OBSERVATION II
Léopozp-Lévi et Kous.
11 s’agit d’une malade à qui le docteur Jayle avait pratiqué l’ablation des ovaires et de l'utérus pour un fibrome utérin et qui manifesta ultérieurement, à diverses reprises, des crises de coliques néplirétiques avec vives réactions.
Le 15 février 1922, à 9 heures du matin, elle est prise subitement d'une colique néphrétique. À 22 heures, la température monte à 41°5. Survient du délire. La respiration est irrégulière, le pouls imperceplible. On pratique des injections de caféine, d'huile camphrée, d’éther. À 4 heure du matin, la malade reprend conscience. Le pouls reste encore imperceptible le lendemain à 9 heures. A midi, on n'obtient aucune oscillation de l'aiguille de l’oscillomètre de Pachon à la radiale, tant à gauche qu'à droite. A l'humérale, la tension maxima est de 8 centimètres. Une injection sous-cutanée de 1 cc. de solution d’adrénaline au 1/1000°, faite dans la région trochantérienne en même temps qu'une injection du lobe postérieur d’hypophyse, est bien supportée. Vers 2 heures, on pratique au flanc gauche, dans la région sous-cutanée, une injection de 200 cc. de sérum glucosé dans lequel on a dilué 2 cc. de la solution d’adrénaline au 1/1000°. À 17 heures, la tension maxima est à peine dècelable à l’oscillomètre au niveau de la radiale; elle est de 9 à l’humérale (la p. m. est à 4).
A ce moment (16 février), on constate au niveau de la piqûre une zone lie de vin d'environ 8 centimètres sur 5, de forme ovalaire, entourée d’une zone blanche s'étendant vers la région rénale (partie déclive, la malade étant couchée). À 22 heures, la zone livide est devenue plus foncée, la zone blanche, diminuée d’étendue, encercle d’une façon régulière la première zone. Dans la région la plus déclive existe une petite plaque rosée, arrondie, avec deux taches plus colorées dans son intérieur.
Le lendemain (17 février), la malade éprouve dans la zone morbide la sensation de peau glacée et morte. L'aspect s'est modifié; là zone centrale s’est décomposée en zone moins colorée, avec petits
LE
intervalles de peau saine; la zone périphérique, plus étendue, est devenue rosée, comme congestive. Une application d'ambrine fait constater dé l’anesthésie au niveau de la plaque centrale, de l'hyperesthésie sur la zone périphérique, une sensation dechaleur en dehors de cette zone. Huit jours après l'injection, apparaît le long du bord supérieur de la crête iliaque, sous la peau, un cordon dur donnant l'impression sous le doigt d’un paquet de drains. Cette grosseur s'étend les jours suivants vers l’ombilic et forme un gâteau très dur mesurant 20 centimètres sur 15 centimètres environ.
Vers le 1% mars, une phlyctène apparaît au centre de la tache lie de vin. À
Le 5 mars, une ponction exploratrice donne lieu à l'issue de pus café au lait légèrement rougeâtre qui, sur le frottis, montre des polynucléaires sans traces de microorganismes. Le même jour, le docteur Jayle procède à une intervention chirurgicale dont les suites durent cinq semaines jusqu’à la guérison. Le dosage de l’urée dans le sang, fait en février 1921, avait donné O0 gr. 48 par litre. La malade a une pyélonéphrite très légère avec lithiase phosphatique.
Actuellement, les urines sont parfaitement claires, mais huit mois avant l'accident, elle a eu une première crise néphrétique et a éliminé un calcul phosphatique.