‹ Contribution à l'étude des abcès péripharyngiensChapitre 17 sur 24 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Marguerite D..., âgée de 28 mois. Consultation de l'hôpital Trousseau, 24 juillet 1893.

Antécédents. — Le père et la mère de l'enfant sont vivants et bien portants; cinq autres enfants jouissent d’une bonne santé ; un autre est mort en bas âge de convulsions.

Cet enfant, élevée au biberon, aurait eu une série de furoncles au cuir chevelu et un abcès au niveau de l'épaule. Au commencement du mois de juillet, elle a eu de la diarrhée pendant quelques jours ; puis elle a présenté de 1a fièvre à la suite pendant une quinzaine de jours.

Depuis huit jours environ, la mère s’est aperçue que l'enfant était un peu gênée en respirant et ronflait en dormant; de plus, la déglutition était gênée, et chaque fois qu’elle voulait boire la petite malade avalait de travers. Toutefois, elle n'avait jamais eu d'accès de suffocation véritable, ni de tirage maniteste.

Depuis, tous ces symptômes n'ont fait qu'augmenter.

24 juillet. Etat actuel. — À l’examen, on constate au fond de la gorge la présence d’une tumeur volumineuse, molle, rénitente et donnant la sensation du choc en retour à la pression. Cette tumeur occupe la moitié droite du pharynx et dépasse la ligne médiane pour empiéter du côté gauche. À gauche, la

tumeur est peu étendue et bien nettement limitée ; du côté droit, an contraire, le volume est de beaucoup supérieur et la tuméfaction très étendue est mal délimitée, surtout inférieurement, où il est impossible d’apprécier exactement ses limites.

Entre le doigt introduit dans la gorge et la main explorant la région sterno-mastoidienne supérieure vers l'angle du maxillaire inférieur, on ne sent ni tumeur ni empâtement profond. L'abcès refoule fortemeni l’amygdale droite et le voile du palais.

Le jour même, on incise cet abcès par la voie buccale avec un bistouri garni de diachylon. L’incision faite est verticale. Il s'écoule une grande quantité de pus verdâtre et extrêmement tétide.

Les suites furent des plus simples ; les troubles de la respiration et de la déglutition disparurent de suite, et la malade fut rapidement guérie d’une façon parfaite.

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