CHAPITRE III ÉTIOLOGIE
Des observations que nous venons de rapporter et de tous les travaux publiés à ce sujet, il découle que les abcès de la rate se présentent dans les conditions et sous les aspects les plus divers.
Les causes prédisposantes de cette suppuration comptent peu en comparaison de l’importance étiologique des causes déterminantes et occasionnelles. Du moins en est-il ainsi des facteurs généraux de prédisposition.
GAUSES PREDISPOSANTES
CAUSES GÉNÉRALES. — En effet, l’âge et le sexe ne paraissent pas avoir d'influence. S'il est vrai que c’est à l’âge mûr, entre 25 et 40 ans, qu’on voit prédominer l’abcès de la rate, on l’observe cependant à toutes les époques de la vie, chez les vieillards, chez les adultes, chez les enfants (Archer, Welmann).
De même les femmes y sont aussi sujettes que les hommes. Sur 85 observations consultées, nous avons trouvé 55 hommes pour 30 femmes.
La répartition géographique de cette affection ne présente rien de bien particulier, si ce n’est que la plupart des cas ont été observés principalement dans le Nord de l’Europe. Cela tient à ce que le facteur étiologique essentiel est une affection par voie sanguine. On comprend, dès lors que les abcès de la rate sont plus fréquents dans les régions où les maladies infectieuses sévissent à l’état endémique. L'Algérie fut pendant un
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temps, depuis la conquête jusqu’à la fin du siècle dernier, le siège de nombreuses observations d’abcès spléniques, que les auteurs rattachaient au paludisme. Il faut croire que l’hématozoaire n’était pas en cause, car cette affection est encore très répandue de nos jours, alors que les suppurations spléniques sont rarement observées. Nous étudierons, d’ailleurs, plus en détail, la valeur de ce facteur étiologique.
La fatigue, le surmenage physique, auxquels les anciens accordaient une grosse importance, ne jouent le plus souvent qu’un rôle effacé en débilitant l’organisme.
Les intoxications et les auto-intoxications étaient généralement considérées comme prédisposant à l’abcès de la rate. Les premières, comme l'alcoolisme agissent certainement en diminuant la résistance de l’organisme aux infections ; le diabète, par contre, ne semble pas agir de même ; l’imbibition de l’organisme par le sucre amène une vulnérabilité toute particulière des tissus, d’où gravité des infections.
CAUSES LOCALES. — Par contre, les lésions préexistantes du parenchyme splénique jouent un rôle important comme cause prédisposante locale de l’abcès de la rate. Elles peuvent être l’aboutissant soit d’un traumatisme, soit d’une infection. Dans le premier cas, la contusion agit-elle en localisant au niveau du tissu splénique, une septicémie préexistante ? C’est possible. Expérimentalement Kutner a déterminé un abcès de la rate en contusionnant cet organe chez un animal auquel il avait, au préalable, injecté des microbes dans le sang. Peut-être n’intervient-elle qu’en déterminant un hématome splénique, susceptible de suppurer secondairement. On sait, en effet, quel excellent milieu de culture constitue in vivo le sang épanché dans des tissus attrits et contus.
Les infections amènent toujours des réactions au niveau de la rate ; elles peuvent être fugaces ou, au contraire, créer des lésions plus ou moins marquées
et étendues, qui favorisent la localisation au niveau de l’organe.