OBSERVATION III
(même origine)
P.. A, 24 ans, Guadeloupéen, entre, le 16 septembre 1917, à l'H. T. N° 2, venant de l'H. T. N° 4, où il était en traitement pour congestion pleuro-pulmonaire.
Antécédents : a eu de la diarrhée sanglante pendant sept à huit jours dans la deuxième quinzaine d'août. Le 20 août il ressentit subitement une douleur violente, à la région épigastrique, le matin en se levant. Le 29 août, on constata, pour la première fois, dans la région épigastrique, une voussure et de la matité.
A son entrée, le 16 septembre 1917, on trouve à la partie la plus élevée de la région épigastrique, à gauche de l'appendice xiphoïde, une tuméfaction peu saillante du volume d’une mandarine, mobile avec la respiration, de consistance ferme, peu ‘douloureuse.-
A la radioscopie, on note une augmentation de ne du foie avec déformation de la face antérieure.
Jusqu'au 28 octobre, la température reste à 37° ; le malade souffre peu, la tuméfaction épigastrique n'augmente pas. Le 22 octobre, température 39°, le centre de la tumeur se ramollit et devient douloureux. Le 23, sur la table d'opération, on fait au point ramolli une ponction qui ramène une goutte de pus.
L'opération est éd tement décidée. Incision à gauche de l’appendicice xiphoïde le long du rebord costal. Une grosse collection de pus rougeâtre est évacuée ; curettage, drains. Emétine les 23, 24, 28 octobre.
Guérison le 4 novembre,
Il n’y a plus cette sensation de pesanteur dans la région de l'hypocondre droit, mais une douleur vive, exacerbée par les mouvements, la toux, douleur localisée au
creux épigastrique avec irradiations à gauche de la ligne médiane,
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Dans plusieurs observations d’abcès du lobe gauche, de Bertrand et Fontan, on remarque, avec le point douloureux épigastrique central, des irradiations à droite et à gauche de la ligne médiane, constituant ainsi de véritables douleurs en ceinture. Enfin, d’une façon plus inconstante, il y a un point de côté gauche spontané ou réveillé par la pression au niveau de la partie antérieure des derniers espaces intercostaux. Ce point de côté gauche a été quelquefois une source d'erreurs dans les pays à paludisme; on croyait à une rate douloureuse ou à un abcès de ce dernier organe, plutôt qu'à un abcès du foie. Un point particulier à remarquer dans le caractère de la douleur épigastrique, qui ressort des observations précédentes est la brusquerie, la soudaineté de son apparition. C'est ainsi que chez la malade de M. Murard (Observation TI), devant une douleur épigastrique aussi violente et avant l'apparition de la tuméfaction, on avait pensé à un ulcère perforé de l'estomac. En outre de ces symptômes douloureux à localisation si précise, Tloy à des symptômes fonctionnels gastriques souvent très marqués, quelquefois même prédominant qui peuvent, au début de l'affection et en l’absence de tuméfaction, égarer le diagnostic du côté de l'estomac ou de la vésicule. On note des éructations et des vomissements fréquents, du hoquet, du ballonnement, des troubles de la digestion gastrique, enfin un ensemble de phénomènes anormaux . se reproduisant à peu près régulièrement après les repas.
Quelquefois, le point douloureux eentral, au lieu d’occuper franchement l'épigastre, est situé plus bas, au voisinage de l'ombilic; rarement, mais cela a été observé, il y a de la scapulalgie gauche.
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