OBSERVATION II
Due à l’obligeance de M. le docteur Vergoz, chef de clinique à la Faculté, et Cheveau, interne des Hôpitaux.
Abcès de la rate probablement d’origine amibienne, rompu dans la cavité abdominale.
Le nommé Chérif K..., âgé de 30 ans, entre d’urgence à l'hôpital civil de Mustapha, le 14 juillet 1925, avec un syndrôme péritonéal aigu. Le début s’est fait, il y a 48 heures, par une douleur brusque, déchirante, dans la région épigastrique, avec irradiation vers l’épaule gauche. L'état général est mauvais ; le pouls est mou, très dépressible, irrégulier. Le malade est dyspnéique avec une langue sèche, un faciès nettement péritonéal.
A l’inspection, l’abdomen se présente comme un ventre de péritonite ;.en bateau dans la région sus-ombilicale, légèrement ballonné en dessous. A la palpation, défense musculaire nette dans l’étage abdominal supérieur, un peu de souplesse en bas.
Ni gaz ni matières depuis 48 heures, quelques renvois, pas de vomissements.
Le malade n’accuse aucun antécédent pathologique net, si ce n’est, il y a trois mois, l’apparition brusque d’une douleur atroce dans l’hypocondre gauche, accompagnée de fièvre avec céphalée intense, anorexie, abattement. Ces phénomènes persistèrent pendant 83 à 4 heures environ. Depuis son état général est resté mauvais, ne lui permettant pas de travaux pénibles. Il a notablement maigri.
Opération d'urgence. Anesthésie à l’éther.
Dès l’ouverture du péritoine issue de liquide abondant, non odorant. On va immédiatement sur l’estomac dont l’exploration, ainsi que celle du duodénum, ne montre aucune perforation. On constate alors qu’une quantité abondante de liquide chocolat s’écoule de la région phrénique. Pensant à l’ouverture probable d’un abcès amibien hépatique dans la cavité péritonéale, on explore à la paume de la main le dôme hépatique qui ne présente rien d’anormal, tandis qu’on constate sur la face interne de la rate une perforation du péritoine viscéral de la dimension d’une grosse tête d’épingle, qui laisse sourdre une quantité abondante de liquide. Elargissement au doigt de cette perforation, on tombe alors dans une vaste cavité splénique préhilaire, qui occupe toutes les parties moyennes et inférieures de l'organe. Cette cavité se montre remplie de bouillie splénique, dont on fait un prélèvement. Après nettoyage, on ferme le bas de l’incision et on draine par un gros Mickuliez au contact de la face interne de la rate sur laquelle siègeait la perforation.
Le 16 juillet, le pouls est plus plein, plus régulier, ie ventre est souple, même dans la région sus-ombilicale. Le malade est plus éveillé, cause avec facilité, la respiration est bien moins rapide que la veille.
L'examen bactériologique du pus prélevé montre la présence de cocei banaux.
Le malade meurt le 2 août, vingtième jour après l’opération à la suite d’une occlusion intestinale.
L’autopsie n’a pas pu être pratiquée.
OBSERVATION III, — PERARD.
Abcès amibien de la rate.
M”° B... Jeanne, Française, 20 ans, originaire de l'Ardèche, se marie en août 1923 et vient s'installer à Casablanca, avec son mari, en septembre de la même année.
Rien à signaler dans ses antécédents pathologiques,
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