‹ Contribution à l'étude des abcès chroniques et centraux des OsChapitre 38 sur 40 · A FI · texte numérisé non relu

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peu près plus de germes » — c’est là une condition sine qua non — on peut l’obturer aisément avec des éléments étrang5rs à sa paroi.

De nombreuses pâtes ou masses inertes ont été proposées ; parmi les plombages avec des substances inorganiques le premier en dat: et le plus connu est le mélange de Môüsetig- Moorhof (1898). La cavité étant asséchée par tamponnement ou à l’air chaud, on y coule le mélange (iodoforme, 60 blanc de baleine, 40; huile de sésame, 40) fusible à basse température. On tasse en remplissant bien et on suture sans drainage. On peut employer aussi la pâte bismuthée de Beck ou la masse inerte iodée de Delbet.

« Si le revêtement des parties molles est suffisant, si la « peau du voisinage est saine, si la cavité est aseptique, si « elle est bien sèche, on a une réunion par première intention « durable, 2t, peu à peu, en trois, quatre ou cinq ans, le mé- « lange visible à la radiographie, disparaît sans finalement « laisser de trace.

« S'il y a un peu d'infection ou un hématome, la cavité « se fistulise, le mélange s’élimine peu à peu, laissant la ca- « vité s’oblitérer lentement. Si l'infection est trop forte, le « mélange s’élimine en masse et fout est à recommencer. »

C'est pourquoi, Môsetig, non seulement ne l’utilisait pas dans les ostéomyélites aiguës, mais il s’en abstenait encore

dans les abcès consécutifs aux formes aiguës nécrotiques de

l’ostéomyélite. 11 en réservait l'emploi dans les cavités osseuses d’origine tuberculeuse.

Dans nos obserŸations, nous voyons plusieurs chirurgiens avoir recours au plombage de la cavité de l’abcès, soit avec le mélange de Môsetig-Moorhof, soit avec la paraffine (M. Wiiliams, Stern, Le Fort, 1).

Les transplants organiques sont utilisables dans les mémes conditions d’asepsie et d’assèchement de la cavité.

La greffe graisseuse a été préconisée par Chaput en 1904 et en 1910; elle a fait l’objet d’une étude expérimentale sur le chien par Makkas de Bonn. Elle a été pratiquée dans le traitement des abcès osseux par Makkas et Charbonnel. Le premier a combié la cavité avec une masse de graisse immédiatement après lavoir curèttée. Malgré une désunion partielle, la graisse ne s’est pas éliminée et la cicatrisation s’est faite en deux mois. Charbonnel n’a placé son greffon graisseux dans la cavité osseuse que vingtirois jours après la désinfection par irrigation au Dakin. Deux mois après, le greffon graisszux avait contracté des adhérences intimes dans la profondeur. Bien que biologiquement, la graisse soit un mauvais tissu de substitution, elle oblitère bien et donne un résultat thérapeutique assez favorable.

La greffe musculaire n’est signalée que dans les observations de Grégoire et Piquet-Cyssau (9).

Un lambeau musculaire pédiculé a été rabattu par Gré-

goire dans la cavité osssuse et les téguments ont été suturés

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avec un Simple drainage aux crins; le résuitat a été excellent. Finsterer conseille cette méthode pour combler les cavités des vieilles ostéomyélites.

Nous n’avons pas connaissance de l’utilisation de greffons ostéo-périostiques dans la thérapeutique des abcès osseux. Rien ne semble cependant s'opposer à cette manière de faire après stérilisation de la cavité et contrôle bactériologique préalable. « En pratique », écrit Lecène, « pour les cavi- « tés qu’on ne peut pas aplanir c'est le transplant ostéo-pé- « riostique, qui à l’heure actuelle est, de beaucoup, l'élément | « le plus maniabie et le plus sûr. Les transplants ostéo-pé- « riostiques sont ici préférables à tout autre iransplant osseux, « parce que leur pris: est plus facile, parce qu’en cas d'échec « on n’a rien compromis. Au reste, l’échec total est rare. »

Chiassérini, Bieda et Piquet (8) suturent les téguments avec ou sans drainage après avoir refoulé dans la profondeur d: la cavité dont les bords ont été abrasés, un lambeau périosto-cutané largement pédiculisé.

; Il est une autre méthode employée par de nombreux auteurs et sur laquelle nous voudrions attirer l'attention; c'est celle d: la suture périostique et tégumentaire au-dessus de Ja cavité osseuse sans combler ni drainer cette dernière. Bien que peu dans les habitudes chirurgicales, elle a permis d’obtenir de très bons résultats. La cavité se comble de néo-productions conjonctivo-vasculaires au-dessous des téguments

réunis, à l'abri des infections sscondaires. Si la cavité est par

trop infectée une césinfection préalable est nécessaire avec soit eau oxygéné:. alcoo! ou Dakin (Rendu (2) Mc. Williamms (1), Martin Gross (2), Braun, Phemister et Gordon (1-2), Le Fort (3-7), Lecène (:-6) suturent immédiatement les téguments sans aucun drainage et obtiennent des résultats excell2nts. |

En résumé, le traitement ne peut être que chirurgical ; il sera précoce et s’inspirera de la technique la plus simpli-

fiée.

Observations

Observation du Professrur Agrégé Mondor et ]. Lapeyre (inédite)

Abcès central du radius à staphylocoques chez un Adulte

Le o Novembre 1929, se présentait à la consultation de Chirurgie de Necker, un homme de 43 ans, chauffzur d’automobile qui se plaignait depuis deux ans de vives douleurs au niveau du poignet gauche. En octobre dernier, il r:çut un choc violent sur le radius et depuis lors il souffre davantage.

Dans les antécédents, nous retenons l'existence d’un: spécificité ancienne traitée à Saint-Louis et en 1918 celle d’une affection mal déterminée des voies respiratoires qui l’alita un an et demi et au cours de laquelle il fit des abcès multiples (fac: externe à la cuisse gauche, face interne de la cuisse droite et jambe droite) à son lever, ses deux pieds étaient en équinisme ce qui nécessita une double ténotomie. |

À l’examen, l’avant-bras nous apparaît déformé par un: tuméfaction dorsale siégeant du côté radial au-dessus de l’interligne radio-carpien.

Cette tuméfaction répond à une augmentation de volume

de la région dia-épiphysaire de l’os. La pression à c2 niveau est excessivement douloureuse.

Les mouvements de la main et des doigts sont conservés mais gênés ; il n’y a pas d’atrophie musculaire ni d’adénopa-

thie sus-épitrochléenne et axillaire.

Nous pensons à la possibilité d’un abcès central de l’os et demandons une radiographie. Noire Maître, H. Mondor confirme ce diagnostic.

Le lendzmain, nous constatons sur le cliché une image typique. En plein centre de l'extrémité inférieure du radius gauche à deux centimètres et demi au-dessus de l’interligne. nous voyons une tache claire à contours n£ts, ovalaire à grosse extrémité inférieure haute d2 trois centimètres. L’os est légèrement boursouflé à ce niveau; la réaction périostique est presque insignifiante. Pas de séquestration visible.

Nous proposons au malade une intervention : ouverture et curettage de la cavité osseuse. Mais le malade ne reparaît pas Î2s jours suivants.

Le 3 Décembre, il se présente à nouveau avec une tuméfaction importante de l’avant-bras. La peau est rouge et chaude ; la main est œdématiée ; l’état général est légèrzment fébrile.

La palpation précise la notion d’une collection suppurée que l’on évacue aussitôt par une incision dorsale. La poche est soigneusement détergé: jusqu'au périoste où l'on ne

trouve pas trace de communication avec l’abcès. profond.

L'examen du pus montre l'existence de staphylocoques

à l’état pur.

endant les jours suivants, la malad: reçoit quatre piqüres de propidon à trois jours d'intervalle. La suppuration se tarit, les douleurs diminuent ; la cicatrice est légèrement adhérente et l’avant-bras partiellement atrophié.

Le malade est revu te 30 janvier et le 22 mars 193 il souffrait à peine, sauf quand on pressait sur la partie de l'os encor: un peu tuméfiée. La cicatrice était devenue souple. Les extenseurs, abducteur du pouce et radiaux fonctionnaient normalement. L'homme travaillait sans peine et ne se plaignait que d’un vague =ndolorissement au niveau du coude à la fin de la journée. Deux nouvelles radiographies n'avaient pas montré de modifications des lésions au niveau de la tache claire central:.

Au début de juin, le malade se présente de nouveau à nous, se plaignant de vives douleurs apparues dans le poignet depuis une szmaine et l’empêchant de faire tout travail. I! est décidé cette fois à être opéré.

Intervention (Service du Docteur Schwartz), 4 juin 1930.

. Anesthésie générale et bande d’'Esmarch. Excision de la cicatrice, découvert: de la face dorsale de l’os après décollement des tendons radiaux qui sont réclinés. Ouverture de la cavité, abrasement des bords qui sont taillés en pente douce. La cupule a la forme et la capacité d’une gross: amande. Cu-

retiage des parois, désinfection à l’éther. Petite mèche iodo-

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