‹ Contribution à l'étude des abcès chroniques et centraux des OsChapitre 29 sur 40 · ETAT DES ARTICULATIONS · texte numérisé non relu

ETAT DES ARTICULATIONS

Suivant Cruveilhier « un des faits qui frapent le plus « lorsqu'on étudie avec soin les abcès des os, c’:st l’intégrité « des mouvements articulaires malgré la promuiscuité de la « lésion osseuse. »

Bien que l'importance des réactions articulaires soit nettement en faveur de la tuberculose, cette remarque nous paraît un peu optimiste, et nous verrons que les abcès des os retentissent au contraire assez fréquemment sur l'articulation voisine pouvant faire naître d?s complications sérieuses et de graves accidents {obs. 2 de Thomson).

L’atteinte de l’article dépend d’ailleurs en grande partie de la virulence du microbe ; c’est dire qu’elle sera le plus souvent minime; en effet, il s’agit presque toujours de réaction séreuse de voisinage limitant les mouvements articulaires : mais sans gravité. C’est une légère hydarthrose de défense atriculaire déjà signalée par Golay et Perret.

Les arthralgies sont fréqu:mment notées; survenant au moment des crises douloureuses et cédant par le repos. Chez le malade de Lecène, la synoviale se montre épaissie.

Le plus souvent, les mouvements sont libres et seul l’e-

xamen attentif et la comparaison avec le côté sain font noter une légère diminution de leur amplitude (Lecène, Ceccarelli, Newton Turkus).

L’attention peut cependant être attirée d’abord sur l’articulation en raison du gonflement de la douleur et de la gêne dont elle est le siège. Parmi treize observations, Henderson et Simon notent chez un malade atteint d’abcès de l’extrémité inférieure du fémur des accidents de blocage du genou à plusieurs reprises. Sept malades se plaignaient beaucoup plus de l'articulation voïsine que de l’os atteint et trois seulement avaient un peu de limitation des mouvements.

Chez notre malade atteint d’un abcès de l'extrémité inférieure du radius, l2s mouvements de la main et des doigts sont conservés, mais gênés.

Dans une observation deLecène, il existait une véritable arthrite plastique ankylosante comme dans certains cas d’ostéomyélite banale. |

Tous les malades de Siwon, souffraient depuis des mois et des années, par poussées avec parfois des phénomènes réactionnels articulaires.

Vidal-Naquet, dans sa thèse, raporte deux observations d'abcès de l’extrémité inférieure du tibia qui psndant de longs mois ont été pris pour une tumeur blanche tibio-tarsienne et

traités comme tels.

Mais, l'atteinte articulaire dans le cas d’abcès osseux

reste malgré tout au second plan confirmant [a tendance évolutive du pus à staphylocoques vers Ia diaphyse. Dans la tuberculose au contraire l'attention est d'emblée attirée sur l’articulation, la lésion destructive osseuse juxta-articulaire du fait d= son indolence et de son évolution à bas bruit passant inaperçue.

Signalons enfin la rencontre possible d’atrophie musculaire du membre atteint (Lévy, Gaff) et l’abssnce habituelle d’adénopathie.

En résumé, nous pourrons raisonnablement soupçonner l'existence d'un abcès douloureux des os quand nous aurons le tableau clinique suivant :

Un jeune homme se plaint de ressentir, depuis plusieurs années des douleurs vives au niveau d’une des extrémités d’un os long, ces douleurs sourdes et intermittentes au début se sont accusées de plus en plus et sont devenues continues avec exacerbations nocturnes ; elles augmentent par la marche et par la position verticale; elles ont résisté à tous les remèdes dirigés contre elles; elles s’accompagnent d’un gonflement limité de l’os sans altération de la peau et sans participation de l'articulation voisine ; et cette tuméfaction qui a augmenté graduellement, est particulièrement sensible à la pression en un point circonscrit de son étendue.

Il ne nous restera plus pour parfaire le diagnostic qu’à

envoyer notre malade à la radiographie pour examen de face et de profil. é | | Si ces épreuves sont négatives, l’incision exploratrice suivie d’uns recherche des éléments bactériens du pus tran-

cheront la difficulté. 4

Etude Radiographique

Si la clinique seule permet parfois de faire le diagnostic de l’abcès osseux, il est souvent nécessaire, comme d’ailleurs dans toutes les manifestations osseuses, d’y associer un examen radiographique pour avoir une certitude ou une confirmation. L'étude radiographique est donc un temps principa' dans l'examen d’une telle affection. |

Les signes radiographiques en sont tout comme les signes cliniques extrêmement variables et nombreux.

Si dans quelques cas, l’image radiographique impose le diagnostic (obs. Mondor), car elle ne peut s’adapter à aucun® autre lésion osseuse, il en est d’autres où elle peut simuler n'importe quelle affection de l’os.

La radiographie devra être faite de face et de profil; englober l'articulation voisine pour en étudie !es contours et l’interligne articulaires et toujours s'accompagner d'un cliché du membre sain pour comparaison.

Il faut envisager successivement l’image donnée par la cavité de l’abcès, l’état de l’os qui l’entoure, les réactions du

érioste ; mais on ne trouve ces éléments aussi nettement dis-

tincts qu’à une période tardive de l’évolution de l’abcès. I]

n'est donc guère possible de donner une description d’ensentble de l’aspect radiographique et nous adopterons la classification de Piquet et Cyssau.

Schématiquement, ces auteurs décrivent cinq types essentiels :

1) Raréfaction osseuse simple, ou tache claire centrale dans un os d'apparence normale; |

2) Abcès central entouré par une coque osseuse, épaisse, éburnée av:c ou sans réaction périostique ;

3) Géode centrale sans sclérose osseuse, mais avec réaction périostée ; |

4) Aspect pseudo-kystique avec distension de la corticale et aspect soufflé de l'os;

5) Tuméfaction en masse d: l’os, plus ou moins éburné,

sans géode centrale visible

1) Raréfaction osseuse simple ou tache clain2 centrale dans

un os d’apparence normale : =

La raréfaction osseuse, qui en soit n’a rien de typique, n’est qu’un aspect du début de l’abcès et ne peut à elle seule imposer le diagnostic. Il n'y a ni lésions de sclérose ni ossification sous-périostique, l’os paraît décalcifié dans une région limitée (Black). |

À cette zone de raréfaction à contours imprécis, des ra-

diographies successives montrent la substitution d’une tache

Page 1