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CHAPITRE I* HISTORIQUE

L'observation et la description des abcès de la rate semblent remonter au premier âge de la Médecine Hippocrate les signalait déjà comme des lésions banales et, à leur sujet, le père de la médecine, dans un paragraphe de son livre premier où il est traité « des biens et des maux que les médecins font par hasard », dit : « En donnant à un malade atteint d’abcès de la rate un purgatif pour évacuer la bile, ils ont fait sortir par les selles le pus de la rate et délivré le patient. » Il ajoute plus loin : « Avec le temps, chez les uns, la maladie tourne en hydropisie et ils succombent ; chez d’autres, la rate suppure, on cautérise et ils guérissent; chez d’autres enfin, elle reste dure et grosse et le mal vieillit avec eux. »

Après lui, Aretée dans son traité des causes et des signes des maladies, Ali Habbas et Avicenne mentionnent les abcès de la rate, mais d’une façon très vague. I1 semble qu’ils aient rapporté à la rate ce qu’ils savaien des suppurations des autres organes.

Puis, jusqu’au xvui° siècle, cette question est tombée dans l’oubli et dans l'indifférence. La première observation ayant trait aux abcès de la rate paraît être celle de Bachmeister, qui remonte à 1707, et a été rapportée dans la thèse d’Assolant parue en 1803.

Depuis cette époque, de pareilles observations ne se sont pas multipliées à l’excès.

Sous l’empire de la doctrine de Broussais, toutes les lésions de la rate devinrent des inflammations, maïs ce ne fut pas pour longtemps. La réaction ne tarda pas à se faire sentir et pour tous la suppuration splénique

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ne fut plus qu’une complication exceptionnelle, très rare ; peu s’en fallut qu’on ne niât les abcès de la rate.

Gendrin, réagissant contre cette tendance par trop exclusive, montra par des expériences faites sur des animaux que le tissu splénique peut passer par toutes les phases de l’inflammation pour aboutir à la suppuration.

Cependant, c’est à Lancereaux que revient le mérite d’avoir remis à leur place dans la pathologie les abcès de la rate. On en trouve une étude détaillée dans son traité d'anatomie pathologique.

En même temps que l’on discutait sur la possibilité de la suppuration splénique, le problème pathogénique, jusque-là à peine envisagé, donnait lieu à de nombreuses discussions. Pour Rokitansky, l’inflammation du tissu splénique n’était que l’aboutissant- de phlébites, alors que Bamberger et Niemeyer y voyaient au contraire le résultat d’un travail irritatif dû à des infarctus.

Dans son article du Dictionnaire encyclopédique, Besnier en fait une étude plus complète et s’essaye à une classification étiologique et pathogénique.

Dans la seconde moitié du siècle dernier, au cours de la Conquête de l’Algérie, on observe et on étudie les abcès de la rate d’origine paludéenne. Ils sont, pour la première fois, signalés dans un travail, publié en 1855 par Lassus, sur les abcès de la rate à propos d’un cas observé au cours du paludisme.

En 1859, Mallet en rapporte plusieurs exemples et discute leurs rapports avec la malaria ; l’année suivante Collin en cite de nouveaux cas observés à l’'Hôpital de Philippeville. Blanc, recueillant ces différentes observations, écrit en 1879 sa thèse sur les abcès de la rate d’origine paludéenne. Après lui, Fassina reprend la question dans sa thèse, soutenue en 1889. Il rapporte plusieurs observations d’abcès spléniques d’origine paludéenne, observés à l'Hôpital civil de Mustapha d'Alger.

En 1892, à propos d’un cas d’abcès de la rate observé au cours de la variole, Reysset étudie la question dans sa thèse inaugurale.

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Barbacci publie en 1895, dans Lo Sperimentale un cas consécutif à une diphtérie.

Une étude d'ensemble de la question est faite en 1901 par Tedenat et publiée dans la Revue de Gynécologie et de Chirurgie abdominale.

Pince, en 1903, dans sa thèse sur les abcès de la rate dans la fièvre typhoïde, étudie le rôle de la rate dans les infections au double point de vue clinique et expérimental. En même temps, Esau en Allemagne, étudie pour la première fois les abcès disséquants.

Dans un mémoire important publié en 1907, dans le Beitrage Zur Klinischen chirurgie, Kuttner s’étend longuement sur ces abcès disséquants et faisant état de 116 observations d’abcès spléniques de tout genre, il donne une classification qui est restée classique et rapporte les résultats de ses expériences sur la pathogénie de ces abcès.

Puis on s’occupe du traitement des abcès de la rate, et Finkelstein en 1910, dans son article sur la chirurgie de la rate fait une mise au point de la question en étudiant les différentes voies d’accès et les différentes méthodes opératoires.

Dans ces dernières années, les publications de nouveaux cas, ont été plutôt rares. Estrade, en 1911, a fait une mise au point de la question qui nous a grandement servi dans l’élaboration de notre travail. En 1923, Lenormand et Sénèque en ont de même publié une étude d'ensemble dans le Journal de Chirurgie.

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