TRAITEMENT DES ACCIDENTS CONSTITUÉS
Les ulcérations de la langue ou des muqueuses causées par une dent de sagesse déviée, seront justiciables d’un traitement analogue à celui des ulcérations dentaires banales : cautérisation de la surface de l’ulcération, antisepsie buccale et, surtout, extraction de la dent qui amènera leur rapide disparition.
En ce qui concerne les accidents véritables d’évolution ou de désinclusion, nous n’envisagerons pas ici le traitement des grosses complications infectieuses, qui sortirait du cadre de notre étude et s'inspire d’ailleurs des lois habituelles de la chirurgie.
Nous ne nous occuperons donc que du traitement des accidents de péricoronarite qui seuls intéressent le dentiste ou le stomatologiste,
Technique de l’Extraction
Figure 1.
Figure ?.
Figure 3,
D'après A. BERGEI
> Molaire supérieure incluse.
Figure 4. Figure 5.
Figure 7.
Interest, Avril 1923,
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Dans quelques cas légers, des bains de bouche prolongés, des cautérisations antiseptiques de la muqueuse gingivale, ou son débridement au thermocautère, pourront amener la guérison et permettre l’éruption de la dent. Mais, si les symptômes persistent, si la dent n’a pas de tendance à évoluer, ou qu’elle soil incluse depuis longtemps, il faut, sans s’attarder à ces menus soins dentaires, pratiquer son extraction immédiate.
C’est la technique de l’extraction de cette dent in- cluse que nous allons exposer, d’après la méthode décrite par Berger dans le Dental items of interest :
L’extraction d’une troisième molaire supérieure incluse s'effectue en général très facilement, plus facilement même que celle de tout autre dent incluse; la seule difficulté réside dans la situation de la région de la tubérosité difficilement accessible. Le principal danger de cette extraction est la possibilité de faire pénétrer la dent dans le sinus maxillaire ou de fracturer une partie de la tubérosité. On a rapporté plusieurs cas de ce genre où la dent forcée jusque dans la fente sphéno-maxillaire, avait causé de sérieuses complications et nécessité pour son enlèvement une incision externe.
Sauf dans quelques cas particuliers, notamment si un trismus rebelle ne permet pas l’écartement des mâchoires, on n’aura pas recours à l’anesthésie générale.
Après stérilisation de la gencive par assèchement et badigeonnage à la teinture d’iode, on tracera sur la muqueuse une incision tangente àu bord postérieur
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de la deuxième molaire. Partie sur le côté lingual d’un point un peu antérieur à celui où se trouverait situé l’apex d’une dent normalement évoluée, elle s’étendra jusqu’à un point correspondant sur le côté buccal (fig. 1 et 2).
Si la tubérosité n’est pas très saillante, on pourra en réclinant la muqueuse en arrière, découvrir l’aire osseuse correspondant à la dent incluse (fig. 3). Si, au contraire, la tubérosité est proéminente, on pratiquera sur le bord alvéolaire une incision perpendiculaire à la première, qui permettra de séparer deux lambeaux triangulaires qui seront réclinés de chaque côté (fig. 4 et 5).
La dent peut alors apparaître sous le périoste; maïs, si elle est entièrement cachée dans son alvéole osseuse, on détruira à la gouge ou à la fraise toute la paroi osseuse qui la recouvre, jusqu’à ce que sa couronne soit entièrement dégagée (fig. 6 et 7). La dent peut alors être saisie avec le davier, et quelques mouvements de latéralité permettront de la luxer facilement en bas et en dehors. Mais si la prise n’est pas bonne, il faut éviter, en essayant -d’enfoncer les mors, d'exercer sur elle une pression de bas en haut, qui pourrait enfoncer la paroi du sinus.
Si la radiographie indique que la dent a une forme irrégulière et que ses racines sont très près du sinus, ou entrent en contact direct avec lui, l’extraction devra s'effectuer très doucement, avec de grandes précautions, pour éviter de fracturer la lame osseuse formant le plancher du sinus.
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Apres l'extraction, on nettoiera soigneusement la plaie; on enlèvera toutes les esquilles et les fongosités et on égalisera les aspérités osseuses du rebord alvéolaire. Dans les cas où l'infection de la cavité péricoronaire aura déterminé un foyer d’ostéite, il sera nécessaire de pratiquer un curettage minutieux, nmiais qui devra toujours être effectué avec la plus grande délicatesse, pour ne pas risquer de pénétrer dans la cavité sinusienne. 3
La guérison se produit, en général, rapidement, cependant, quelques auteurs recommandent, pour faciliter la cicatrisation, de rapprocher et suturer les lambeaux gingivaux, en laissant une mèche de gaze iodoformée pendant quelques jours, pour permettre le dranage de la cavité. De toutes façons, on recommandera au malade de fréquents lavages, des bains de bouche prolongés, en un mot, l’antisepsie buccale la plus stricte possible jusqu’à la cicatrisation complète.
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