‹ Contribution à l'étude de quelques variétés de Hernies Rares au point de vue de leur siègeChapitre 30 sur 35 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Hernie de la lignée semi-lunaire de Spigel.

Cette variété de hernie a été signalée comme se faisant par un siège bien déterminé par Astley Cooper pour la première fois,

Mais c’est D. Mollière qui, en 1877, attira de nouvean . l'attention sur cette sorte de hernie qu’il désigna par le nom de hernie de la ligne semi-lunaire de Spigel pour bien la différencier des autres hernies ventrales dont elle est une variété et qui comprennent toutes les hernies sortant à travers la paroi antérieure ou les parois latérales de l’abdomen en un point autre que l'ombilic ou les anneaux.

Voici ce que dit Daniel Mollière au sujet des hernies ventrales dans la région abdominale inférieure : « On les rencontre presque toujours dit-il, au niveau du tiersinterne d'une ligne allant de l’épine iliaque antérieure et supé-

{ À. Cooper, Œuvres chir., p. 355,1837.

? Daniel Mollière, Congrès des Sciences médicales, V° session. Genève, 1877.

DES Tr rieure à l’ombilic un peu au-dessous de cette cicatrice. » L® point précis par où s’échappe donc cette hernie qui est toujours une laparocèle spontanée est situé sur le bord externe du muscle grand droit de l'abdomen, au niveau de la ligne semi-lunaire de Spigel, et particulière ment à la Jonction de l’aponévrose du muscle transverse avec le feuillet postérieur de la gaine de ce muscle. Suivant A. Cooper, sur la ligne semi-lunaire se trouvent normalement les orifices des vaisseaux passant à travers les fibres du transverse. Ce serait d’après Cooper, par ces orifices qui peuvent parfois être anormaux et trop grands que pourraient s'engager les viscères.

Pour Ferrand, la hernie se produirait au niveau du point où les branches de Partère épigastrique s’insinuent entre l’aponévrose du transverse et celle du petit oblique pour pénétrer dans la gaine du muscle droit.

Quoi qu’il en soit, on est d'accord pour reconnaitre que ces laparocèles spontanées se produisent de préférence sur la ligne semi-lunaire de Spigel, au niveau du point précisé par A. Cooper et D. Mollière. Cette variété de hernie doit donc être définitivement classée et désignée par le nom que lui a donné Mollière et qui la définit très bien.

Les hernies de la ligne semi-lunaire de Spigel, sont susceptibles d'acquérir dans certains cas un développemeut énorme. On a vu ces hernies loger une grande quantité d'épiploon. Le cæcum, le côlon peuvent y être contenus. Où à vu quelquefois l’intestin grêle passer presque tout entier dans une hernie de la ligne semilunaire. Cest le cas du sujet observé par le D'Jaboulay.

ER La hernie est toujours incoercible dans les cas de ce sens, et elle a perdu droit de domicile.

Les laparocèles de la ligne semi-lunaire sont faciles à reconnaître, quand elles sont un peu grosses, mais une pointe de hernie à ce niveau peut ne pas être aperçue si elle n’est soupçonnée et recherchée soigneusement. Il faut donc savoir penser à la possibilité d’une hernie Spiegel pour pouvoir la découvrir au début.

Ces heruies, outre le volume qu’elles peuvent acquérir et qui en fait souvent uneinfirmité des plus gênantes, peuvent s’étrangler et leur étranglement est généralement grave.

Traitée au début, une hernie de la ligne semi-lunaire peut être contenue par un bandage, une ceinture, Mais plus tard elle l’est difficilement.

Aussi lorsque le sujet est encore jeune, il faut, si la hernie n’est pas tres bien maintenue par les bandages, avoir recours à la cure radicale qui supprime une affection qui n’est pas exempte de dangers, et qui constitue une infirmité des plus gênantes.

Chez les vieillards et les gens affaiblis, chez qui une opération est contre-indiquée, on s’opposera au déplacement et à l'accroissement de la hernie par le moyen de ceintures à pelote, ou si la hernie est irréductible, on la contiendra dans une sorte de suspensoir solidement fixé et maintenu en place par une ceinture.

Au cas d'étranglement il faut intervenir sans retard par la kélotomie. On pratiquera la suture à étages pour la fermeture de la plaie. Mais dans ce cas, comme dans celui de cure radicale, il est prudent après la guérison de faire porter au sujet une ceinture munie d’une pelote pour soutenir la cicatrice.

OBSERVATION I

(Gosselin, Gazette médicale de Paris, p. 123, 5 mars 1881.)

Femme, vingt-cinq ans, chemisière, avait ressenti quelques jours auparavant pendant un effort de toux, un craquement du côté gauche de la paroi abdominale, suivi aussitôt d'une assez vive douleur, Depuis à chaque effort, elle était obligée de comprimer avec la main un point douloureux situé à l’union des fibres musculaires avec les fibres aponévrotiques du grand oblique en dehors du grand droit, à quelques travers de doigt au-dessus et en dedans de l'épine iliaque antérieure et supérieure.

Cette tumeur ne se révélait à la vue et au toucher qu’à l’occasion de l’effort. Il s'agissait d’une déchirure de la paroi abdominale, ayant occasionné une variété insolite de hernie, en une hernie ventrale latérale.

OBSERVATION II

(D. Mollière, Congrés international des sciences médicales, p. 370, 12 septembre 1877.)

Marie M..., irente-neuf ans, tisseuse. À eu deux accouchements à terme, le premier il y a quinze ans. Il ÿ a trois ans a eù une fausse couche à la suite de laquelle elle aurait eu un phlegmon des parois abdominales, phlegmon qui dura longtemps et s’ouvrit spontanément. Larégion sous-ombilicale présente en effet plusieurs cicatrices déprimées et adhérant fortement aux parties profondes. Admise à l’'Hôtel-Dieu de Lyon le 14 juillet 1876.

Vers le 10 juillet, ressentit de vives douleurs dans une tumeur indolente et réductible, qu’elle avait vu se développer depuis sa fausse couche vers la partie inférieure de l'abdomen. Cette tumeur devint irréductible et tendue, puis survinrent des vomissements et des coliques. Le D' Branche, appelé, diagnostiqua une hernie ventrale étranglée.

A l'examen pratiqué à l'Hôtel Dieu, la malade présente, du côté gauche, au niveau du tiers interne d’une ligne allant de

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