‹ Contribution à l'étude des abcès péripharyngiensChapitre 10 sur 24 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Nous ne ferons ici que rappeler rapidement les symptômes qui caractérisent les deux groupes d'abcès péripharyngiens ; ils sont connus d'ailleurs et ont été fort bien exposés par tous les auteurs classiques.

Abcès rétro-pharyngiens. — Tout d'abord on assiste presque toujours à une première période « angineuse » comme l'a nommée Gautier (de Genève) ou à un coryza plus ou moins prolongé, surtout chez les enfants à la mamelle. — Au but d’un temps variable, les ganglions sont infectés et l'évolution commence revêtant deux formes, aiguë ou subaiguë.

Dans la forme aiguë, la plus commune, le début est brusque avec frissons, fièvre, convulsions parfois, vo-

missements et céphalalgie. Ensuite paraissent les symptômes fonctionnels d'une angine intense, avec exagération de la douleur dans les mouvements de la tête, et dyspnée plus accentuée que ne le comporte un mal de gorge ordinaire. La gorge, rouge, présente une tuméfaction asymétrique sur la paroi postérieure du pharynx; le doigt v révèle un empâtement non fluctuant.

Jusqu'alors il n'y a qu'adénite et la terminaison par résolution, pour être rare, est encore possible. — Si l’évolution continue comme c'est la règle, la douleur augmente, la voix change de timbre, la dysphagie s'établit et la dyspnée, de plus en plus accentuée avec tirage et souvent crises de suffocation, rend l'asphyxie menaçante. Les mâchoires contractées rendent difficile l'examen de la gorge à la vue; on l'aperçoit cependant écarlate. Au toucher, on sent, cette fois, une masse rénitente au milieu d'un empâtement diffus, et en ce point précis on peut percevoir le choc en retour affirmant la collection liquide.

L'état général est la plupart du temps inquiétant et la température entre 39° et 40°.

Dans la forme subaiguë, la période angineuse dure plus longtemps, la période d’adénite évolue et semble se terminer par résolution lorsque la suppuration survient tardivement, quelquefois après plusieurs semaines.

Abcès latéro-pharyngiens. — Dans ceux-ci, la dyspnée est bien moins accusée, mais les convulsions, . M. ; $

MP de les vomissements et le trismus y prédominent. Le gonflement paraît à la partie supérieure et latérale du cou ; par la bouche, on voit la gorge rouge et gonflée, surtout d'un côte ; l'amygdale est refoulée en dedans, mais beaucoup moins que dans le phlegmon amygdalien. Le doigt sent, par la bouche, une tuméfaction en arrière et en dehors de l’amygdale ; si l'on palpe en même temps la région de l'angle de la mâchoire, on a de la fluctuation. C’est dans ces cas qu'il faut avoir soin de chercher les battements de la carotide interne par le palper pharyngien, dans le cas où l'artère aurait été refoulée par la collection.

Quand les phlegmons latéro-pharyngiens gagnent vers les parties antéro-latérales du larynx et de l'extrémité supérieure de la trachée, on a généralement du tirage avec des phénomènes dyspnéiques très déve loppés.

Il en est de même dans les cas mal connus de phlegmon développé entre la face postérieure du larynx et le pharynx, mais leur origine est peut-être plus souvent laryngée.

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