CURE
elle se traduit à l’auscultation par un affaiblissement du murmure vésiculaire avec frottements pleuraux. La radioscopie montre, dans ce cas, le pincement du sinus costo-diaphragmatique qui reste obscur dans les inspirations les plus profondes (Morel, Dambrin et Tapie). La fréquence de cette symphyse explique, d’une part, la rareté des complications pleurales consécutives à l’ouverture de la poche splénique dans sa cavité ; et, d’autre part, elle permet, lorsqu'on aborde l’abcès par voie transthoracique, d'éviter le pneumothorax opératoire et l'infection de la grande cavité.
Bien plus fréquente est l’évolution de ces abcès vers la cavité abdominale. Cette éventualité s'explique d’ailleurs par la présence, en haut, d’un obstacle musculaire résistant, le diaphragme, qui refoule, lorsqu'il ne possède pas d’adhérences avec l’organe, la rate hypertrophiée vers l’abdomen. D’autre part, ayant presque toujours été le siège de processus infectieux réactionnels antérieurs, la rate présente une augmentation plus ou moins marquée de son volume qui la fait sortir de sa loge anatomique et favorise, de par la simple loi de la pesanteur, son développement vers l’étage inférieur.
Cette extension de la tumeur splénique ne se fait pas sans amener, au niveau des organes avoisinants, des réactions qui se traduisent cliniquement par des symptômes divers.
C’est ainsi que nous avons trouvé signalé, au cours des différentes observations, des phénomènes péritonéaux plus ou moins marqués, avec un faciès grippé, une défense de la paroi, des vomissements bilieux, puis porracés, un pouls rapide et déficient.
Les douleurs ont un siège variable, elles sont parfois généralisées, tantôt elles peuvent prédominer à la région épigastrique ou siéger dans le flanc gauche et présenter dans ce cas des irradiations vers la cuisse.
On peut, comme le rapporte Welmann, observer une réaction inflammatoire du muscle psoas, se traduisant par la position si particulière au psoîïtis.
Quand la tumeur atteint un volume important, ou quand elle a contracté des adhérences serrées, avec les organes avoisinants, on peut observer des signes de
compressions diverses. Des troubles circulatoires variables, de l’ischémie, de la cyanose, de l’œdème des membres inférieurs. Même dans un cas relevé par Grand- Moursel, on trouva une hydronéphrose du rein gauche. déterminée par la compression de l’uretère.
On a ainsi, dans la plupart des cas, des signes d’une tumeur de l’abdomen, avec parfois une allure clinique différente suivant que prédominent les signes d’irritation pleurale ou péritonéale,
A ces symptômes, traduisant la présence d’une tumeur de l’hypocondre gauche, s’associent des phénomènes généraux, qui permettent de soupçonner l’existence d’une suppuration.
L'état s’aggrave, le malade est très faible, abattu, sa peau prend une teinte anémique, son teint est terreux, il présente un peu de subictère et son amaïigrissement devient bientôt considérable.
La fièvre peut se présenter sous les aspects les plus divers : c’est tantôt une fièvre continue à grandes oscillations, symptômatique de suppuration profonde, tantôt une fièvre intermittente, pseudo-palustre, évoluant par grands accès avec frisson violent suivi d’un stade de chaleur, puis de sueurs profuses, rappelant, surtout lorsque l’on se trouve dans un pays insalubre, les accès paludéens. Nous avons encore trouvé signalé une courbe thermique en plateau avec série de faibles. oscillations. Ces types fébriles peuvent d’ailleurs s’imbriquer, mais ils gardent toujours les deux caractères les plus importants, communs à toutes les infections, à savoir l'intensité des frissons et la hauteur insolite des oscillations.
Le pouls suit la marche de la température.
Les urines sont rares, foncées, albumineuses.
L'examen du sang, qui est un moyen d’exploration précis des fonctions spléniques ne présente rien de bien caractéristique. Il révèle presque toujours une leucocytose importante variant entre 12.000 et 100.000 au mmc. (Federmann) avec polynucléose marquée (80 à 90 %) sans formes anormales. Nous n’avons trouvé signalé que deux fois l’absence de cette hyperleucocytose; elle fit penser à Neugebauer que l’abcès était au début
de son développement et chez le malade de Dœbbelin elle s’associait avec une éosinophilie marquée.
La constatation de cette hyperleucocytose au cours d’une infection typhoïdique prend une réelle valeur. On sait en effet que c’est une des rares maladies infectieuses aiguës qui, à sa période d'état, s'accompagne d’une diminution du chiffre des globules blancs et du taux relatif des polynucléaires. Aussi cette formule va présenter d'importantes modifications, lorsque se développe un foyer de suppuration.
C’est ainsi que, dans le cas de Federmann, l’examen du sang pratiqué dès l’apparition des premières manifestations spléniques, montra une importante leucocytose (24.000) qui disparut peu après l’opération. Chez -le malade de Propping, qui paraît avoir été minutieusesement étudié à ce point de vue, l’évolution est plus typique. À la leucopénie du début de la maladie (1.600 globules blancs) succède une hyperleucocytose progressive, qui atteint le chiffre important de 42.000 ; deux jours après l’intervention, une nouvelle numération ne donna plus que 9.400 leucocytes.
Mais, même dans ce cas particulier, l'examen du sang ne nous donne que des renseignements généraux, utiles toutefois pour affirmer le diagnostic de suppuration. Il semble pourtant, à première vue qu’on aït le droit d'espérer des indications plus précises, quant à la localisation de l’infection ; la rate jouant un rôle important dans le maintien de l’équilibre normal du sang.
De même, nous n’avons trouvé signalé aucune modification des hématies. Le nombre varie de 4.000.000 à 7.000.000 comme dans le cas de Kirchmayr, avec absence de formes anormales. Dœbbelin a pourtant Signalé chez son malade une diminution marquée de la feneur du sang en hémoglobine, 6 % ra alors que dans le sang normal, on doit avoir 13,6 %
En résumé, nous ne pouvons que constater PAbRenee de toute lésion sanguine spécifique, ce qui ne nous étonne pas davantage, étant donné l'incertitude de nos connaissances actuelles sur les fonctions de la rate.