‹ Contribution à l'étude de quelques troubles intestinaux dans les affections utérinesChapitre 11 sur 13 · ER · texte numérisé non relu

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1* novembre. — Coliques violentes, souffre beaucoup dans le basventre, a eu une syncope. Expulsion très douloureuse de caillots noirâtres. La constipation qui, pendant quelques jours, avait cédé au traitement (pil. de belladone et lavements), apparaît de nouveau.

Examen. — Col légèrement déplacé en. bas, volumineux, rouge, tuméfié, entr’ouvert; sécrétions séro-sanguinolentes.

Le corps de l’utérus ne paraît pas augmenté de volume et est dans sa situation normale.

RÉFLEXIONS. — Chez cette malade, la constipation a été en rapport constant avec la maladie utérine. A chaque nouvelle crise, on voit apparaître la constipation, elle succède immédiatement à des selles normales. Elle disparait avec lamélioration de laffection et semble bénéficier du traitement de Putérus.

OBSERVATION III (Personnelle)

Recueillie dans'le service de M. le professeur Vergely Métrite du Col

Marie L..., servante d'hôtel, vingt-deux ans : entrée à l'hôpital le 15 octobre 1887, salle 5, lit 7.

Réglée à treize ans, menstruation régulière; s’est mariée à quinze ans et demi, a eu deux enfants : l’un à dix-sept ans, l’autre à vingt ans.

Premier accouchement difficile, a ressenti à la suite quelques douleurs de ventre, n’a eu ni pertes blanches, ni rouges; mais, depuis son dernier accouchement, c’est-à-dire depuis deux ans, elle a constamment souffert du ventre, a eu des pertes blanches très abondantes, de la diarrhée et des vomissements au début de la maladie. Continue néanmoins à travailler dans un hôtel, fait un service pénible.

Il y a deux mois environ, les douleurs abdominales augmentent : elle constate que son ventre est gonflé; elle est constipée et va à la garde-robe sans résultat, urine mal, met très longtemps. L'appétit est bon; pas de maux de tête. |

Ne pouvant continuer son service, elle entre à. l'hôpital. Quel-

mo

ques jours après son entrée, elle est réglée très abondamment, souffre davantage pour aller à la selle; pertes blanches toujours très abondantes, douleurs dans le bas-ventre, comme si elle accouchaiït. Rend des caillots noirâtres.

Depuis le 20 octobre, les pertes et les douleurssontrestéesles mêmes. La constipation persiste; la malade accuse une douleur plus prononcée dans le côté gauche, au fond de la matrice. L’appétit commence à diminuer, n’a pas soif, entend moins bien de l’oreille gauche, insomnie, sensibilité normale.

Examen. — Au toucher : col volumineux. Lorsqu'on examine la malade couchée, oa le trouve tout à fait bas; debout, il se redresse un peu. Col très mobile.

Au spéculum : muqueuse vaginale enflammée, col rouge, surtout la lèvre antérieure; il s'écoule du col un pus épais, blanc jaunâtre.

RéÉFLExIioNs.— Dans cette observation, nous nous trouvons en présence des deux troubles fonctionnels rectaux : diarrhée et constipation.

Du reste, nous avons signalé ce fait, qui se présente assez souvent. Ici, le premier choc de la maladie utérine a donné lieu à de la diarrhée, quelques douleurs abdominales et à quelle cause l’attribuer? A laction réflexe, assurément, puisque nous nous trouvons au début de l'affection et que nous nous voyons dans l'impossibilité d’incriminer la cause mécanique. Quant à la constipation qui a succédé à la diarrhée, elle est encore due à un phénomène reflexe; lPutérus, en effet, paraît normalement situé et non hypertrophié.

OBSERVATION IV (Personnelle)

Berthe T..., vingt ans. Asile des aliénées de Bordeaux. — Hystéroépilerntique.

Santé physique bonne, irrégularité dans la menstruation depuis l’âge de quinze ans, époque où elle a été réglée pour la première fois. Va à la selle régulièrement et urine facilement.

Le 3 novembre dernier, apparition de pertes blanches abon-

dantes, souffre du ventre, ne va plus à la selle et ne peut uriner. Une premiére purgation reste sans résultat, elle n’urine qu'avec la

sonde.

4 novembre. — Douleurs abdominales augmentent; ventre gonflé,

nouvelle purgation, lavements encore sans résultat; pertes blanches

plus abondantes.

5 novembre. — Même état, cataplasmes belladonnés sur le ventre,

lavements efficaces, les règles apparaissent, elle peut uriner et la constipation cède.

RÉFLEXIONS : Dans cette observation, on pourrait peut-être songer à accuser l'affection dont est atteinte Berthe T... Mais il existe une relation trop étroite entre l’apparition de la constipation et l'apparition des pertes blanches, pour que le doute soit permis. Même début, même terminaison.

II. — Bien qu’elle ne présente ni la même gravité, ni la même fréquence que la constipation, la diarrhée vient compliquer assez souvent les affections de la matrice. Elle apparaît surtout dans les maladies aiguës de cet organe ou au début des maladies chroniques ; généralement elle fait bientôt place à la constipation. La diarrhée, qui est la conséquence d’une lésion utérine, et qui, le plus souvent, est due à une action réflexe, est brusque dans son apparition, n'ayant parfois, comme signe précurseur, que quelques douleurs dans le bas-ventre; dans la diarrhée réflexe utérine, les évacuations sont parfois mélangées à un mucus glaireux. Nonat a signalé « une espèce d'expulsion de mucus survenant chez les femmes atteintes d’affections utérines ou péri-utérines. » Cette diarrhée, qui est de courte durée, n’entraine pas cettefaiblesse et cetabattementqui accompagnent presque toujours la diarrhée survenant sous l'influence d’une maladie générale ou d’une lésion intestinale. Quand on ne peut rattacher ce trouble fonctionnel à aucune des causes habituelles, changement brusque de température, habitation des lieux humides, alimentation insuffisante, nourriture trop

Eee abondante, diathèses, etc., on sera en droit de songer à une diarrhée réflexe et on ne devra pas négliger d'interroger l'utérus, pour voir si le point de départ de cette diarrhée ne serait pas dans une affection utérine encore silencieuse.

En raison de la cause réflexe que nous lui reconnaissons, en raison de sa brusque apparition, parfois sans cause apparente, il semble que nous puissions la rapprocher de la diarrhée qu’on voit se produire sous le coup d’une émotion vive, sous l'influence de la colère et de la peur. Ce flux diarrhéique, qui vient également sans cause appréciable, est évidemment de nature réflexe.

Ce symptôme, ne se prêtant pas à une description différentielle, nous devons fournir des observations qui nous montreront les relations de la diarrhée avec les affections utérines,

Dans nos observations, nous avons eu soin d'examiner les malades, au point de vue de la tuberculose, afin qu'on ne put rapporter: à cette cause les troubles intestinaux que nous signalons. | |

OBSERVATION V Communiquée par M. le professeur Vergely

M. A... quarante-deux ans, constitution robuste, n’a jamais été malade et a toujours joui d’un bon estomac et d’une excellente digestion ; jamais d’affections intestinales. Réglée à treize ans, elle a eu trois enfants : à dix-huit ans: à vingt ans ; à vingt-quatre ans ; à virgt-six ans, une fausse couche, à la suite d’un travail excessif; à trente-quatre ans, souvelle fausse couche attribuée par la malade à un travail exagéré, à des veilles prolongées. Deux ans après, étant à se promener, elle fut prise &’une violonte douleur à la partie médiane et inférieure du ventre, fièvre, vomissement. Elle garde le lit deux mois. | - Depuis cette époque, elle a toujours eu des douleurs à la partie inférieure et mediane du ventre, dans les flancs, dans la région lombo-sacrée; chaque mois, elle avait des ménorrhagies et perdait des: caillots. volumineux; elle est devenue très faible et très anémique.

Elle a remarqué que depuis qu’elle souffre du bas-ventre, elle a des alternatives de constipation et de diarrhée.

Chaque fois qu’elle se fatigue, qu’elle garde trop longtemps la station debout, que les douleurs utérines sont reveillées, la diarrhée réapparaît aussitôt. Les selles sont molles, jaunâtres, peu fétides et contiennent des mucosités abondantes ; elle 1’a pas de ténesme et ne rend pas de sang ; quatre à cinqselles par 24 heures. La malade ne doute pas de la relation entre la diarrhée et l’état de la matrice.

L'examen de la malade révèle tous les signes d’une anémie prononcée (teinte pâle de la peau et des muqueuses, etc.)

Rien aux poumons, rien au cœur. Langue pâle, large, pas d’odeur spéciale de l’haleine. A la palpation de l’abdomen, ventre peu ballonné, rien dans le trajet de l'intestin ; gêne, douleur à l’epigastre; région hypogastrique, région des flancs douloureuses à la pression.

Utérus volumineux, mobile en anteversion et légérelatero-flexion. Les lèvres du museau de tanche sont rouges, légèrement ulcerées; il s'échappe du col des mucosités sanguinolentes. Le catétherisme utérin, faitavec la plus grande douceur, est un peu douloureux ; il permet de constater l'augmentation de volume de l’utérus et ramène des mucosités sanguinolentes et même du sang.

Traitement : repos, régime tonique, laxatif, légère injection d’eau chaude phéniquée ; couvillonage de la muqueuse utérine, badigeonnage à l’aide de la solution suivante: j

FAURE" MS SES Re OT ER ER 8 grammes.

Acide chromique cristallisé.. 2 —

Depuis un mois, la malade x été écouvillonné et cautérisée deux fois. Les douleurs hypogastriques des flancs etcelles deslombessont moindres. La diarrhée n’a plus reparu, elle a plutôt un peu de constipation.

Les dernières règles ont été moins abondantes.

OBSERVATION VI Communiquée par M. le professeur Vergely

M'° L..., âgée de quarante ans, un peu obèse.

Habituellement bien portante, d’un excellent appétit, digérant très bien. A eu quatre enfants et deux fausses couches. Mène une vie très mondaine, à abusé ot abuse du coït. Elle a eu une affection aiguë de la matrice, pour laquelle elle m’a prié de lui donner des soins; après un mois d’un traitement par les demi-bains et les injections,

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je constate un utérus abaissé dans l’axe, volumineux tuméfié, sensible, chaud, sénitent ; je trouvais en outre des sécrétions du col sanguinolentes et de la ménorrhagie qui ne me laissaient aucun doute sur la présence d’une endométrite chronique, sur laquelle s'était greffée une métrite aiguë du col. Repos, sangsues sur le col, bains émollients, injections légèrement astringentes; pendantles deux mois de traitement qu'a nécessité cette maladie aiguë, la diarrhée a été constante : quatre selles par jour, demi-liquides, muqueuses, surtout le matin.

La malade m’a affirm que, dès qu’elle souffrait de la matrice, elle avait de la diarrhée. Cela n’avait jamais manqué.

La diarrhée cesse avec la disparition de l’inflammation aiguë du col. Quant au traitement de l’endométrite, la malade, ennuyée de garder le repos, ne voulut pas se faire soigner et reprit sa vie mondaine.

OBSERVATION VII (Personnelle)

Julie L..., vingt-deux ans, a eu un enfant à vingt ans. Accouche ment normal; s’est levée six jours après. Au bout de trois mois, règles très abondantes, nécessitant pendant leur durée le repos au lit. Bientôt, elle est non seulement réglée abondamment, mais elle perd du sang dans l’intervalle des règles. Depuis un an, principalement, ces pertes sanguinolentes, accompagnées de caillots noiràtres, sont fréquentes et apparaissent chaque fois que cette personne abuse du coït

Ces pertes de sang sont constamment précédées de diarrhées : dès qu’elle est prise de diarrhée, la malade dit «qu’elle va avoir une hémorragie. » Cette diarrhée, assez souvent accompagnée de glaires, cesse parfois dès l'apparition des pertes de sang et parfois persiste autant que les pertes.

La malade souffre en même temps de la tête, a des envies de vomir, de violentes coliques, et ressent de fortes dculeurs dans les cuisses. ,

Dès que les pertes cessent, la diarrhée disparaît, ainsi que les autres troubles réflexes.

OBSERVATION VIIE “CHURCHILL.— Maladies des femmes (1874)

-.. Une-dame, d’un tempérament bilieux, mais d’une constitution très molle, était atteinte à chaque grossesse d’une diarrhée abondante,

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immédiatement au début de la grossesse. Cette diarrhée se reprodui sait avec une régularité constante, chaque mois, pendant toute la grossesse. Elle éprouvait en même temps de violentes douleurs d'estomac. Le retour de cette diarrhée périodique fut toujours pour cette dame un signe indubitable de grossesse; les accidents continuaient pendant sept à huit jours de suite; à chaque crise, il y avait de quatorze à vingt-cinq selles copieuses. Bien qu’elle rnangeât très peu, elle était cependant très vive et jouissait d’une excellente santé. Cette dame avait déjà trois enfants. A ia première grossesse, on lui fit prendre des remèdes pour arrêter la diarrhée, mais ils produisirent un si mauvais effet, qu’on s’empressa de les suspendre. Dans l'intervalle des grossesses, elle était très bien réglée et très abondamment. La première semaine, jusqu’à ce que la diarrhée parut, elle avait des pertes blanches abondantes, puis les pertes s’arrêtaient pour ne plus reparaître.

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