‹ Contribution à l'étude des affections susceptibles de modifier l'aspect du sillon naso-génienChapitre 122 sur 147 · OBSERVATION XLII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLII

(In Thèse de Bouyssou, Paris, 1903, Traitement des kystes para-dentaires.)

Kyste radiculo-dentaire à évolution naso-génienne.

M. A. B.., mineur, âgé de 24 ans, se plaïñt d’une grosseur qui s’est développée depuis 10 mois au-dessous de l’angle externe de la narine gauche. La tumeur fait

/ saillie au niveau de la lèvre supérieure, repousse en avant la partie externe de

l’aile du nez et efface en grande partie le sillon naso-labial et le sillon naso- jugal

gauches.

En relevant la lèvre supérieure, on retrouve cette saillie au niveau de la fosse canine gauche qu’elle éomble. À sa surface, la muqueuse de la gencive présente un aspect normal. On pratique ensuite l’examen rhinoscopique antérieur et on constate la présence de la partie supérieure de la même masse, faisant saillie au point de jonction de l’orifice postérieur de la narine et de l’entrée de la fosse nasale gauche. Elle soulève la muqueuse et forme un relief que l’on peut comparer à celui formé par la moitié d’une cerise. En ce point, cette masse semble semi-transparente ét elle est recouverte de vaisseaux dilatés ; elle donne assez bien l’aspect d’une grenouillette.

En introduisant le petit doigt de la main gauche, dans la narine gauche et l’index droit sous la lèvre supérieure, on sent que cette masse est des dimensions d’une prune de reine-claude, est rénitente, mais ne donne pas nettement la sensation de fluctuation. Néanmoins en raison de l’aspect transparent que l’on trouve au niveau de la fosse nasale, le diagnostic de kyste dentaire s'impose. - On fait au malade pendant les jours qui ont précédé l'opération des aspirations de vaselinè boriquée et des lavages du nez afin d'obtenir la plus grande propreté possible de la fosse nasale.

Le 4 mars : opération.

b) Les kystes corono-dentaires.

Les kystes corono-dentaires sont encore connus sous le nom : kystes dentifères, kystes dentigènes, kystes folliculaires de Broca, adamantinomes liquides dentifiés de Coryrros.

Ce kyste, si on lui donne l’appellation de corono- tr es doit son: nom au fait caractéristique, qu’il renferme une dent, dont la couronne fait saillie dans la poche kystique et dont la racine est extra-kystique. En général, cette dent présente les caractères morphologiques d’une dent qui manque dans la rangée alvéolaire. L’absence de cette dent est constante et ne manque que dans les cas rares où le kyste coronodentaire se développe autour d’une dent surnuméraire.

Ce kyste atteint le volume d’une noix, rarement d’un œuf de poule. Ce fait explique qu’il arrive rarement à user complètement une table osseuse, à s’extérioriser et à soulever le sillon naso-génien.

Du reste, les kystes corono-dentaires sont relativement rares. Nous en prenons à témoin Roy qui écrit : à . € Sans parler des kystes de petit volume qui sont appendus à la racine de la dentet sont extraits avec celle-ci, les kystes (para-

dentaires) volumineux, développés dans l'épaisseur de l'os à l’occasion d’une infection pulpaire, sont relativement fréquents et «en tout cas pour ma part en raison de l’enseignement clinique

« dont je suis chargé à l’école dentaire de Paris, j'ai été amené à en: « observer un nombre considérable. »

« Au contraire les kystes dentifères se présentent avec une rareté € beaucoup plus grande. Pour ma part dans le nombre très grand de « kystes que j’ai eu l’occasion d’observer depuis 30 ans, je n’ai ren- « contré qu’un nombre très restreint de kystes dentifères. »

Personnellement, peut-être en raison même de cette rareté, il nous a été impossible de trouver la moindre observation de kystes coronodentaire à évolution naso-génienne.

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