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dépend d’une manière plus particulière de la vie organique ».
Avec Claude Bernard qui découvre les fonctions du sympathique cervical, le rôle du sympathique dans la régulation des sécrétions et de la température ainsi que l’action vaso-motrice, s'ouvre l’ère physiologique de létude du sympathique. De Cyon découvre les nerfs accélérateurs du cœur, les frères Weber l’action du pneumogastrique.
Puis les travaux d’Eppinger et Hess, de Langley et de Gaskell tendent à montrer que certains médicaments ont une action élective soit sur le sympathique proprement dit, soit sur le parasympathique et permettent ainsi d’en préciser la morphologie et la physiologie.
Actuellement, et après les travaux de Guillaume et de Laignel-Lavastine, nous croyons utile de continuer à conserver la distinction anatomique entre les deux systèmes et nous en rappellerons succinctement la morphologie
1° Système sympathique ou dorso-lombaire.
Il comprend :
A. Des centres cérébraux et médullaires.
— L'existence de centres corticaux semble bien probable ; on se fonde pour la soutenir sur les troubles vasomoteurs que l’on peut observer après une hémiplégie corticale, par exemple. L'existence de centres vaso-moteurs dans les noyaux gris centraux semble également certaine, mais, comme le dit Grasset : « leur action n’est pas nécessaire, mais elle est efficace, c’est-à-dire que dans certaines conditions, cette action peut s'exercer. » Les résultats obtenus par Bourguignon et Eliopoulos dans l’ionisation transcérébrale au calcium sont d’ailleurs en faveur de l’existence de ces centres. Ces auteurs considèrent, en effet, que les variations de l'indice oscillométrique qu’ils ont observées au cours de leurs expériences sont dues aux réactions des centres vaso-moteurs cérébraux.
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— Les centres médullaires sympathiques sont étagés depuis le huitième segment cervical jusqu’au troisième segment lombaire. Ils ne forment pas une chaîne continue et occupent la partie externe de la base de la corne antérieure.
B. De ces centres émanent des neurones qui passent par les rameaux communicants et gagnent ainsi la chaîne ganglionnaire sympathique, qui s'étend depuis le ganglion cervical supérieur jusqu'aux ganglions coceygiens.
C. De cette chaîne part un nouveau réseau de fibres qui gagnent les systèmes ganglionnaires splanchniques.
D. De là enfin, un dernier réseau de neurones vont aboutir directement aux viscères ou dans les petits systèmes ganglionnaires intraviscéraux.
Ce qui est donc remarquable dans la constitution de ce système, c’est la multiplicité des relais, que les Anglais appellent « synapses », qui existent entre les centres et les terminaisons sympathiques périphériques. D’autre part, les neurones ne s'arrêtent pas tous dans le ganglion répondant au rameau communicant par lequel ils sont passés, certains envoient des collatérales aux étages supérieurs et inférieurs, tandis que d’autres gagnent directement les systèmes ganglionnaires viscéraux. Cette complexité anatomique explique bien les difficultés que l’on rencontre dans l'étude des réactions du système sympathique.
2° Système parasympathique où cranio-pelvien.
Il est encore appelé système vagal et comprend deux parties nettement distinctes.
A. Parasympathique cranien constitué par le pneumogastrique qui en est la partie essentielle. Il a cette particularité de ne pas présenter sur son trajet de relais ganglionnaires multiples, ses fibres gagnant en effet directement les ganglions viscéraux. Il a un territoire très étendu et innerve même le côlon (Villemin et Dufour). À côté du pneumo-
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gastrique, on classe l’ensemble des fibres végétatives que l’on trouve dans les nerfs craniens : 3°, 5°, 7° et 9° paires en particulier,
B. Parasympathique pelvien : constitué uniquement par les filets nerveux émanant de la moelle sacro-coccygienne, il forme essentiellement le nerf pelvien ou érecteur sacré. On décrit à ce niveau un plexus colo-rectal et un plexus vésical.
De récents travaux de Cushing sur la pathogénie des ulcères de l’œsophage et de lestomac semblent démontrer l’existence de centres vaso-moteurs cérébraux parasympathiques, Cet auteur rapporte en effet plusieurs cas de mort par perforation gastrique après ablation de tumeurs cérébrales, il rapporte également des cas de mort par hématémèses dues à des ulcus gastriques chez des scléreux cérébraux. Pour Cushing, ces centres siégeraient dans les noyaux hypothalamiques du cerveau intermédiaire ; on a pu d’ailleurs les exciter par injection de post-hypophyse ou de pilocarpine dans les ventricules cérébraux du lapin et les manifestations ainsi provoquées : sueurs, larmoiement, hyperkynésie gastrique et intestinale avec hypersécrétion et hyperchlorhydrie, quelquefois même vomissements sanglants ont pu être arrêtées par des injections d’atropine, substance considérée comme ïinhibitrice du parasympathique. La section du pneumogastrique empêche également le déclanchement de ces phénomènes et Cushing en conclut que Îles fibres émanant de ce centre gagnent en grande partie le noyau du pneumogastrique.
La division du système nerveux végétatif en deux parties nettement tranchées est moins due à des nécessités d'ordre anatomique qu'à des observations physiologiques. Nous avons déjà dit que Winslow avait dû décrire plusieurs nerfs sympathiques. Bien après lui, Langley observa que, sous l'influence d’injections d’adrénaline, se produisaient dans le domaine du sympathique proprement dit des phénomènes de vaso-constriction et que ces réactions n’in-
téressaient pas le territoire innervé par le pneumogastrique.
Eppinger et Hess, dans leur mémoire, illustrèrent cet antagonisme en le présentant sous la forme d’un mouvement de balance, exprimant ainsi qu’une excitabilité monte quand l’autre descend, si bien que dans un territoire receant une double innervation organique, une diminution de l'excitabilité du parasympathique pourrait se traduire par des phénomènes équivalents à l'excitation au sympathique dans ce même territoire.
Considérant cette loi comme absolue, Eppinger et Hess décrivirent :
Un syndrome d’hypertonie sympathique; Un syndrome d'hypertonie parasympathique.
Les sujets sympathicotoniques présenteraient de la tachycardie, des palpitations fréquentes à la moindre émotion, de l'hypertension — soit constante, soit paroxystique — des bouffées de chaleur, des digestions lentes avec évacuation gastrique tardive et une hvpotonie de tout l'appareil digestif, de la sécheresse de la bouche ainsi qu’une diminution générale des sécrétions, de la mydriase.
Les individus vagotoniques auraient un pouls ralenti, de l’arythmie respiratoire, parfois des extrasystoles, une tension artérielle souvent basse, des troubles circulatoires des extrémités, de l’hypersécrétion salivaire avec parfois sensation de boule thoracique ou abdominale, un estomac petit et s’évacuant rapidement, de la constipation spasmodique, une respiration lente, du myosis.
Mais si cette opposition est assez nette en ce qui concerne le rythme cardiaque, il n’en est pas de même pour les autres fonctions que régit le système neuro-végétatif. Rapidement, les cliniciens se sont aperçus que la classification d'Eppinger et Hess était quelque peu schématique : ils ont pu observer des basedowiens chez qui des manifestations sympathicotoniques locales étaient en opposition
PAR ar
avec une tendance générale vagotonique de l'organisme *. Ils ont également vu que, suivant les moments, selon sa susceptibilité momentanée, le système neuro-végétatif d’un individu pouvait répondre à une même excitation par des réactions diamétralement opposées. C’est pourquoi la notion d'instabilité réactionnelle de l’ensemble du système a remplacé la théorie classique de Fantagonisme vagosympathique. C’est cette possibilité de réponse dans un sens, ou dans le sens opposé que Laignel-Lavastine décrit sous le nom de sympathose, Danielopolu sous le terme d’amphotonie et que Guillaume nomme neurotonie.
Pour illustrer cette nouvelle conception, Laignel-Lavastine a remplacé le schéma de la balance par celui du battant de porte, exprimant ainsi que l’excitabilité du vague et du sympathique est souvent modifiée dans le même sens : « En vertu de la loi de synergie, quand le nerf actif est excité, le nerf antagoniste augmente son tonus. »
Certains auteurs développant à l'extrême cette nouvelle conception pensent qu'il n'y a entre sympathique et parasympathique aucune différence : « Nous avons un grand système nerveux végétatif qui, anatomiquement, est divisé en deux parties et physiologiquement est une unité » (A. Kamsler. Cité par Duhem et Biancani).
Enfin, M. le Professeur Delaunay, dans un récent article de mise au point, consacré aux transmetteurs chimiques de l’influx nerveux, rappelle que pendant longtemps on a cru que celui-ci se propageait par un mécanisme purement physique et que c’est Elliot qui émit le premier l’idée de la possibilité d’une transmission chimique. En 1921, Otto Loewi montra que l’action du pneumogastrique sur le cœur de la grenouille est déterminée par la libération d’une substance inhibitrice dont il décela la présence dans le liquide de perfusion.
1. Ortez y Ramirez a récemment décrit des centres régionaux autono-
mes du tonus sympathique qui seraient au nombre de six : oculaire, respiratoire, cardiaque, thoracique, abdominal et cutané.
C’est à Henri Dale et à Cannon que l’on doit les plus importants travaux concernant cette question. Ils ont pu démontrer la réalité de la transmission chimique de l’influx nerveux, surtout pour le système neuro-végétatif l'excitation des terminaisons périphériques de ce système détermine en effet la production de substances chimiques. Dale, d’après la nature de cette substance, distingue :
Des nerfs cholinergiques, pour lesquels le transmetteur
serait l’acétylcholine.
Des nerfs adrénergiques, dont l'excitation entraînerait la
libération d’adrénaline.
Si la plupart des nerfs cholinergiques appartiennent au système parasympathique, la classification que l’étude expérimentale permet d'établir ne concorde cependant pas exactement avec la classification anatomique; c’est ainsi que l’on a montré que lacétylcholine joue aussi un rôle dans la transmission de Pinflux du sympathique proprement dit. Chez le chat, en effet, la sudation est déclanchée par une injection d’acétylcholine et non par ladrénaline, alors que les fibres des nerfs sudoraux émanent des ganglions sympathiques.
D'une façon générale cependant, l’activité du parasympathique est déterminée par l’acétylcholine : c’est cette substance qui, par l'intermédiaire des nerfs splanchniques. déclanche la $Sécrétion d’adrénaline par la médullo-surrénale (Felderg et Minz).
En ce qui concerne le sympathique, Bacq pense que deux substances interviennent : l’adrénaline qui commanderait l'effet excitateur (vaso-constriction, par exemple) et la noradrénaline pour l'effet inhibiteur (intestin).
Ainsi, comme cela s’est déjà produit au cours de l'étude du sympathique, la physiologie semble devoir amener un remaniement de l'anatomie de ce système en même temps qu’elle apporte un peu plus de lumière sur son fonctionnement.