RER
Pas d’hématozoaires. Sang en abondance. Pas de colibacilles. Bouillon intact. Cultures négatives.
On avait donc,affaire à un liquide stérile provenant d’un abcès ayant évolué sans la moindre réaction générale. Le lendemain de la ponction, le malade fut opéré.
Opération. — Incision oblique, partant de la dernière côte, près de la ligne médiane, pour se diriger vers la crête iliaque. Cette incision de 10 centimètres de long à son point milieu qui correspond à l'emplacement de la ponction exploratrice. Après incision des divers points, on trouve des adhérences péritonéales qui délimitent un abcès, lequel s’enfonce profondément dans la face externe du lobe supérieur de la rate. Tout autour, le tissu splénique est absolument noirâtre, siège d’une congestion intense. Les parois de labcès sont anfractueuses et couvertes de villosités très vasculaires. Il n’y a aucune membrane pyogénique. L’abcès est ouvert en plein parenchyme et présente somme toute beaucoup de ressemblance avec un abcès du foie.
IL sort après l’ouverture une centaine de grammes de liquide identique à celui de la ponction. II est impossible d'introduire un drain en caoutchouc pour drainer parce que le bout du tube blesse le parenchyme splénique et amène une hémorragie. On draine à la gaze iodoformée.
Suites opératoires. — Le lendemain, la température est à 37°, mais la langue est toujours rôtie, malgré une injection spontanée de sérum, faite le soir même de l’intervention. Le surlendemain, la température monte à 38° 3, le matin, 38° 5, le soir. La langue reste toujours rôtie, mais avec alternative d'humidité.
Le 19 novembre, trois jours après l’intervention, la mèche de gaze est enlevée, et il s’écoule environ 200 grammes de liquide toujours semblable au premier. Nouvelle mèche. Les injections de sérum sont continuées régulièrement tous les jours. Dès ce moment, l’état général s’améliore. La température tombe à 37°, la langue redevient humide,
Le 22. huit jours après l’opération, la mèche est dé-
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finitivement enlevée, ainsi que les fils. Il n’y a plus la moindre sécrétion. L'état général est parfait.
Mais le 30 novembre, à 1 heure après-midi, la température monte à 40° et le malade a un violent accès de fièvre paludéenne, avec tous les stades bien marqués. Le lendemain, 1° décembre, la température redescend
à 37° 4, mais le soir, nouvel accès de fièvre. Le 2 déue 36° 5 le matin, 38° le soir. Les accès paludéens semblent céder à la quinine, quand tout à coup, le 3 décembre, un plus violent accès se produit et prend les caractères d’un accès pernicieux. La température monte à 40°, s’y maintient toute la journée, atteint 41° le soir, est encore à 39° 6 le 4 décembre au matin. Enfin, le malade tombe dans le coma, meurt ce jour même dans la soirée.