‹ Contribution à l'étude des abcès du foie chez l'enfantChapitre 6 sur 35 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

La symptomatologie de l’abcès du foie chez l’enfant est extrêmement variable. Pour en tracer un tableau clinique, nous choisirons un cas commun répondant à une des formes cliniques fréquentes de cette affection dans le jeune âge, ce qui nous permettra de grouper les symptômes. Nous prendrons comme type de notre prescription l’abcès traumatique.

À la suite d'une chute sur l'abdomen ou d'un coup sur la région hépatique, l'enfant se plaint d'une vive douleur dans l’hypocondre droit; c’est tout d’abord une sensation de pesanteur au niveau de la région hépatique, à laquelle succède une douleur aiguë, pulsatile, lancinante.

Cette douleur s’irradie à l’épigastre, aux lombes, parfois à l'épaule droite. Elle est éveillée par le simple frôlement de la région, exacerbée par une pression même légère, arrachant des cris perçants aux moindres mouvements, aux changements de position du petit malade.

Celui-ci reste le plus souvent dans le décubitus dorsal, les mains croisées sur le creux épigastrique comme pour le protéger de tout contact.

L'anorexie survient rapidement ; la langue est

sale, la soif vive. Parfois quelques vomissements

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bilieux se produisent. Il a de la diarrhée, tantôt imodore, tantôt extrêmement fétide, ou de la constipation opiniâtre.

Ses forces diminuent de jour en jour ; l’amaigrissement et l’abattement le conduisent rapidement à lhecticité.

Sa face est pâle, souffreteuse ; les muqueuses sont décolorées. La peau est chaude, sèche, rugueuse, présente une surabondance épidermique donnant lieu à un état ichtyosique (Oddo, Moncorvo) qui se rencontre fréquemment dans les suppurations profondes et prolongées des enfants.

La fièvre apparaît, avec des caractères variables.

Le plus souvent c’est une fièvre rémittente avec exacerbations vespérales, précédée de frissons, suivie de chaleur et de sueurs.

Le pus soupçonné se collecte et va bientôt former une tumeur apparente. Le foie, en effet, augmente peu à peu de volume.

L'hypocondre présente une voussure générale sans saillie ni déformation particulière. On constate une sorte d’empâtement de la région avec élargissement et effacement des espaces intercostaux. À la palpation, la paroi abdominale est soulevée, tendue. Lorsque la tumeur se développe vers la superficie de l’organe el vient faire une saillie, on peut parfois sentir une fluctuation profonde, difficile à percevoir, qui ne se montre que tardivement. A la percussion de la région hépatique ilest facile de constater l’hypertrophie du foie. Dans les abcès volumineux, la matité

hépatique peut dépasser la ligne horizontale de l’ombilic.

Il existe un œdème de la peau voisine et un développement d’un réseau de veines superficielles.

Le développement de la tumeur, surtout lorsqu'elle siège à la partie supérieure du foie et fait saillie du côté de la du cage thoracique, joint à la douleur provoquée par les mouvements du diaphragme, amène une diminution de l’ampliation des mouvements thoraciques. La respiration est anxieuse, saccadée, pénible, revêt le type costal supérieur.

Ces différents symptômes font soupçonner l’abcès du foie. La ponction exploratrice faite dans le foyer purulent, facilement accessible ou en divers points, jusqu'à ce qu’on soit parvenu à constater la présence de ce foyer s’il ne fait aucune saillie, viendra confirmer le diagnostic.

Le tableau clinique de l'hépatite suppurée est au complet et le diagnostic s'impose dans le cas que nousavons choisi comme type de notre description. Ces cas où sont aussi groupés tous les symptômes, sont rares et le plus souvent, surtout chez l'enfant, la sagacité du clinicien devra démêler au milieu de signes communs à l'hépatite suppurée et à d’autres affections ceux qui lui permettront de porter le diagnostic d'abcès du foie.

Dans nombre de cas, tous les symptôimes manquent. Aucun trouble fonctionnel, aucune douleur locale n’appelle, pendant la vie, l'attention sur l'hépatite suppurée, et à l’autopsie on trouve de vastes

collections purulentes dans le foie dont l’existence n'avait pas été soupçonnée.

Tantôt après un début bruyant, avec fièvre, douleur hépatique, vomissements, tout semble rentrer dans le calme. Il seproduit une rémission prolongée. Seul l’état général reste mauvais. La nutrition se détériore de plus en plus, les forces s’usent, l’amaigrissement augmente, les membres s’infiltrent et le petit malade succombe dans le marasme. Parfois au milieu de cette déchéance physique, inexpliquée, après un lapsde temps de huit mois, l’abcès qui s’est collectéen silence, vient former une tumeur apparente et la ponction exploratrice donnera la clef du diagnostic. Ailleurs l’abcès du foie demeure méconnu, évoluant au cours d’une pyémie ; ici telle complication, pleurésie, pneumonie, domine le tableau et empêche le diagnostic de la maladie causale ; là, c’est une vomique qui appelle, par les caractères particuliers du pus, couleur chocolat, l'attention du médecin et le fait remonter à la cause initiale.

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