Diagnostic
Le diagnostic des hernies diaphragmatiques est de la plus haute importance : si elles sont souvent parfaitement compatibles avec la vie et même une bonne santé, combien des fois aussi ne les avons nous pas vues aboutir à ces terribles accidents d’étranglement en face desquels nous sommes presque complètement désarmés ? Connaissant l'existence d’une hernie diaphragmatique, on pourra, par l’observation d’un régime et decertaines règles d'hygiène, prévenir cette terrible complication.
Des auteurs ont pu soupçonner et même diagnostiquer la hernie diaphragmatique. Le diagnostic est donc possible. Ce qu'il faut avant tout, c’est songer à la lésion ellemême et, par un examen méthodique, on arrivera à
RTE s'assurer de son existence. On se basera surtout, pour y parvenir, sur les signes fournis par l’auscultation et la percussion, signes qui établiront la situation des organes thoraciques : poumons et cœur, et qui révèleront la péné-tration de viscères abdominaux dans la cavité thoracique. |
Ce qui est non moins délicat, et capital cependant, c’est de reconnaître un étranglement herniaire survenant chez un sujet porteur d’une hernie diaphragmatique ignorée ou méconnue.
Voici ce que dit à ce sujet Annequin! :
« Il faut examiner avec soin la possibilité d’une hernie diaphragmatique, lorsqu'on constate l’existence d’un étranglement interne à la partie supérieure de l'abdomen. Il y a surtout lieu d’y songer lorsque la dyspnée est précoce et que le type respiratoire est exclusivement costal supérieur. La douleur épigastrique est un symptôme assez constant, on signale la soif vive, le hoquet ; mais il n’y a de réellement probants que les signes objectifs tirés de la percussion et de l’auscultation de la poitrine.
« La relation chronologique, ajoute Annequin, entre un étranglement interne et l'apparition de symptômes thoraciques unilatéraux, est presque pathognomonique. »
La hernie diaphragmatique siégeant le plus souvent à gauche et étant constituée dans le plus grand nombre de cas par le côlon ou l’éstomac, on ne devra pas négliger l’auscultation du cæcum.
Certains malades accusent pendant les grands efforts musculaires, des douleurs abdominales qui cessent pen-
1 Annequin, Arch. de Méd, et de Pharm. milit., XXI, 1898.
dant le repos, il faut savoir que c’est souvent l'indice d’une hernie adipo-épiploïque qui, si les travaux de force sont continués, pourra aboutir à une hernie intestinale étranglée.
Parmi les symptômes permettant de distinguer une hernie diaphragmatique étranglée dans un étranglement interne abdominal, Karl Abel insiste sur l’existence, dans la première, d’un décubitus latéral, correspondant au côté du hiatus, et de douleurs en ceinture, sur l’indolence et la rétraction en bateau du ventre, la voussure d’un côté du thorax, avec sonorité tympanique, le déplacement du cœur.
La hernie diaphragmatique, pour être reconnue, doit tout d’abord être soupconnée, puis recherchée méthodiquement ; c’est ainsi que cette hernie, considérée comme plus rare qu’elle ne l’est en réalité, et cela parce que souvent elle est méconnue, sera parfois trouvée chez des gens qui en sont porteurs depuis longtemps peut-être à l’insu de tous. De même, en face de symptômes d’étranglement interne on saura, pour avoir songé à sa possibilité, diagnostiquer de bonne heure une hernie diaphragmatique étranglée et, par une intervention appropriée, arracher son malade à la mort fatale qui, jusqu'ici, presque toujours été la terminaison de ces sortes d’étranglements.