DIAGNOSTIC
Nous avons étudié successivement les abcès primitifs et les abcès secondaires de l'ovaire. En pratique dans certains cas la distinction peut être difficile à faire entre ces 2 formes et cela d'autant plus que :
une infection générale peut créer des lésions ovariennes, ovarite infectieuse ourlienne par exemple. qui formera le lit d’une infection génitale secondaire ou même un abcès primitif pourrait se surinfecter secondairement,
— au contraire une infection génitale peut servir de point d'appel à une métastase microbienne.
Mais dans tous les cas qu'il soit primitif ou secondaire le diagnostic d’abcès de l'ovaire comporte un intérêt considérable ; il reste malheureusement toujours très difficile à faire.
Les signes fonctionnels ne présentent en aucun cas de caractère particulier.
La douleur revêt le type d’une réaction banale de salpingite.
Les troubles de la menstruation, les métrorragies entre autres, ne sauraient être retenues comme un symptôme d’ovarite, encore moins d'ovarite suppurée certaine. LEGÈNE étudiait les métrorragies au cours de l’ovarite scléro-kystique. Il en arrivait à cet-
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te conclusion qu’elles dépendaient certainement beaucoup plus de la congestion pelvienne que de troubles hormonaux dûs aux lésions de l'ovaire.
L'examen physique permet bien difficilement de retrouver l’origine ovarienne de cette masse para-utérine, d'autant qu’elle est souvent fixée par de nombreuses adhérences.
Un seul ordre de recherches pourra vraisemblablement apporter un appui qui permette de faire ce diagnostic avec une approximation suffisante, c’est l’examen hormonal de la fonction ovarienne. Il semble logique d'admettre que la destruction par la suppuration d’une glande endocrine telle que l'ovaire doit entraîner des troubles certains de ses sécrétions.
Malheureusement dans l’état actuel de nos connaissances, tant au point de vue des sources même de la folliculine et de la luteine dans l'organisme, qu'au point de vue du dosage de ces substances, il ne nous est pas possible d'en faire état aujourd’hui.
Les causes d’erreur sont nombreuses, c’est cette masse para citérine volumineuse, souvent très dure qui fait errer le diagnostic
tantôt, et c’est fréquent, elle est prise pour un fibrome,
tantôt pour un kyste suppuré de l’ovaire.
Une fois elle a été confondue avec une hématocèle suppurée.
Une fois même on a cru qu'il s'agissait d’une grossesse extra-utérine.
Mais lorsque le tableau clinique est celui d’une salpingite, l'erreur est de passer à côté de l’abcès de l'ovaire coexistant. Il y aurait pourtant un intérêt considérable à en faire le diagnostic puisque cet abcès lui-même ne rétrocède pas spontanément et qu’il constitue un obstacle à la résolution de cette annexite.
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L'évolution montrant l’inefficacité du traitement médical est le meilleur signe de l’abcès de l'ovaire.
Cependant, il faut auparavent s'assurer que la salpingite n’est pas fistulisée et surtout qu'Il ne s’agit pas de salpingite tuberculeuse.
Les fistules, quand elles sont vesico-salpingiennes, sont faciles à reconnaître, les signes de cystite, l’aspect des urines, la cystoscopie font le diagnostic ; les fistales entero-salpingiennes sont elles beaucoup plus souvent latentes, il faut y penser, notamment en présence d’une diarrhée persistante.
Mais le gros diagnostic de l’abcès secondaire de l’ovaire reste la salpingite tuberculeuse ; car il est difficile de faire cliniquement la preuve de la nature tuberculeuse de ces annexites et dans l’un comme dans l’autre cas, les lésions ne refroidissent pas et c’est ce qui attire l’attention au ceurs d’une salpingite que l’on croyait banale.
Le terrain toutefois est différent : il est rare de trouver une tuberculose pulmonaire évolutive associée, c’est quand on la constate un argument de première importance en faveur de la tuberculose : la virginité de la femmes est non moins capitale, car on ne peut guère alors rapporter la salpingite à une autre étiologie.
En dehors de ces deux cas spéciaux, c’est par un examen approfondi que se fera le diagnostic :
disproportion des lésions dont l'importance contraste avec le début apparent récent des signes évolutifs ;
absence de limitation des masses pelviennes vers la cavité abdominale, mais surtout coexistence d’autres lesions :
dans un abcès de l'ovaire avec salpingite se trouvent des lésions de métrite du col
DELORD