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Ici c’est une malade qui se plaint de troubles très anciens, douleurs et leucorrhée depuis environ 11 ans. Elle fait de nouveau une crise douloureuse fébrile, mais la température malgré le traitement habituel reste pendant un mois oscillante entre 37°5 et 38°5.
On intervient alors et on découvre
à droite, des abcès multiples de l'ovaire à pus fétide accompagnant une salpingite scléreuse,
à gauche, un hydrosalpinx avec un ovaire kystique.
Là au contraire c’est une malade sans passé génital, qui brusquement au moment de ses règles est prise de douleurs du bas ventre et d’une ménorragie avec caillots.
Cette hémorragie persiste, la température élevée dès le début, devient oscilante entre 38° et 39°.
Sous l'influence du repos du lit et de la vaccination antipyogène la température baisse entre 37° et 38°. Mais au bout de un mois elle n’est pas revenue à la normale.
À l'intervention il existe un volumineux abcès de l'ovaire à gauche, les 2 trompes sont suppurées.
Chez ces différentes malades il faut noter que les lésions salpingiennes sont plus accentuées que dans les cas que nous avions examinés précédemment, tout en restant cependant nettement dominées par l’importace de la suppuration de l'ovaire. Il y avait une fois un hydrosalpinx de l’autre côté et dans 2 autres cas du pus dans la trompe soit du même côté, soit des deux côtés même. Il est vraisemblable que c'est l’importance de cette masse suppurée que constituait l’abcès de l’ovaire qui a empêché l'efficacité habituelle du traitement, alors que sans lui cette suppuration des trompes se serait sans doute tarie.
Nous attachons beaucoup moins d'importance aux cas où l’abcès de l’ovaire coexiste avec un pyosalpinx ;
on sait en effet qu'à lui seul il constitue une importante résistance au traitement. Citons cependant ces quelques exemples
Une malade qui se plaignait sourdement du bas ventre depuis environ six mois, a au moment de ses règles une récrudescence des douleurs avec élévation de la température.
L’hémorragie qui était survenue avec 6 jours de retard, se prolonge pendant 2 semaines, très abondante, accompagnée de caïllots.
Tandis que pendant 2 mois la température reste oscillante entre 38° et 39° malgré le repos absolu.
Au toucher vaginal on sentait une masse annexielle remontant jusque dans la fosse iliaque.
À l'intervention on découvre un pyosalpinx et des abcès multiples de l’ovaire.
Chez une autre malade dont la crise avait aussi débuté au moment des règles, malgré le repos absolu au lit, la fièvre et la douleur persistèrent pendant 2 mois, obligeant enfin à intervenir.
Il s’agissait d’un pyosalpinx double avec adhérences pelviennes étendues. Appendice adhérent aux annexes droites. L'ovaire droit renfermait des abcès multiples à pus verdâtre.
Citons pour terminer le cas de cette malade dont la salpingite après 2 mois de traitement ne refroidissait pas du tout et qui était porteuse d’un abcès aréolaïre de l'ovaire gauche et d’un pyosalpinx gauche fistulisé dans la vessie.
Formes cliniques
Nous venons d'étudier les abcès de l'ovaire avec lésions salpingiennes minimes non suppurées, salpingites catarrhales ou salpingites scléreuses et les annexites dans lesquelles la suppuration de l’ovaire occupait une place prédominante par son importance en égard aux lésions des trompes, même lorsque ces dernières étaient suppurées.
Nous avons vu tout l'intérêt qu'ils présentaient au cours des salpingo-ovarites dont ils semblent commander l’évolution, leur diagnostic reste malheureusement impossible à faire sur les signes cliniques. Il est bien difficile d'identifier au cours d’une salpingite cette masse douloureuse et fixée qui occupe l’un des culs de sac VAgiNaAUX.
Sur 23 cas d’abcès de l'ovaire nous en avons ainsi montré six sans lésion suppurée des trompes. Ces abcès étaient de volume très variable allant des tout petits abcès multiples à l’abcès unique de la dimension d’une grosse mandarine.
Dans un certain nombre de cas les trompes étaient suppurées.
Plusieurs fois il s'agissait de pyosalpinx, nous en avons cité quelques exemples, nous n’y reviendrons pas.
Nous n'insisterons que peu sur les abcès tubo-ovariens que nous avons rencontrés à deux reprises parmi ces observations. Leurs particularités anatomiques ont été décrites d’une manière très approfondie par les auteurs classiques, notamment par J. L. FAURE et Si- REDEY.
« Cette poche, disent-ils, est formée par la trompe dilatée communiquant avec une cavité kystique dé-
veloppée dans l'ovaire, de sorte que la trompe et l'ovaire concourrent tous deux à former les parois de la poche. IT se fait une adhérence intime entre le pavillon de la trompe oblitérée et la surface de l’ovaire ; dans celui-ci se développent un ou plusieurs kystes purulents... et à la suite de la rupture de cette paroi (qui sépare un des kystes de la trompe) la communication s'établit entre la cavité kystique et la cavité tubaire…
Quelques fois le pavillon de la trompe paraît entrer dans la cavité ovarienne, et ses franges nagent dans le liquide de cette cavité en s'appliquant à l’intérieur de la cavité kystique. »
Mais il existe des abcès ovariens au cours des affections pelviennes, en dehors des salpingites et ils présentent un double intérêt à la fois pathogénique et clinique.
D'une part ils éclairent le mécanisme de la formation de l’abcès de l'ovaire, car là il ne peut plus s’agir de transmission par voie lympangitique. L'’infection se fait obligatoirement par la périphérie de l’organe, par voie de contiguité, que la déhiscence du follicule de DE Graar serve ou ne serve pas de porte d'entrée.
D'autre part ils créent des difficultés diagnostiques par l'apparition d’une masse latéro-utérine douloureuse accompagnée de fièvre, au cours du syndrome pour lequel la malade était en traitement.
Nous avons pu retrouver l’observation d’une malade chez laquelle l’abcès de l’ovaire était venu compliquer une hématocèle suppurée.
Mme C., âgée de 31 ans, entre à l'hôpital le 1° décembre 1924, pour des douleurs adbominales accompagnées de métrorragies.
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L'interrogatoire de cette malade apprend que depuis très longtemps elle était réglée irrégulièrement, toutes les six semaines environ.
Mais actuellement ses dernières règles remontent au 26 septembre, elles ne sont pas réapparues depuis ; cependant il y a 3 semaines environ elle a eu une petite métrorragie avec quelques caillots qui a duré une heure : les jours suivants elle a perdu de nouveau et ces métrorragies se sont répétées quotidiennement depuis cette époque, s’accompagnant toujours de caïllots et augmentant progressivement d’abondance.
En même temps sont apparues des douleurs abdominales assez vives et ces derniers jours quelques douleurs lors de la miction.
Dans l’histoire de cette malade on relève qu’elle à eu 3 grossesses sans incident et 8 fausses couches.
A son entrée dans le service, la température est à 39°, il existe une vive réaction péritonéale avec contracture de la paroi abdominale.
Progressivement dans les 8 jours suivants, sous l’effet de l'application de glace sur l’abdomen, la température revient à la normale et la réaction péritonéale diminue.
On peut alors sentir ou toucher vaginal, une masse située à droite et en arrière de l’utérus, qui paraît être une masse annexielle de la dimension d’une tête fœtale.
L'intervention est pratiquée le 19 janvier 1995 sous rachianesthésie. Castration à droite pour hématocèle suppurée formée par : |
1° La trompe avec une grossesse extra-utérine ampullaire arrêtée dans son évolution et suppurée, de la dimension d’une grosse noix ;
2° Un ovaire énorme rempli par 3 grandes cavités à contenu hématique suppuré (pus odorant).
On à pu enlever le tout sans le rompre.
Les annexes étaient saines à gauche.
Conservation de l’utérus et des annexes gauches.
Paroi en 2 plans. Crins en huit. Petite mèche cellophane.
Mais l’abcès de l'ovaire peut être aussi la complicaton d'une infection extra génitale, pelvienne cependant l’origine peut en effet en être trouvée dans une affection colique par exemple.
Une de nos malades, âgée de 40 ans, se plaignait depuis l’âge de 16 ans de coliques violentes avec constipation et débâcles diarrhéiques. On retrouvait des glaires dans ses selles.
En juillet 1926 elle fait un syndrome douloureux de la fosse iliaque gauche, fébrile avec empâtement et perception d’une masse qui tombe dans le DoucLas.
On pratique une colpotomie qui permet de ramener 1 litre et demi de pus.
Les symptômes locaux disparaissent mais plusieurs mois après elle accusait encore des douleurs sourdes dans la fosse iliaque gauche, on intervient alors à la fin du mois de septembre et on découvre :
à gauche, plusieurs poches de pus très fétide dans l'ovaire, dont par ailleurs les adhérences sont extrémement marquées avec l’S iliaque,
la trompe du même côté était suppurée,
à droite, il existait une annexite kystique simple.
L'examen bactériologique du pus n'a pas été fait. En tout cas il semble bien difficile de savoir s'il s’agit d’une annexite d’origine colitique ainsi que tendraient à le prouver les antécédents de la malade, ou bien d’une annexite d'origine génitale. Mais dans ce dernier cas il ne semble pas niable que l'ovaire gauche même s’il avait été lésé primitivement par cette infection — il est possible que cette ovarite n'ait pas été suppurée
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— ait été infecté secondairement par les germes venus de l’S. ilaque avec lequel l’ovaire avait contracté des adhérences très étroites.
On voit donc ainsi, que si l’abcès de l'ovaire, secondaire à une infection pelvienne est le plus souvent d'origine salpingienne, il peut relever de causes très variées génitales ou même extra-génitales.