IV. Traitement
Nous envisagerons un traitement préventif et un traitement curatif.
O0 û 0 . û , { n pourrait nous objecter que le meilleur traitement préventif serait l'abandon des injections sous-cutanées de sérums
artificiels adrénalinés. L'erreur serait grande et l'on se priverait ainsi d'un médicament précieux dans le traitement des affections où la modification des valeurs de la tension artérielle exige spécialement le relèvement du tonus vasculaire pendant un temps assez long. |
Par la voie digestive, l'adrénaline se décompose rapidement, soit dans les préparations pharmaceutiques où on l'incorpore, soit au contact des sucs digestifs; du reste, son action est lente ainsi administrée.
La voie veineuse procure une action immédiate, intense, mais très courte, trois ou quatre minutes à peine. D'autre part, Arnaud signale, dans la Loire médicale, des sphacèles en masse de la muqueuse rectale après des instillations intrarectales de sérum adrénaliné.
L'adrénaline employée en solution au 1/1000°, pure, par voie sous-cutanée, produirait une action rapide, mais fugace, parce que vite absorbée.
Nous pensons — et nous sommes en cela d'accord avec la
plupart des auteurs — que la grande quantité de sérum injectée était à incriminer dans tous les cas de sphacèle. Il nous paraît prudent, pour les éviter, de ne pas dépasser en un même point d'injection les doses d'un demi-milligramme d'adrénaline et de 50 cc. de sérum. Rien ne s'oppose à ce que l'on injecte simultanément, en un autre point, un volume plus important de sérum physiologique non adrénaliné.
Nous insisterons aussi sur la nécessité d'employer un produit sûr, de fabrication récente, stérile et enfermé dans des ampoules en verre jaune, conservées à l'abri de la lumière et de Ia chaleur. La solution au 1/1000° sera aspirée de l’ampoule juste au moment de l'emploi pour être mélangée au sérum. Enfin, il faudra, bien entendu, veiller à ce que l'injection soit faite avec des instruments stériles et le plus aseptiquement possible. Elle sera franchement sous-cutanée et il sera bon de s'assurer que l'aiguille n’a pas pénétré dans la lumière d'un vaisseau. Préventivement, on appliquera sur La boule d'œdème des pansements humides chauds pour favoriser la vaso-dilatation et combattre l'ischémie.
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Du côté du sujet, il faudra, de toute nécessité, connaître son tonus vasculaire. On l'appréciera par l'examen préalable de l'indice oscillométrique qui, « toutes choses égales du côté de l'impulsion cardiaque, traduit la valeur du calibre vasculaire » (Pachon).
Le traitement curatif des accidents sphacéliques retiendra notre attention moins longtemps. Nous devrons consacrer tous nos efforts à éviter les infections secondaires. Des pansements aseptiques, des irrigations au liquide de Dakin, des pulvérisations d’eau oxygénée dans certains cas constitueront la base du traitement. En cas de décollements très étendus de la peau, il pourra être nécessaire d'intervenir chirurgicalement pour ‘en enlever les tissus nécrosés et faire du drainage. Si la plaie est très vaste, si la réparation est lente, on obtiendra de bons résultats en pratiquant une suture secondaire des lèvres de la plaie ou en faisant des greffes de Thiersch sur lesquelles on appliquera un pansement au tulle gras, comme l'ont fait Lacouture et Marc Rivière. |
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