TRAITEMENT
L'un des points les plus importants dans l'étude des abcès péripharyngiens est, sans conteste, celui du traitement dont ils sont justiciables. — Le diagnostic
posé, c'est de l'intervention que dépendra le pronostic;
sans elle l'enfant est voué à une mort à peu près certaine et rapide, avec elle, la guérison s'observe heureusement le plus souvent. Le traitement a donc en la matière un intérêt capital.
Il existe une poche purulente, l'indication absolue qui se pose immédiatement c'est d'évacuer la collection et de l'évacuer de façon à ce qu'elle se vide bien.
Il faut le faire vite et sans hésitation car les accidents asphyxiques sont menaçants et la vie du malade est entre les mains du chirurgien tout comme dans la trachéotomie.
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Mais par où faudra-t-il l’aborder cette collection purulente ?
Autrefois les classiques avaient érigé en régle générale que ces abcès devaient être opérés par la voie bucco-pharyngée, sauf de très rares exceptions pour les cas où l'abcès était devenu pour ainsi dire souscutané.
M. Phocas (1), professeur agrégé à la faculté de Médecine de Lille, s'est efforcé de détruire ce principe et d'établir que les abcès péripharyngiens étant tous latéraux, doivent tous et toujours être incisés par l'extérieur. — À priori, une conclusion aussi absolue doit être fausse ; en clinique chaque cas diffère plus ou moins des autres et l'intervention doit être plus ou moins modifiée pour s'approprier ce cas particulier. — On peut donc poser d'une façon absolue l'indication « Evacuer le pus » mais non pas la manière de le faire. $
L'auteur s'efforce de démontrer que la voie buccale est mauvaise dans tous les cas. — Comme toutes les opérations qui se pratiquent dans la bouche, dit-il, l'ouverture de l’abcès par voie pharyngienne est difficile et la difficulté est accrue parce qu'il faut opérer à main levée, sans anesthésie. — En effet la chloroformisation dans un cas de ce genre faillit être fatale (Giraldès). Mais il nous semble que l’anesthésie, si elle est contre-indiquée, c'est bien pute a cause des syinp-
(1) Phocas. Semaine médicale, 1892, p. 522 et 523.
SAONE tomes asphyxiques qu'en raison du mode d'intervention ; dans le cas qu'il rapporte, M. Phocas avait chloroformé sa malade pour ouvrir l'abcès par voie cutanée.
Un autre reproche fait à la voie pharyngienne par le mème auteur, c'est l'obligation d'agir à l'aveugle sur un enfant qui se débat, d'où l'intervention sera dramatique el peu élégante. \
Enfin la voie buccale expose aux hémorrhagies, à l'introduction du pus dans les voies respiratoires d'où l'asphyxie, et à la septicémie. L'ouverture ainsi faite se referme trop vite et il faut intervenir de nouveau ; de plus les lavages de l'abcès sont impossibles, l'antisepsie irréalisable et la guérison sera lente et incertaine.
Pour toutes ces raisons M. Phocas se rattache au procédé employé pour la première fois en 1877 par Etienne, d'Edimbourg, et préconisé depuis par Watson Cheyne (1), par Burkhardt (2), par Pollard (3) et par Kramer (4), l'incision par la voie cutanée.
À la fin de son article, M. Phocas s'exprime ainsi : « Reste à savoir si la voie cutanée est applicable dans « la généralité des cas ; nous le croyons et nous fondons « notre opinion sur la notion classique du siège laté- « ral des abcès rétro-pharyngiens. »
(1) Watson-Cheyne (Mèd. Times and Gaz., 1881, t: Il, p. 254). (2) Burkhardt (Würt. cortesp, bl., 1888, n° 0).
(3) Pollard. The Lancet. 13 février 1802.
(4) Kramer. Centr. bi. f. chir., 1802, p. 284.