‹ Contribution à l'Etude des Accidents du SkiChapitre 10 sur 22 · SANS · texte numérisé non relu

SANS

fonctionnelle totale du bras. Il s'agissait d’une luxation acromio-claviculaire avec fort déplacement qui nécessita une suture articulaire au fil de bronze. Guérison sans séquelles.

Mais c’est au membre inférieur que nous trouverons les lésions les plus nombreuses et les plus particulières. Là, nous aurons deux grands groupes des lésions : les entorses du cou-de-pied et celles du genou. D’après Minelli, il est à noter, que l’entorse du genou est plus fréquente dans le sexe féminin (48 % contre 10 % chez l’homme) et que Ja règle inverse est exacte en ce qui concerne l’entorse du cou-de-pied.

L’entorse du cou-de-pied est l'accident le plus fréquent du ski. Il a pour cause la solidarité qui existe entre le pied et le ski ; c’est pour la même raison que se feront les entorses du genou et celles, plus rares, de la hanche. Dès qu’une faute de technique ou un aceident de terrain bloquera la jambe en rotation interne et flexion, la chute qui s’en suit va forcer les ligaments articulaires. Si ceux-ci résistent pour une raison ou pour une autre, ce sera l’os qui cédera. Par ce mécanisme, nous trouvons la pathogénie de toutes les lésions du membre inférieur.

Il sera donc facile de comprendre dès lors, que ies 99 % des entorses du cou-de-pied siègeront à la malléole externe Le ligament latéral externe et le ligament péronéo-astragalien sont le plus souvent intéressés dans l’entorse simple. Très vite, il se formera un volumineux œdème péri-malléolaire qui s'accompagne habituellement d’une impotence fonctionnelle complète.

PE |. ae

OBS. — M. G..., 28 ans, skieur moyen. En effecluant un chasse-neige dans un chemin de forêt, son ski gauche est dévié par une pierre et croise le ski droit ; il s'ensuit une forte rotation autour de la jambe droite qui fléchit. À ce moment, vive douleur à la cheville, suivie d’impotence totale qui nécessite une descente en luge. À son arrivée à la clinique, tout le cou-depied est très enflé du côté externe et la radiographie ne révèle aucune lésion osseuse. L’entorse, guérit par de la révulsion chaude et des massages légers, suiv. de mobilisation précoce. |

Il existe également des entorses graves avec un délabrement. important des ligaments, accompagné souvent d’arrachements osseux, intéressant surtout la pointe de la malléole externe. Dans ce cas l’importance des lésions articulaires masque la lésion osseuse et fait commettre des erreurs de traitement comme la mobilisation précoce ou linfiltration.

La lésion, qui fait suite à l’entorse de la cheville, est celle du genou. C’est toujours le même mécanisme qui joue. Mais là nous verrons le ligament latéral interne céder à l'effort de torsion du membre. En ce qui concerne ces entorses du genou, nous ferons une distinction entre l’entorse commune avec participation dans la lésion d’une réaction articulaire et J’atteinte du ligament latéral interne, seul déterminant le « Skipunkt » des Allemands.

: OBS. — Mlle M... 19 ans, débutante. Pendant une descente sur le terrain d'exercices, son ski gauche pris dans une ornière donne de la carre externe, dévie, croise la spatule droite et provoque une chute en

Page 1