Symptômes, diagnostic et traitement
La hernie adombilicale présente en général les mêmes caractères que les hernies de la ligne blanche. Aussi son
{ Richter, Loc. çit.
- diagnostic au début est-il délicat, si on ne la recherche pas avec soin ; elle se développe le plus souvent en effet, graduellement et son faible volume au début est encore quelquefois masqué par la surabondance de l’atmosphère cellulo-adipeuse sous-cutanée.
Le point le plus délicat est sans conteste, de distinguer la hernie adombilicale de celle qui se fait par l’anneau. Si la cicatrice, a-t-on dit est étalée et ne présente pas de plis, la hernie doit généralement sortir par l’anneau. Mais ilne s'ensuit nullement que, ce signe faisant défaut, la hernie soit adombilicale nécessairement. D’après Richtert : « L’anneau ombilical est rond, et la hernie qui passe à travers a cette forme. La fente dans la ligne blanche est toujours allongée et la hernie qui passe à travers l’est aussi. Les bords de l’anneau ombilical sont épais, plus fermes que les bords de la fente dans la ligne blanche, et enfin l’on peut, lorsque la hernie n’est pas très volumineuse et ne recouvre pas entièrement l’anneau ombilical, sentir ordinairement cet anneau sur les côtés de la hernie.
Ilest important de se rappeler que la hernie adombilicale se développe progressivement en général, alors que la hernie ombilicale congénitale de l’adulte se produit le plus souvent brusquement à la suite d’un effort, d’un mouvement violent.
En résumé, c’est surtout et d’abord en songeant à la possibilité d’une hernie adombilicale, en passant eï suite en revue tous les signes, en interrogeant tous les commémoratifs capables d'éclairer sur le point précis par où s’échappe une hernie développée au niveau de l’ombilie que
{ Richter, loc. cit.
LETTRE l’on arrivera à faire le diagnostic entre la hernie de l'adulte à travers l’anneau, et celle à travers un orifice circum voisin.
Quant au traitement, la cure radicale seule mettra à l’abri des phénomènes douloureux occasionnés par ces hernies, ainsi que du développement rapide qu’elles peu vent prendre sous l'influence de l'effort, à l’abri aussi des accidents d’étranglement qui peuvent survenir. L’occlusion de l’orifice herniaire sera obtenue soit en comprenant tous les plans anatomiques, peau, tissu cellulaire, aponévroses dans un certain nombre de points de suture au fil d'argent soit et mieux encore en recourant à la suture à étages de la paroi.
Comme on peut en juger, par les différences qui séparent la hernie adombilicale de la hernie qui se fait à travers l’anneau, il ne convient pas de confondre et de ran— ger ces deux sortes de hernies sous le nom commun de hernies ombilicales : il ne conviendrait pas davantage d’appeler la première hernie de la ligne blanche ou hernie épigastrique.
M. Paul Berger! dans son rapport au Congrès français de chirurgie sur 10.000 cas de hernies, distrait des hernies ombilicales et range avec les hernies épigastriques et celles de la ligne blanche toutes les hernies dont l’orifice est distant de plus de 2 centimétres de la cicatrice ombilicale.
! P. Berger, Neuvième congrès de chirurgie, p. 318, 23 octobre 1895.
Pour classer d’une façon plus précise la hernie adombilicale, nous conservons la limite assignée à la hernie épigastrique par M. Paul Berger et nous considérons comme hernie adombilicale, toute hernie dont l’orifice distant de moins de 2 centimètres de la cicatrice ombilicale est nettement distinct de Panneau.
Il est très difficile de réunir les cas de hernies adombilicales, qui auraient pu être observés jusqu’à ce jour; en effet la plupart de ceshernies, quand elles ont été diagnostiquées ont été rangées avec d’autres catégories de hernies : hernies ombilicales, hernies épigastriques, hernies de la ligne blanche.
Nous devons nous contenter, dans cetravail, de rapporter trois observations intéressantes et assez complètes de hernies adombilicales, et nous pensons que cette variété de hernie étant plus attentivement cherchée, mieux chservée, et surtout désignée par son véritable nom, pourra à l'avenir fournir le sujet d’études plus complètes, basées sur de nombreuses observations.
OBSERVATION I
(W. Mitchell Banks, Cure radicale de hernie ventrale, in Medical Times, p.74, 19 juillet 1884.)
Chez une femme vigoureuse, âgée de trente-cinq ans, il existait immédiatement au-dessus de l’ombilic deux grosses tumeurs ressemblant à des seins allongés, réunis à leur base, augmentant par l’effort, se réduisant partiellement dans le décubitus dorsal,
Opération. — Les deux tumeurs sortaient de Ja cavité abdominale par une ouverture unique, située immédiatement au-dessus de l’anneau ombilical. Il s'était formé des bandes fibreuses qu'avait refoulées le gros intestin et l'épiploon, d’un côté, et l'intestin grêle
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de l’autre. Deux sacs séparés avec un collet commun. Suture des bords suivant une direction transversale. Guérison.
OBSERVATION II
(G. Houzel, Gazette des Hôpitaux, p. 1240, 22 novembre 1888.)
Me veuve D..., épicière, âgée de soixante-huit ans, portait depuis trente ans une volumineuse hernie adombilicale irréductible, dont elle n’avait jamais souffert. A la suite d’une quinte de toux, sa hernie augmente et elle est prise de vomissements. Phénomènes d’étranglement. Laparotomie. Guérison.
Au-dessous et très près de l’ombilie, se trouvait une tumeur Jongue de 15 centimètres sur 10 de large, avec 5 à 6 centimètres d'épaisseur.
OBsERVATION III
(J.-L. Reverdin, Revue de chirurgie, page 1002, 10 décembre 1886.)
Un jeune homme de dix-sept ans, présentait à 1 centimètre audessus de l’ombilic, sur la ligne médiane, une tumeur de la grosseur d’une cerise, tumeur élastique, très doulcureuse à la pression et irréductible. Après les repas survenaient des douleurs abdominales avec tiraillement au creux de l’estomac. Diagnostic d’épiplocèle. Intervention sous anesthésie, cure radicale. Guérison.