PREMIÈRE PARTIE
Historique
L'idée de l'accouchement prématuré remonte fort loin, ainsi qu'en témoigne un médecin grec vers la fin du IVe siècle. Nous la trouvons encore plus avant avec la renommée de la célôbre matrone Apasie. Il s'agit plutôt dans ce cas d’avortement, mais nous voyons que néanmoins, dès cette époque, on connaissait des manœuvres efficaces pour interrompre le cours de la grossesse.
C'est Guillemeau qui, en France, nous laisse dès 1571 quelques indications sur l'accouchement provoqué. Dès le commencement du xvrre siècle, une sage-femme, Louise Bourgeois et un médecin, Rousset, s ‘emparent des idées exprimées par leur devancier et leur donnent de J'extension. Ce sonteux qui conseillent d'introduire vivement la main dans la matrice, afin d’accoucher la femme promplement à quelque époque que ce soit, pour conserver sa vie (1609).
Dès 1759, Puzos rend le procédé classique et lui donne un droit de cité que les luttes et les discussions continuelles ne pourront pas lui enlever désormais. Leroux et
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Gardin en 1796 suivent son exemple en modifiant sa méthode. À ce moment déjà, la lutte est vive entre partisans et adversaires qui, en 1827, portent le conflit devant l’Académie de médecine de Paris. Cette docte assemblée, prêtant l'oreille à des considérations de casuistique la réprouve comme un acte immoral, attendu qu'il est coupable d’interrornpre la grossesse. Dans la même année, l’Académie de Strasbourg répondait par l'organe de Fodéré à l'ostracisme dont on voulait frapper eette opération.
Baudelocque fut un adversaire acharné de cette intervention qu'il traitait de criminelle ; Capuron ne craignit pas de renchérir en écrivant que c'était un attentat aux lois divines et humaines. Mauriceau et Deventer, au contraire, le mettaient en usage.
Stolz, de son côté luttait en sa faveur, et fort des succès obtenus venait plaider sa cause en 1830 en présence de cette même académie qui l'avait déjà condamné. Son procès fut révisé victorieusement par Dubois et dès lors il s’étendit rapidement. |
Velpeau, d'abord son adversaire, s’y rallia ensuite en 1835. Il reconnaissait que les arguments employés contre lui s’adressaient à l'avortement etil le préconisait non seulement dans les cas de bassins viciés, mais dans tous les cas où la grossesse se prolongeant met en danger la vie du fœtus ou de la mère.
Après lui nous pouvons énumérer Mme La Chapelle qui l’employait déjà depuis 1825. Pajot, Jacquemier qui, en 1846, le préfère à l'opération césarienne, Depaul et
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Thévenot en 1877. Nous ne pouvons faire l'énumération faslidieuse de tous ceux qui ffrent ‘usage de ce procédé depuis, mais les {ableaux donnés plas loin montrent que, sorti de France, il avait gagné les pays voisins,
Imporlé en Angleterre vers 1738, par Macaulay et Mary Dunally, il fit de nombreux adeptes parmi lesquels nous citerons ; James, Merriman, Campbell, Kelly et Burns. Nous voyons en 1756, à Londres une réunion de médecins déclarer que cette pratique est avantageuse el conforme à la morale malgré la vive opposition de Nisbet et d'Ashwel. Simpson défend le procédé de l’arrachement du placenta avec lequel il obtient de nombreux accidents.
L'Allemagne lui fitun très favorable accueil. Wiedman le met en usage en 1774 mais la première indication des moyens ef des circonstances est due au célèbre mémoire de May en 1799. Klüge, Ritgen et Nœgelè enrichissent ce procédé de nouveaux succès malgré les efforts.de De: Bier et d'Ossiander. Nous le retrouvons au commencement du siècle avec. Krause qui crée son procédé en 1815, avec Wenizel en 1818 et Reisinger en 1820. Nous enregistrons encore le témoignage du professeur Léopold de Dresde qui écrit : Il doit étre préféré à la Symphyséotomie. qui est. une opéralion réservée à la clinique. |
Presque à la même époque il s'étend partout, Il se crée une voie en Italie sous le palronage de Lovati et: lerrario en 1829 et plus tard du professeur Bili, de- Milan:
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Salomon, de Leyde, l’introduit en Hollande en 1825, où Welemberg continua la tâche commencée par son maître. Paul Scheel le fait connaître en Danemark ef Van Hendel lui donne droit de cité an Belgique en 1837.
De nos jours l'accouchement provoqué se retrouve én
Allemagne où depuis son introduction il était resté très
en honneur.
Il a gagné la Russie ainsi qu’en témoignent les travaux du professeur Marssman et Baladin de Saint-Pétersbourg
. qui conelut dans son rapport au congrès de Parme en 1891 : l'accouchement prématuré artificiel est, sous la sauvegarde
de l'antisepsie une excellente opération pour la mère et pour l'enfant. - |
En Italie, le D° Calderini, de Parme, le préfère à la symphyséotomie que a mortalité maternelle lui fait rejeter, le Dr Dorhn en Allemagne est du même avis.
En Amérique, au congrès des obstétriciens et gynécologistes de Washington, le D: Stanton s'élève contre le reproche qu'on lui adresse de sacrifier les enfants. Le D' Lonkager à la Société obstétricale de Philadelphie (1888) lisait un mémoire concluant à l'accouchement prématuré dans les rétrécissements du bassin.
En France depuis ces dernières années nous 'recueillons de nombreux témoignages analogues : ceux du D' Sylva, (1893), du D° Eddé qui écrit : L'accouchement provoq ué doit conserver la préférence pendant la grossesse, réservant la symphyséotomie aux cas où la femme, atteinte de viciation pelvienne, ne s’est jamais fait examiner el se
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présente près du terme (1894), du D'Gotchaux, du Dr Perret (1895) qui conclut : l'accouchement prématuré artificiel est la seule ressource de la généralité des Médecins, pour lesquels la Symphyséotomie reste une opération impraticable.
Plus récemment encore, nous trouvons l'appui du professeur Crouzat dont nous donnons plus loin la statistique et qui le préfère à la Symphyséotomie, Opération aléatoire et dangereuse. à |
Sans continuer notre énumération terminons par les noms de quelques maîtres Français qui rapportaient dans
les divers Congrès et les diverses Revues les brillants résultats obtenus par eux :
MM. les Professeurs Tarnier, Pinard, Varnier, Porak, Eu
stache, Champetier, Boissard, qui ont, par des perfectionnements successifs, rendu la méthode ce qu’elle est aujourd’hui,
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