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I. — PERIODE DE DEBUT

Le début peut en être brutal et impressionnant, comme dans le cas de Dœbbelin où le malade fut pris

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rapidement de frissons, de céphalée avec sensation de chaleur ; en même temps, il accusait une tension douloureuse dans la région épigastrique. Chez le malade de De Vlascos, le début est plus dramatique encore : on voit apparaître brusquement des frissons, une fièvre intense à 39° 8, avec vomissements, le pouls bat à 130,

et on note une douleur lancinante dans l’hypocondre gauche.

A l'opposé de cette description, on observera en général un début lent et insidieux, où rien ne fait penser dès l’abord, à une suppuration splénique. On se trouve en présence d’un malade qui, au cours d’une pyrexie, se sent plus abattu ; son état général ne s’améliore pas et demeure déprimé. Son visage est pâle et défait ; l’appétit a diminué ,voire même disparu et on constate un amaigrissement notable. Cet amaigrissement est tellement constant qu’associé aux autres signes objectifs locaux, que nous envisagerons par la suite, il peut et doit permettre sinon d’affirmer le diagnostic, du moins de le sérieusement discuter et de l’envisager comme très probable. Cette diminution de poids est d’ailleurs plus ou moins marquée. Elle peut, dans certains cas, être considérable et atteindre, par exemple, 18 kilogs, comme dans l’observation rapportée par Abadie.

En même temps que se développent ces phénomènes morbides, une fièvre peu élevée, à exacerbation vespérale, s’allume, accompagnée de courbature générale avec céphalée et frissonnements. Tous les auteurs qui ont observé des cas d’abcès post-typhiques de la rate, insistent sur l’importance au point de vue du diagnostic, de la réapparition de la fièvre dans les quelques semaines, voire même quelques mois, comme le rapporte Abadie, qui suivent la guérison apparente. Il semble un peu osé de voir dans cette seule élévation thermique, un signe clinique significatif de l’abcès de la rate.

Par contre, on accordera une valeur plus grande à la perception presque constante, dès cette période de début, d’une sensation de gêne, de chaleur, de tension ou de tiraillement occupant soit la région épigastrique, soit toute la région supérieure de l’abdomen, mais loca-

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lisée avec une prédominance et une fixité plus marquée dans la région de l’hypocondre gauche.

A ces premiers symptômes objectifs, l'examen clinique somatique n’apportera rien de bien spécifique. On notera, dans la plupart des cas, une rate perceptible à la palpation, mais indolente ; souvent elle n’est décelable qu’à la percussion. Un examen attentif et méthodique pourra presque toujours déceler la présence de points douloureux à la pression, prédominants au niveau du 8° espace sur la ligne axillaire postérieure gauche. On pourra aussi observer des signes de réaction pleuro-pulmonaires ; quelques légers frottements, de la submatité de la base gauche, avec diminution du murmure vésiculaire ; tous symptômes analogues à ceux notés par Ramond dans les affections hépatiques.

Du côté du tube digestif, la langue est saburrale, il existe de l’anorexie, de la constipation, ou, plus habituellement, une diarrhée légère. Le creux épigastrique est légèrement sensible à la pression et on note un léger tympanisme abdominal.

La numération globulaire pratiquée par Federmann dans un cas d’abcès post-typhique donna 24.000 globules blancs et une formule sanguine de suppuration.

Il est difficile, et pour ainsi dire même impossible, d'affirmer dès ce moment le diagnostic de suppuration splénique. Cependant, la constatation de cette triade symptômatique, amaigrissement marqué, fièvre oscillante, hyper-splénomégalie douloureuse, devra nous faire songer à l’existence possible d’un abcès de la rate.

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