CHAPITRE IV
CONSIDÉRATIONS ÉTIOLOGIQUES ET PATHOGÉNIQUES
Avant d'aborder l'étude des différentes théories étiologiques et pathogéniques du zona, puisque nous venons de citer les travaux de Woigt et Hammerschlag, nous donnerons le résumé des conclusions proposées par ces auteurs. Plus tard, nous nous permettronsd’exposer notre avis personnel.
Woigt admet pour expliquer les complications de paralysie faciale et de troubles de l'ouie :
Une affection de nerfs voisins les uns des autres, quoique agissant différemment dans une même région du visage, de la nuque et du cou, et il rapporte cette affection à un refroidissement. Il ajoute que le zoster n'est pas nécessairement lié à une lésion des ganglions spinauz. É
Hammerschlag, cherchant à expliquer les complications auditives, croit à une altération du nerf acoustique dans son trajet d’origine, il estime également que le refroidissement à été la cause de cette lésion dont il fait une paralysie rhumatismale des trois nerfs : craniens. I]
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compare cette affection à la surdité rhumatismale de Buig. Ce même auteur nous rapporte l'opinion de Franklin-Horwartz qui paraît avoir quelque autorité en la matière et qui attribue les lésions de ce genre à ce fait que le facial contient quelques fibres sensitives el vasomotrices. :
Mais plus tard, modifiant sa première façon de voir, il admet que dans ces cas, il s’agit simplement d’une lésion rhumatismale de la cinquième paire.
En terminant, Hammerschlag se demande si l’éruption d’herpès au pavillon de l'oreille doit se rapporter à une paralysie du facial ou à une affection du trijumeau.
Somme toute, ces auteurs paraissent peu fixés sur la nature et la pathogénie des paralysies des nerfs craniens d’origine zostérienne. Tour à tour ils invoquent le refroidissement, la diathèse rhumatismale ; après avoir incriminé une cause banale, le froid, ils paraissent vouloir invoquer l'intervention d'agents pathogènes lorsqu'ils parlent derhumatismes, et par ce fait déjà, ils laissent entrevoir, à leur corps défendant, la possibilité d’une origine infectieuse.
Après avoir donné l'opinion de Hammerschlag , Kaufmann et Woigt, opinion émise à l’occasion d’observâtions qui se lient à la nôtre par les liens d’une parenté très étroite, et avant d'émettre notre avis personnel, nous : croyons devoir faire un court exposé des diverses opinions déjà émises. |
Toutes ont été publiées à l’occasion de paralysies faciales compliquant le zona. Inutile d'ajouter qu’elles s’appliqueraient aussi bien aux paralysies multiples des nerfs
eraniens ; cette dernière variété confirmant du reste la plus admissible d’entre elles : la théorie infectieuse.
Quatre théories ont été émises :
1° Théorie réflexe;
2° Théorie de la propagation;
3° Théorie de l’œdème ;
4° Théorie zostérienne ou infectieuse.
La théorie réflexe à servi surtout à expliquer l’amblyopie et l’altération de la papille consécutives au zona de la première branche de trijumeau. Letulle s’en est fait un des défenseurs les plus acharnés. L'irritation zostérienne d'une branche sensible, le trijumeau, pourrait, par action sur les centres nerveux, déterminer la paralysie d’un nerf moteur du même territoire d’innervation : le facial, par exemple. MM. Klippel et Aynaud réfutant cette théorie, disent que l’explication devient peu satisfaisante lorsqu'on constate que la paralysie faciale du zona peut étre un phénomène à distance, une paralyste aberrante, comme cela avait lieu cinq fois sur dix-sept dans les observations qu'ilsavaient réunies.
Ces auteurs font allusion à des cas de zona intercostal et cervical compliqués de paralysie faciale. Ils ne parlent pas de lésions de nerfs multiples accompagnant des éruptions zostériennes multiples elles-mêmes comme dans les cas que nous en rapportons; aberrance et multiplicité des lésions paraissent bien mieux établies encore par notre observation personnelle et par celles d'Hammerschlag, Strubing, etc.
Que la théorie de M. Letulle puisse s'appliquer à certains cas particuliers et fort exceptionnels du reste, nous