OBSERVATION III
(M. Courtois-Sufüt, Société médicale des hôpitaux, p. 1296, Paris, 1897.)
Femme âgée de vingt-neuf ans, Marie L..., entre à l'hôpital Beaujon le 1e° août.
Antécédents héréditaires bons.
Passé pathologique intéressant.
Réglée à treize ans. Trois enfants, dont le premier mort à deux mois. En 1894, fausse-couche de deux mois. Depuis, pertes blanches et douleurs de ventre constantes.
En 1895, à la suite de fatigues, signes d'ulcère de l'estomac. Le cortège symptomatique persiste jusqu’en 1897.
Le 16 juillet de cette année, cette femme fut prise d’une douleur extrêmement violente dans la région épigastrique, douleur qui irradia dans tout l'abdomen. Vers huit heüres du soir, les douleurs abdominales redoublèrent d’acuité et devinrent assez intenses pour provoquer des cris. Des nausées, des vomissements glaireux et bilieux apparurent et la malade perdit connaissance.
Deux médecins appelés à ce moment ordonnèrent le repos absolu des cataplasmes laudanisés.
Le lendemain matin, la malade entra à l'hôpital Beaujon, dans le service de M. Lucas-Championnière,
Les douleurs persistèrent toute la journée, se calmèrent pendant la nuit. Elles avaient cessé le lendemain matin.
Sortie de l'hôpital guérie, la malade, quelques jours après, perdit de nouveau connaissance; elle fut transportée chez elle, Nouvelles douleurs abdominales plus violentes au niveau de la région épigastrique. Diarrhée abondante, fièvre élevée, état général mauvais. La malade entre dans mon service le 2 août.
Etendue, immobile dans le décubitus horizontal, cette femme se plaint peu du ventre spontanément, Pommettes colorées, visage couvert de sueurs, température 40 degrés, pouls 120.
Ge qui, en poursuivant méthodiquement l'examen, attira le plus mon attention, fut l'aspect irrégulièrement ballonné du ventre.