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palpation profonde de la région. L’autopsie montra pourtant cet organe volumineux, abcédé, maïs les anses intestinales adhérentes entre elles, au péritoine pariétal et la rate, séparaient cette dernière de la paroi abdominale.
Formes subaigquës. — A côté de ces formes latentes ne se traduisant par aucune manifestation clinique, on peut en décrire d’autres où l’affection évolue en plusieurs semaines avec un minimum de signes cliniques. Le malade présente, par intermittence, et à l’occasion de fatigue au cours de son travail, des crises douloureuses légères dans la région de l’hypocondre gauche, qui peuvent s’accompagner d’un iéger accès fébrile. I accuse, en outre, un amaigrissement progressif avec perte des forces. Le plus souvent, ces phénomènes sont négligés par le malade et parfois même par le médecin qui, surtout dans nos régions, les attribue au paludisme. On comprend ainsi que la brusque apparition de complications, peut être la première manifestation probante de l'affection, comme chez le malade opéré par Vergoz. :
Formes apyrétiques. — L’abcès de la rate peut évoluer, sans jamais provoquer d’accès fébrile. Cette apyréxie s’observe surtout lorsque la suppuration demeure latente , mais nous l’avons trouvé aussi signalée au cours des différentes formes cliniques. Ordinairement, il y a uue période de début, avec fièvre et phénomènes locaux, plus ou moins marqués que l’on considère peutêtre à tort, comme une manifestation palustre. Au bout de quelques jours, la fièvre tombe, les signes cliniques de l’affection devienennt de plus en plus nets, maïs la température reste normale (Pruvost, Grand-Moursel, Spear).
Formes à rechutes. — La suppuration splénique peut présenter des alternatives de guérison et de rechutes. Cette forme s’observe au cours des suites opératoires. Nous n’en avons trouvé qu’un exemple, dans une observation de Trojanow : le malade opéré, 50 jours après le début d’une fièvre typhoïde, d’un abcès
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de la rate, présenta une guérison très lente ; plusieurs fois, l’abcès paraissait être tari, lorsqu’apparaissait un flot abondant de pus, en même temps que se déclanchaient de forts accès de fièvre. Il s'agissait évidemment de la formation de nouveaux abcès qui éclataient au sein de la cavité splénique.
Formes chroniques. — Le début de l’affection peut parfois remonter à plusieurs années, évoluer sans manifestations cliniques apparentes, et donner lieu à des complications souvent mortelles. Brown rapporte une observation qui est typique à ce sujet: une jeune femme de 31 ans contracta une fièvre typhoïde à l’âge de 12 ans et présenta depuis un teint ictérique, une tumeur de la rate et des douleurs intermittentes au niveau de lhypocondre gauche. Elle présenta 4 mois après son premier accouchement de fortes hémorragies intestinales, quelque temps après les selles devinrent purulentes et l’on constata une forte diminution du volume de la rate. Elle mourut cachectique et l’autopsie révéla l’existence d’un abcès splénique ouvert dans le côlon.
Formes suraiguës. — Les formes suraiguës des abcès de la rate ne sont pas à envisager ; elles surviennent au cours de septico-pyohémies graves qui emportent rapidement les malades. Les phénomènes généraux de cette infection sont tellement marqués, les signes de localisation au niveau de la rate sont à tel point effacés, qu’ils passent généralement inaperçus.