‹ Contribution à l'étude des abcès péripharyngiensChapitre 18 sur 24 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Julien G..., âgé de 14 ans, entre à l'hôpital Trousseau, salle Denonvilliers dans le service du docteur Lannelongue, M. Broca assistant, le 17 août 18093. ;

A ntécédents. — Cet enfant a eu l’année précédente, au mois d'août un abcès péri-amygdalien du côté droit, qui a été incisé et a bien guéri.

Histoire actuelle. — Mercredi dernier il a commencé à souffrir de la gorge, mais cependant il pouvait encore manger et déglutir sans trop de douleur.

Le jeudi matin, la douleur est plus vive, l'enfant ne peut rien avaler.

Pas de frisson initial, pas de fièvre vive.

Etat actuel. — Le 18 août, à l'examen de la gorge, on

HET A 7 Lee constate de la rougeur surtout accentuée au niveau du pilier | antérieur du voile du palais; ce pilier est en outre déformé, volumineux et tendu, il fait saillie dans la bouche, sous forme d'une tumeur assez grosse à contours mal délimités.

Le doigt promené doucement sur la tumeur permet de sentir assez nettement un point dépressible, allongé en forme de boutonnière ; on a une sensation analogue à celle que donne le doigt promené sur le lobule du nez, les cartilages laissant une boutonnière longitudinale dépressible.

Au repos, l'enfant ne souffre pas, mais la moindre tentative de déglutition, même pour avaler la salive, réveille de vives douleurs ; il va sans dire que le malade ne peut absolument pas manger et qu’il ne boit que très difficilement.

L’exploration de la gorge avec le doigt n’est pas trop douloureuse.

Les ganglions sous-maxillaires sont un peu tuméfiés et douloureux à la pression.

12 août. Au niveau du point dépressible bien senti avec le doigt on ouvre l’abcès au bistouri garni de diachylon et par la voie buccale. Il s'écoule une grande quantité de pus très fétide. Lavages fréquents de la bouche avec une solution tiède de chloral à 2 pour 100.

20 août. La température qui n'avait cessé d’osciller entre 380 et 39° tombe à 37°. La dyspnée, la dysphagie ont complètement disparu et le malade ne souffre plus et avale facilement. Il sort guéri.

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