‹ Contribution à l'étude des abcès du pénisChapitre 32 sur 36 · SEUR MEAM · texte numérisé non relu

SEUR MEAM

effet, le pansement est souillé. On découvre une fistule uréthrale siégeant à un ou deux centimètres en arrière du sillon et due à l'élimination d’une eschare.

On laisse une sonde à demeure dans le canal ; on continue le pansement de l’abcès; detemps en temps, attouchements au nitrate d'argent.

Sous l'influence du traitement spécifique, les ulcérations du gland se réparent ; la cicatrisation de l’abcès s’opère lentement, mais régulièrement, de la base vers la périphérie; toutefois, au niveau de la face inférieure et antérieure de la verge, il reste une vaste perte de substance, creusée en infundibulum, au fond de laquelle persiste la fistule uréthrale.

Le malade sortait de l’hôpital, le 18 novembre, complètement guéri de ses accidents, sauf de la fistule. On ne tenta pas l’oblitération de celle-ci, parce que tout le parcours balanique de l’urèthre était transformé en une étroite cicatrice.

Ilest vraisemblable que, dans l’un et l’autre cas, nous avons eu affaire à de la lymphangite suppurée. Les ulcérations gommeuses d’un côté, les érosions de l’uréthre enflammé de l’autre, ont permis l'introduction des agents infectieux dans les vaisseaux lymphatiques.

L’intensité et la diffusion des phénomènes inflammatoires s'expliquent, dans le premier cas, par une phlegmasie intense de l’urèthre qui a retenti jusque dans les articulations ; quant au dernier cas, il ne faut pas oublier que c’estun syphilitiqueetque, de ce fait, lasuppuration des lympha-

HET RENNE tiques est peut-être plus facile et peut-être plus intense. Déjà, dans sa thèse, Verdier avait remarqué que, dans la plupart des cas d’abcès lymphagitiques observés au cours du chancre mou, les sujets étaient des syphilitiques.

Ne pourrions-nous pas admettre, avec lui, que la vérole détermine, du côté des vaisseaux lymphatiques, une altération chronique de leur paroi capable de diminuer leur résistance et de favoriser par conséquent leur suppuration dès qu’à la faveur d’une érosion quelconque s’accomplit la pénétration des microbes ?

Mais il reste une chose inexplicable : c’est la production secondaire de la fistule urinaire. Fautil invoquer le mauvais état des tissus en général chez un syphilitique, ou l'intervention tardive qui à été faite chez le sujet en question, ou, simplement, lemauvais état de l’urèthre, attaqué luimême par l’extension des ulcérations du gland ?

Dans tous les cas, l’intervention précoce s’impose, pour l'ouverture de ces abcès, comme pour tous les abcès en général. La guérison est plus rapide et les délabrements locaux moins marqués.

Page 1