OBSERVATION PREMIÈRE
(PERSONNELLE) Abcès du sinus consécutif à une carie dentaire. — Nécrose consécutive de plusieurs points de la cavité. — Drainage. — Amélioration rapide.
La nommée Louise R.... entre,à l’hôpital Saint-Eloi-Suburbain, salle E-2, n°3, service de M le professeur Dubrueil, pou> un abcès de la cavité du sinus maxillaire supérieur. 28 novembre 1889.
Antécédents héréditaires à peu près nuls; le père parait avoir été rhumatisant. Personnellement elle à toujours joui d’une bonne santé : elle n'était sujette ni aux abeès ni aux furoncles.
Elle est âgée de 58 ans.
L’affection qui l’amène à l'hôpital a débuté, il y a environ un an et demi, par une sensation de tension et de gêne dans la joue droite ; il y avait aussi des douleurs lancmantes s’irradiant vers l'œil et le nez et une sensation de chaleur de ce côté de la face.
Il n’y avait pas de tuméfaction apparente, mais souvent un peu de rougeur.
Au bout de quelque temps, elle remarqua un écoulement purulent par la narine correspondante qui se produisait surtout la nuit et lorsqu'elle dormait du côté opposé; voyant les phénomènes persister, les douleurs et la gène s’exagérant avec la durée de la maladie, elle se décida à aller trouver un médecin, qui pratiqua l’avulsion d’une dent cariée qui branlait déjà, la première grosse molaire : aussitôt 1l se fit par cette ouverture, car la racine dentaire plongeait dans l'antre d'Highmore,
EN un écoulement abondant d'un pus épais, d'odeur fétide, et la malade se sentit soulagée. Mais depuis la suppuration persiste ; l'écoulement se fait alternativement par l’orifice nasal ou par l'ouverture dentaire (beaucoup plus fréquemment et d’une manière plus continue par cette dernière); mais il n°y a pas d'amélioration véritable et la maladie se prolonge, causant une gène considérable plutôt que de véritables douleurs : la suppuration continue et l'odeur infecte, surtout le matin, l’incommodent énormément, elle et son entourage.
Ne voyant pas d'amélioration survenir, elle se décide à entrer à l'hôpital. Au moment de son entrée on ne voit pas de tumeur apparente du côté malade, seulement une légère rougeur; pas d'exophtalmie, ni de gonflement; on perçoit une odeur forte et repoussante exhalée par la bouche.
En examinant la cavité buccale on ne voit pas de déformation de la voûte palatine, on aperçoit un pertuis assez Ctroit occupant la place de la première grosse molaire et admettant difficilement la pulpe du doigt ; par cet orifice s'écoule un peu de pus et la malade nous dit que le matin au réveil le pus est plus abondant que dans le reste de la journée : le pus s'écoule aussi quelquefois par le nez, mais plus rarement qu'autrefois. — Dentition mauvaise.
Il y a peu de phénomènes subjectifs : pas de douleur, quelquefois seulement des élancements ; ce qui-domine, c'est la sensation de gène et de pesanteur, jamais de douleurs névralgiques.
On introduit facilement par l’orifice dentaire un stylet avec lequel on peut faire aisément l’exploration de la cavité du sinus ; on remarque qu'en certains points, notamment sur la paroi postérieure, l'os est mis à nu et on a la sensation de l'os nécrosé.
Après quelques jours d’expectation, M. le professeur Dubrueil décide d'intervenir : 1° pour favoriser l'écoulement d'un pus
Sa CRE dont la stagnation et l’altération sur place amenaient l'odeur repoussante de la malade ;
2° Dans le but de laver à grande eau cette cavité, modifier la muqueuseet faciliter si possible l'élimination des sequestres déjà existants.
Le 6 novembre, on pratique le drainage de la cavité maxillaire de la façon suivante : A l’aide d’un trocart courbe, M. le professeur Dubrueil pratique sur la paroi externe de la fosse nasale ‘droite, au niveau du méat moyen, une large ouverture, puis il continue à faire glisser le trocart dans la cavité jusqu'à l'orifice dentaire. Le trocart est poussé jusqu'au travers de l’orifice. Cela fait, on retire le mandrin, laissant la gaine en place, et l’on se sert de celle-ci comme conducteur pour mettre en place un large tube à drainage : on enlève ensuite la gaine du trocart et on lie les deux extrémités nasale et buccale du tube en anse au devant de la face de la malade.
On pratique alors des lavages avec de l’eau boriquée dans la cavité, lavages qui entrainèrent une quantité considérable de pus dont l'odeur était telle, que la salle en était remplie et qu'il était fort difficile de séjourner auprès de la patiente pendant les manœuvres.
Après des lavages abondants et réitérés, la cavité fut assainie et l'odeur disparut à peu près.
Le lendemain et les jours suivants, on répéta les mêmes lavages abondants et antiseptiques, et la mauvaise odeur, qui reparaissait les cinq ou six Jours qui suivirent l'intervention, disparut à peu près définitivement ; cependant, la suppuration persistait, car les lavages entrainaient toujours des flocons de pus.
L'exploration réitérée des faces du sinus montrait la présence de parties dénudées, nécrosées, qui agissaient comme autant d'épines entretenant le mal. Restait à attendre patiemment leur élimination en continuant le traitement entrepris
ALES AO [ons nous n'avons plus eu de
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NN D re URS ER VATION.H CROP POP PS RER PTE VA Ar OS SN TE | | (Thèse de Madee, 1881) : ; | Le { Fe | __ Abcëès du sinus maxillaire droit ouvert à la joue, datant de 1873. — Trépa- OL 14 SEE nation du sinus. — Drainage. — Guérison (?) | PAGE ke g M... (Lucien), 34 ans, entre le 11 avril, salle Saint-Landry, dE us 2 lit n° 15, service de M. Richet. De :
De __ Antécédents. — Ce malade a eu, vers 1873, une série
d’abcès qui tous ont été ouverts au niveau de la gencive du côté droit. | La deuxième molaire de ce côté a été également enlevée à cette époque. Il y à 5 ans environ, un nouvel abcès se montra dans la même région. ; Au mois de juillet dernier, il eut une énorme fluxion à la û
joue droite, très douloureuse, qui donna naissance à un abcès
AS Ve
celui-ci fut ouvert à la joue le quatrième jour, à l’hôpital Saint- Antoine, et suppura depuis.
Le malade se présente le 8 avril à lHôtel-Dieu, avec une tumeur dans le sillon gingivo-labial supérieur, du volume d’une grosse noix. Elle occupe toute la fosse canine et s'arrête en bas à 5 ou 6 millimètres de l’alvéole. En dedans, elle se confond avec l'os, auquel elle parait appartenir.
Les parties molles de la joue glissent facilement dessus, la muqueuse est normale, un peu rouge. La pression à la pulpe de l'index amène une légère dépression, et, à certains moments, on perçoit le bruit de parchemin.
Cette pression amène une itgère douleur dans les dents plaeces au-dessous de la tumeur.
Légère saillie du côté atteint, où le sillon génio-labial est effacé. Rien du côté de l'œil, nide la fosse nasale qui n’est pas rétrécie ; la pression ne fait sortir ni pus, ni sérosité. La voûte palatine n'est nullement déformée, et, au toucher, le sinus maxillaire ne parait pas notablement augmenté de volume.
Le système dentaire est défectueux, dents cariées, chicots. Le chirurgien porte le diagnostic de kyste périostique dentaire, et fait l'ablation avec la langue de carpe des racines de deux petites molaires ; l'issue d’un liquide brun-rougeâtre suit cette avulsion ; l’on agrandit, pour la faciliter, la perforation d’une des alvéoles; on perforela paroi externe et on fait passer l’anse d'un tube en caoutchouc par cet orifice et le trou alvéolaire. Un stylet introduit ne montre pas de paroi dénudée.
Injections répétées d'eau alcoolisée ; le liquide qui en sort, a une odeur très désagréable, qui persiste quelques jours, plus marquée le matin. En moins d’une semaine, l'écoulement avait beaucoup diminué et était moins odorant,.
Le 30 avril, on retire le tube.
Le kyste ne s’est pas reproduit. Depuis ce temps, on s’est
borné à faire, trois ou quatre fois par semaine, de petites injec-
LUDO ie
tons alcoolisées par la fistule alvéolaire, qui reçoit à peine (28 octobre) un petit stylet de trousse.
Le matin, quand le malade expire fortement, il en sort encore un liquide jaunâtre, mêlé parfois d’un peu de sang. |
La difformité de la face a disparu ; et, dans le sillon gingivo-labial, on ne voit plus qu'une saillie de la muqueuse, audessous de laquelle on sonde une petite exostose.