‹ Contribution à l'Etude des Accidents du SkiChapitre 5 sur 22 · LES CAUSES DES ACCIDENTS · texte numérisé non relu

LES CAUSES DES ACCIDENTS

I nous a fallu faire une distinction entre les différentes causes des accidents sans toutefois avoir la prétention de donner une classification absolue. Celle que nous avons adoptée n’a d’autre but que de mettre en évidence le fait que certaines causes peuvent être écartées et évitées par le skieur et que d’autre part plusieurs causes jouent dans le mécanisme d’un seul accident. Nous considérerons donc : les influences générales prédisposantes, et les causes inhérentes à

la pratique du ski.

Il. — Les influences générales prédisposantes

Nous passerons rapidement sur certaines influences néfastes aux sports en général, telle que la constitution physique. Il est évident que le ski ne doit pas être pratiqué par un être faible, maladif, ou par un convalescent. D’après Marguet le ski permet de

- brûler jusqu’à 700 calories à l'heure; c’est-à-dire une très grande quantité de graisse de réserve. On concoit facilement que la santé joue un rôle primordial dans ce sport. |

Le sexe intervient également. L'appareil articulaire de la femme étant plus souple et sa musculature

GRUNEWALD 2

PES à A

plus faible, il en résultera une tendance chez elle à faire des entorses. La fréquence de l’entorse du genou chez la femme s'explique, d’après Lazorthe, par un bassin plus large entraînant un écartement plus grand des fémurs.

Le mode de vié a son influence. Nous avons remarqué le nombre énorme de sédentaires, de bureaucrates, peu habitués à l’exercice physique parmi les accidentés.

Le changement brusque de climat et d’altitude peut être néfaste. Bien souvent le skieur quitte la ville le soir et voyage toute une nuit pour gagner du temps; il se trouve ainsi, en quelques heures, transporté, dans des conditions atmosphériques très différentes. Trop pressé de s’adonner à son sport, il sera souvent pris d’une défaillance qui vient du manque d'adaptation à l'altitude et surtout au froid.

OBS. — Mme, Of. 32 ans, skieuse moyenne, fait à Noël 1936 un voyage en Savoie. Après une nuit de train, elle effectue une montée en téléférique et amorce une descente. Elle dit avoir été prise d’une faiblesse brusque dans les jambes et d’une sorte d’étourdissement qui déterminèrent une chute au moment d’un virage en chasse-neige. On relève l’accidentée avec une fracture isolée du tibia qui guérit normalement sous plâtre. Mme O.. conserve une faiblesse nette dans cette jambe qui est cause deux ans plus tard d’une grave entorse de la cheville au même pied.

Cette observation illustre une autre cause d’acci-

Page 1