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voit apparaître un premier abcès, en mai 1872, sur la face antéro-supérieure du sternum. En septembre, on ponctionne la tumeur, on y injecte de l’iode. En octobre, nouvel abcès sous la clavicule gauche, sur la deuxième côte ; ouverture par la pâte de Vienne. En février 1873, nouvel abcès au niveau du mamelon gauche. En avril, ouverture avec la pâte de Vienne et injection iodée. « Toute la région située à gauche, entre le sternum, la « clavicule et l'angle des côtes, est empâtée ; le périoste « des côtes est épaissi et l’on sent des bourrelets sur « leur trajet du cartilage à l'angle. » L’abcès de la région mammaire suppure encore.
Que conclure de cette observation ? Où trouvons-nous la preuve que les os ne soient pas atteints ? L'auteur dit, page 16, sans paraître se douter de l'importance de ce fait : « Le périoste est enflammé consécutivement par sa « face interne, car on sent le long des côtes des ostéo- « phytes. » Nulle part nous ne voyons qu'on ait cherché à se rendre compte de l’état des os. Les abcès n’ont pas été ouverts assez largement ; ils étaient trop profonds pour qu’un examen direct ait pu être fait. S'est-on servi du stylet? On aurait dû en faire mention, même s'il a donné une réponse négative; et nous verrons, quand nous traiterons de l’anatomie pathologique que l’exploration avec le stylet est incapable de renseigner avec exactitude sur l’état des côtes en raison de dispositions : anatomiques spéciales.
L'obs. 2, nous montre un abcès au niveau de la huitième côte, sous le grand dorsal, après une ponction exploratrice avec l'appareil de Potain (page 17). « On « sent parfaitement le long de la côte recouverte par
ire « l’abcès un épaississement du périoste ; la largeur de la « côte est augmentée de cinq millimètres ; la pression « ne réveille de douleur qu’au niveau de l'os. » Et c'est tout. Qu'est devenu l’abcès ultérieurement? Il s’est reformé ; c’est tout ce que nous apprend l’auteur.
Peut-on diagnostiquer à travers les téguments l’état d'une côte, peut-on surtout partir de cet examen plus qu'insuffisant pour édifier une nouvelle théorie anatomopathologique ?
Ces réflexions sont absolument applicables à l’obs. 111, qui ne diffère de la précédente que par le siège des abcès et par l'ouverture au bistouri des abcès reformés. Les renseignements sont aussi sommaires, les procédés d’examen tout aussi primitifs.
Dans l'observation 1V, même manière de procéder ; notons cependant que M. Choné signale la formation d’un abcès au niveau de l’appendice xyphoïde dû, selon lui, à une périchondrite; nous décrirons plus loin ces altérations des cartilages.
Observation v. Même série de phénomènes et même absence de renseignements sérieux ; ce qui à trait à l'examen de la lésion est ainsi formulé : « Le pus écoulé, « on perçoit nettement l’épaississement du périoste des « côtes recouvertes par la tumeur. »
Y a-t-1l dans ces cinq observations les matériaux nécessaires à l'édification d’une théorie nouvelle et surtout les preuves indispensables de sa réalité? Nous ne le pensons pas, et 1l est facile de donner les motifs de notre opinion.
La lecture des cinq observations de M. Choné nous a d'autant plus surpris qu’elle nous a apporté une désillu-
sion ; en effet, dans les pages qui précèdent (p. 10 à 13), sous le titre de symptomatologie, l’auteur décrit les caractères de la périostite externe costale, il étudie son mode de début ; les altérations anatomiques auxquelles elle donne naissance, avec une netteté et une sûreté telles qu'on ne peut manquer d’être convaincu si, comme cela se fait souvent, on ne scrute pas scrupuleusement les faits à l'appui. Où M. Choné a-t-il pris les éléments de cette description ? Ce ne peut être dans les observations qu'il fournit, nous en avons donné la preuve; s’il ne fait que publier l’enseignement de son maître, M. Gaujot, nous sommes en droit de demander à quelles sources M. Gaujot a lui-même puisé les preuves de ce qu'il avance. Il ÿ a plus, (p. 14), M. Choné nous dit : « Nous « n'en avons jamais constaté non plus (il s’agit de la « dénudation osseuse) pour notre part, en examinant la « cavité des abcès chez nos malades avec le stylet ». Or, dans aucune des observations de la thèse, ce genre d'exploration n’est mentionné. Et comment aurait-on pu se servir du stylet chez les malades des observations 1, 11, 11, malades dont l’abcès a été ponctionné avec l’appareil de Potain? Admettons que vous ayez pu utiliser cet instrument dans les faits IV et v, vous n'avez certainement pas pu recourir à son aide dans les autres.
Ceci suffit pour montrer que faits et appréciations ne concordent pas toujours exactement. Notez que l’auteur avait besoin de cette réponse négative du stylet pour asseoir son diagnostic, qu'il ajoute une extrême impor-' tance à ce genre de recherches, puisqu'au chapitre Diagnostic (page 32) il dit : « S'il (l’abcès) tient à une « carie, une nécrose ou à une fonte tuberculeuse, le pus