait intéressant,
6 0 à notre avis: la multiplicité des chemins qui existent
pour passer de la fleur tétramère à la fleur trimère. Et pourtant ces deux fleurs ne diffèrent que par un nombre
Ne peu important de pièces. Il résulte de ces observations Re lo PSS les fleurs trimères ne sont pas toutes homologues.
He (leu ohdaot Les phénomènes de concrescence et de réduction
vers la dimérie. peuvent même aller plus loin. Ainsi, nous avons pu
observer des fleurs tendant vers la dimérie (fig. 247).
Après l’exposé de ces quelques observations, il nous faut justifier la validité du point de départ choisi : la fleur ltétramère. Pour cela, nous emploierons une sorte de raisonnement par l’absurde. Envisageons le chemin évolutif inverse, c’est-à-dire à partir de la fleur trimère, en nous rapportant aux schémas de la figure 245.
Pour aboutir à la fleur tétramère, il faudrait faire intervenir d’abord des bipartitions d’organes, soit pétales, soit étamines.
Nous avons vu que ce processus n’est pas impossible, puisqu'il est réalisé parfois chez les Graminées. Mais les bipartitions ne sont pas suflisantes ; il faudrait faire intervenir aussi des néoformations d’étamines.
Ceci nous semble moins probable. Ainsi donc, il nous paraît que le véritable sens d’évolution est Fig. 248. — Lonicera Alberti : diverses voies évolutives bien celui que nous avons de la fleur. (D’après FEDOoRow.) indiqué.
Des phénomènes analogues, interprétés de façon identique à la nôtre, ont été observés par AL. A. Feporov chez Lonicera Alberti Rgl. (fig. 248)
par L. EMBERGER chez Colchicum autumnale, et décrits dans d’autres familles encore.
Ils nous montrent le peu de stabilité que l’on observe dans les structures florales, surtout si, pour une espèce déterminée, on s’adresse à des individus cultivés dans des conditions inhabituelles. Ils nous ont permis, en outre, de préciser l’idée, déjà émise, que des structures apparemment identiques peuvent être le résultat de processus phylogénétiques différents.