‹ Contribution à l'Étude des Abcès de la RateChapitre 6 sur 42 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Due à l’obligeance de M. le Docteur Lemaire et de M. le Professeur agrégé Lombard.

Un garçon de 17 ans, impaludé depuis plusieurs années, entre à l'Hôpital de Mustapha en juillet 1924 pour une tuméfaction douloureuse de l’hypocondre gauche survenue depuis peu. |

Chaque année, ce jeune homme présente dans le courant de l'été, des accès de fièvre intermittente, bien caractérisés, et qui cèdent plus ou moins rapidement au traitement par la quinine.

Dans le cours du printemps 1924, avant tout accident palustre, sont apparus sur les membres inférieurs, sur le tronc et sur la face, des furoncles, dont quelques-uns ont évolué à la façon d’anthrax véritables. En juin 1924, les accès de fièvre intermittente ont fait leur apparition alors que la furonculose était encore en évolution dans les premiers jours de juillet, lhypocondre gauche est devenu le siège d’une sensibilité assez vive qui est allée rapidement en s’exagérant, en même temps qu’une tuméfaction se dessinait sous les fausses côtes.

L’état général décline, et lorsque le malade entre à l’hôpital, le 28 juillet 1924, l’amaigrissement est extrême, le teint terreux et légèrement subictérique. La température est à 38° 7, le pouls bat à 100 pulsations à la minute. Sur les membres inférieurs, on découvre deux gros furoncles en évolution. Dans l’hypocondre

gauche une tuméfaction allongée dans le sens vertical soulève et déprime la paroi depuis le rebord des fausses côtes jusqu’au-dessous du niveau d el’ombilic. Dans le sens transversal, elle va du voisinage immédiat de la ligne médiane à la ligne axillaire antérieure. |

Recouverte par un tégument intact, sans rougeur, sans circulation superficielle, elle est mobile avec les mouvements respiratoires, mouvements dont l’amplitude est considérablement diminuée par la douleur qu’ils réveillent.

A la palpation, on se rend compte que cette tuméfection résistante, dure, peut-être vaguement rénitente, siège derrière la paroi, avec laquelle elle fait corps. Elle se confond en arrière et en bas avec la rate dont on reconnaît aisément le pôle inférieur et dont la matité supérieure atteint et soulève le diaphragme. En avant, la sonorité gastrique est manifeste.

Autour et au-delà de cette tuméfaction, le ventre est souple, libre d’ascite.

Le foie ne paraît pas augmenté de volume.

La langue est saburrale ; il existe de la constipation.

L’auscultation des poumons révèle quelques frottements localisés à la base gauche.

Il n’existe pas d’hypertrophie ganglionnaire, on note cependant une micro-polyadénopathie inguinale.

L’examen du sang donne les résultats suivants :

Giobnles-rouges 1 "NU 06R 5.430.000 GlOBUIÉS nes SE 10.500 Formule leucocytaire :

Polynucléaires. : .:......, A5 Mononucléairés, er 10 LNTDUUCVIES + AR LE 43 ÉDSINOPRIES SAT ENT Ter. | 0 Formes de transition. ..... 2

On porte le diagnostic d’abeès de la rate chez un paludéen ; abcès vraisemblablement dû au staphylocoque, parti du foyer de furonculose en évolution.

Opération le 30 juillet. — Anesthésie générale à l'éther. Incision sur le bord externe du grand droit

EGP

CE |: Eure

gauche. En sectionnant les différents plans de la paroi, on trouve une infiltration diffuse de toute la région. Ouverture d’une collection suppurée pénétrant dans le tissu splénique, remontant sous le diaphragme et arrivant au contact de l’estomac. Nettoyage de la cavité, drainage.

Guérison rapide sans complications.

Le pus de l’abcès montra, à l’examen bactériologique, la présence de staphylocoques.

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