LE CON RS
beaucoup plus fastidieuses pour la patiente et pour l'accoucheur que nécessite par exemple la douche de Kiwisch ; il faut noter aussi qu'après 24 où 48 heures d'essais infructueux on est parfis obligé de recourir à un autre procédé. Quant au conducteur de appareil Tarnier ou de tout autre ballon, il n'est pas plus facile à introduire car la grande difficulté est d'arriver dans l'ouverture du col et, une fois ° ce temps accompli, la sonde molle pénètre en général facilement.
Si le conducteur Tarnier, qui est métallique et rigide, pénètre parfois plus aisément quand il faut forcer l’orifice inlerne du col, il est aussi plus dangereux par manque de souplesse, souplesse à laqnel!'e est due précisément la sûreté de la sonde. Au moindre obstacle offert Ja sonde plie, par suite elle ne peut blesser l'utérus : et les quelques difficultés que peut offrir son introduction sont largement compensées pour l’accoucheur, sûr de ne pas employer un procédé de force.
Rupture de la poche des eaux. — Ce fait a lieu bien rarement, précisément à cause de la souplesse de la sonde, bien qu'il puisse arriver qu'il se produise une fois en passante c'est notre cas. Mais quel estle procédé qui
soit exempt de tout reproche? Le Conducteur Tarnier peut produire le même résultat.et le produira plus sûrement si l'on emploit un peu-de vigueur pour le faire pénétrer. Une fois la sonde en place il n'y a guère de danger sauf quand la patiente n’est pas tranquillement couchée. Dans ce Cas,
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c'est un accident, pouvant se produire quelle que soit la méthode employée, celle de Krause ou toute autre.
Dangers d'introduction de germes infectieux. — Ce reproche, le plus grave de tous, n’a pas été toujours sans fondement. Il y a quelques années, en effet, alors que l’antisepsie était peu employée on avaitconstaté des accidents de ce genre. Certains accoucheurs ont même noté que dans les cas d'infection, le travail se déclarait plus tôt et
marchait plus rapidement, C'était en provoquant une endométrite septique que läsonde agissait en partie; le pro-
cessus élait plus vif, plus rapide, mais il était dù aux micro-organismes introduits avec la sonde. Depuis que l'antisepsie a été introduite en obstétrique d’une façon régulière, le procédé de Krause agit aussi sûrement, mais il semble agir plus lentement. Le travail est plus long à se déclarer mais offre, aujourd’hui, une sécurité plus complète.
On ne saurait, en effet, incriminer ce procédé en se
plaçant à ce point de vue, précisément à cause de la sim-
plieité de l'instrument : nul n'ignore qu'un instrument est d'autant plus facile à désinfecter qu'il est plus simple. Ge n’est pas l'éponge préparée, nous l'avons vu plus haut, qu'il faut préférer sous ce rapport. Quant aux divers dilateurs et ballons, étant plus compliqués, il sont de ce fait, plus difficiles à aseptiser. Notons, en passant, la ruplure possible des ampoules ou des robinets à cause de leur délicatesse. En ayant soin de faire séjourner la sonde dans un liquide antiseptique assez fort, en faisant pendant la
durée du travail quelques injections vaginales antiseptitiques, surtoul après les explorations et les manœuvres, il nous semble qu’on est à l'abri de tout reproche. Du reste, l'éloquence des chiffres parlera plus loin.
M. le professeur Pinard déclare que la sonde s’incruste dans la paroi utérine, s’y creuse uu lit, mettant ainsi les fibres musculaires à nu et créant une porte d'entrée pour les germes; il a constaté ce fait une fois à l’autopsie d'une femme morte de septicémie après l'accouchement par la méthode de Krause. C'est le seul cas, à notre connaissance, où la mort ait eu cette cause. La pratique actuelle est là aujourd'hui pour nous indiquer que les accidents maternels sont nuls.
Lenteur du procédé. — Ce reproche de lenteur est, il faut le reconnaître, plus fondé que les précédents si on compare le procédé de Krause aux méthodes de Tarnier, de Champetier ou de Boissard. Mais il est cependant plus rapide que ceux de Klüge et de Kiwisch. La durée du travail n'est guère influencée par le procédé, une fois commencé il continue sûrement et normalement. La durée du travail par ce procédé seraiten moyenne de 80 heures d'après Léopold, de 50 heures d'après Oui, et 70 heures d'après Grenet, Porak indique 51 heures ou 48 heures. À côté de ces chiffres extrèmes Braun donne une moyenne de 7 à 28 heures et Scanzoni de ‘45 heures; le professeur Pinard évaluant comparativement fixe ce temps moyen à 27 heures avec le ballon Tarnier, 35 heures avec le ballon Boissard et 13 heures avec le ballon Champetier.