‹ Contribution à l'étude des affections multiples des nerfs crâniens compliquant le zonaChapitre 20 sur 24 · ANUS · texte numérisé non relu

ANUS

core

Dans le hors de beaucoup d'animaux existent des élé-

ments contractiles pourvus depigments (chr omatophor'es) qui sont manifestement sous la dépendance des nerfs moteurs. Ces cellules qui sont une variété de celles appartenant au tissu conjonctif doivent nous faire nous demander si, d’une facon générale, toutes les cel-

lules fixes de ce tissu ne sont pas en puissance de Ares (Morat, déjà cité.)

Le savant professeur en 1896 ne pensait pas aussi bien dire. Ses travaux ultérieurs ont apporté la preuve la plus

été LME re de bte à ns dns à Dés si et 2 D ' RAC TE > SNS. CNE Ho - : ‘ (M EAT

évidente du bien fondé de ses premières suppositions.

PT RC PAR

On à démontré (1) histologiquement l'existence des fibres centrifuges émanant des racines postérieures et suivant le trajet des nerfs sensitifs ou moteurs.

Ces fibres émanent des prolongements des cellules des cornes postérieures de la moelle et aboutissant directement à la peau sans s’arrêtel dans les cellules ganglion-

CRT TN ON

naires, tandis que les filets centripètes qui aboutissent . aux cornes postérieures naissent des prolongements des cellules ganglionnaires.

M. le professeur Morat a démontré que l'irritation de ces fibres centrifuges suivant le trajet des nerfs sensitifs est accompagnée de troubles trophiques cutanés et de troubles vaso-moteurs. Cette dernière constatation établit surabondamment le rôle centrifuge de ces fibres nerveuses.

Il est aisé de comprendre que l'irritation de l’une de ces fibres peut entraîner des lésions trophiques de la peau et, dès lors, on voit combien il était téméraire d’inerimi-

(4) Voir la thèse de M. le Dr Bonne (Lyon 1899).

pa ner pour expliquer les éruptions cutanées du zona tel ou tel nerf sensitif ou moteur.

La découverte de ces nerfs nous servira également à expliquer l'inconstance des douleurs dans les éruptions zostériennes, |

On conçoit facilement, dès lors, que si le zona est dû à l’altération d’un nerf moteur renfermant quelques fibres cutanées directes, aucun rameau sensitif ne peut être intéressé.

Nous avons relevé trois observations de cette nature. (Lannois, Letulle, Raymond).

OBSERVATION VII (M. Lerucur)

Paralysie faciale gauche. — Fièvre herpétique; herpès du conduit auditif externe. — Névralgie du trijumeau gauche. — Guérison rapide de la paralysie motrice. — Hyperesthésie faradique tardive.

Le nommé X..., ouvrier tailleur âgé de trente ans. Le 8 octobre 1881, à 10 heures précises du matin, cet homme s'aperçoit tout à coup, en travaillant, que la moitié gauche de sa face s’immobilise progressivement et qu’il ne peut pas fermer les paupières. De plus, les mouvements de la mâchoire sont douloureux. Le matin, en se réveillant, il n’avait constaté rien d’insolite, il se rappelle seulement que la nuit précédente il avait été atteint de diarrhée à plusieurs reprises, mais il ne se souvient pas d’avoir eu froid.

Le surlendemain, nous voyons le malade pour la premiere fois. Il existe une paralysie faciale gauche légère, sauf pour l’orbiculaire palpébral qui est presque absolument immobile. La contractilité faradique est parfaitement conservée, elle est égale d’un côté à l’autre ; le voile du palais est intact, &/ n'existe aucune douleur dans la face.

Le quatrième jour, même état.

Le cinquième jour, 12 octobre, des changements considérables se sont produits. Le malade a été pris dans la nuit d’un violent accès de fièvre avec céphalalgie, frissons répétés, vomissements. Nous le trouvons porteur d’un herpès labialis bilatéral, très confluent. Il se plaint de douleurs sourdes et lancinantes occupant toute la face du côté gauche,

La pression, même légère, éveille des douleurs intenses au niveau des points de Valleix, et en particulier pour les points sus et sous-orbitaires, naso-lobaïres, auriculo-temporal et enfin au niveau de la cavité même du conduit auditif externe gauche. Il est impossible, vu l’état général du sujet, d'examiner la contractilité faradique des muscles.

13 octobre. — Le malade n’a plus de fièvre, mais la paralysie a considérablement augmenté. Aucun des muscles de la face ne répond au courant faradique. La sensibilité tactile et la sensibilité électrique paraissent à peu près égales des deux côtés, mais spontanément le malade éprouve quelques douleurs dans la joue, dans l’œil et dans l'oreille gauches, cependant la pression sur les points de Valleix est très douloureuse.

L’herpès labialis se dessèche déjà.

15 octobre. — Les douleurs spontanées s’atténuent, On découvre dans le conduit auditif externe, sur le plancher, tout. prèsdeson orifice externe, un îlot de vésicules d’herpès desséché. Il est bon de noter que le conduit auditif demeure la région de

la face la plus douloureuse à la pression.

Pendant cinq jours le même état d'inertie musculaire persiste, mais Ja paralysie n’augmente pas. Les douleurs spontanées

disparaissent, les points de Valleix persistent,

Le 241 octobre, quatorzième jour de la maladie, le malade constate pour la première fois qu’il peut mâcher plus facilement.

Il a subi tous les jours depuis le 13 octobre une séance de. faradisation légère et de courte durée.

Nous remarquons, pour la première fois, que la commissure

labiale gauche se souleve légèrement, au moment où l’on supprime le courant faradique, de même l’orbiculaire des paupières parvient à fermer presque complètement l’orifice palpébral lorsqu'on commande au malade de fermer les veux.

Le 22 octobre. — Les mouvements de la commissure labiale gauche lors de la supression du courant sont plus appréciables encore, et lon peut démontrer qu’il s’agit d’une contraction du grand zygomatique.

Même état jusqu'au 25 octobre, où l'on constate qu'il existe toujours, en même tempsqu'une sensibilité normale au simple contact, une hyperesthésie bien nette à la pression sur les points de Valleix.

Le 30 octobre. — Quelques légers mouvements dans les

muscles frontaux st sourciliers, surtout appréciables au moment où l’on supprime le courant faradique et lorsque le rhéophore est appliqué sur le frontal.

A l’état de repos, la déviation de la face-est de moins en moins accusée. Les paupières se ferment spontanément d’une manière presque complète et le grand zygomatique fonctionne assez bien. |

Enfin, le 1*% novembre, vingt-quatrième jour de la maladie, le frontal répond bien mieux que la veille, le sourcilier, excité directement par un courant léger, déplace manifestement la tête du sourcil, et le muscle de la houppe du menton se contracte assez énergiquement lorsqu'un des excitateurs est appliqué sur lui.

Le 4 novembre. — Les progrès sont très remarquables, l’orbiculaire des paupières, l’orbiculaire des lèvres, le triangulaire se contractent très énergiquement et le pli naso-génien s’accuse quelque peu.

Le 6 novembre. — La sensibilité faradique paraît beaucoup moins vive du côté paralysé que du côté sain, quoique Les divers autres modes de la sensibilité soient normaux. Il n’y a plus d'autres points de Valleix que le sous-orbitaire. On note un

2 Gue

certain degré d’hyperexcitabilité musculaire au choc (zygomatique, triangulaire, etc.).

Le malade, revu pendant plusieurs mois, fut considéré comme définitivement guéri.

OBSERVATION VII (Raywonn)

L'observation concerne une nommée E..., âgée de quarante et

un ans, couturière,

La recherche de ses antécédents pathologiques héréditaires ne nous a rien révélé de bien intéressant. Jusq u’au début de la maladie actuelle, E... s’est toujours bien portée. Elle a donné le jours à trois enfants vivants et bien portants. En outre, elle à fait deux fausses couches qui se sont produites l’une et l’autre à une époque peu avancée de la grossesse. Il y a là de quoi éveiller dans notre esprit un soupçon d'infection syphilitique antécédente. Toutefois, dans les renseignements que nous avons pu recueillir dans le passé de cette femme, et dans les résultats de l’examen que nous lui avons fait subir, rien ne confirme ce soupcon. Jamais non plus la malade n'a eu quelque autre maladie infectieuse.

Le début des accidents remonte à un mois environ, À cette époque, E... se trouvait en visite chez des parents à Auxerre en compagnie de ses enfants. Pendant toute la durée de cette villégiature, et en particulier pendant les derniers jours, elle n'avait rien remarqué d'insolite dans l’état de sa santé ; elle n'avait eu ni maux de tête, ni bourdonnements d'oreille, ni mal de gorge. Le matin du jour de son départ, elle était en train de déjeuner, lorsque, vers 11 heures, elle éprouva une gêne très prononcée à faire mouvoir le côté droit de la face. Cela ne l'empêcha pas de se mettre en route,

Pendant le trajet du chemin de fer, la gène des mouvements

- du côté droit de la face augmenta très rapidement, au point que

la malade éprouvait une grande difficulté à parler, Le soir, elle

FA

Page 1