A. — AFFECTIONS QUI INTÉRESSENT LA PEAU
19 Le malade est porteur d’une affection cutanée formée par un nombre plus ou moins grand d’éléments constitués chacun par un petit nodule. Nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici la description que donne M. le Professeur Gouceror de ce nodule : « Les nodules (lupiques) sont de petits grains, de 1 à 3 millimètres, « rarement davantage, saillants ou non, isolés ou confluents, rouges «ou rouges orangés au premier abord, orangés ou gris jaunâtres à la « vitropression et demi-transparents.… à
« Petitesse, teinte orangée ou grisâtre translucide à la vitro-pres- « sion,mollesse à l'aiguille du scarificateur, sensibilité à la palpa- « tion, tels sont les caractères cardinaux de la lésion élémentaire des « lupus tuberculeux. »
Devant un tel malade, le diagnostic de lupus tuberculeux vrai devra être posé. Du reste, le diagnostic de lupus vulgaire devra être soupçonné chaque fois qu’un malade présentera une lésion chronique de la peau durant depuis plus de trois mois et restant stationnaire ou
’étefdant.
2° Un malade est porteur d’un érythème rose ou rouge violacé * sensible à la préssion et au grattage s’accompagnant d’hyper-kératose, ayant une tendance à la régression cicatricielle centrale sans ulcération préalable, présentant le signe de Besnier (douleur en passant l” ongle
sur l’épiderme). :
En présence de tels signes il faudra songer à un lupus érythémateux.
39 Le malade est porteur d’une lésion qui ressemble en tous points à des engelures, qui est apparue l’hiver qui s’atténue au printemps mais ne disparaît pas. On pourra alors porter le diagnostic de lupus pernio.
40 Le malade présente une lésion arrondie ou ovalaire, légèrement surélevée par rapport aux téguments voisins, à surface plane. Cette lésion n’est pas séparée des téguments voisins par un bord mais elle” tranche sur ceux-ci par sa teinte et par son induration. Sa surface est érosive, lisse, couleur de chair musculaire. Cette lésion est absolument indolente.
L’examen sérologique précisera le diagnostic, déjà porté grâce aux signes cliniques, de chancre syphilitique.
59 Le malade est porteur d’une tumeur circonscrite, sphérique d’un volume variable présentant en son point culminant une ulcération présentant des bords taillés liquide gommeux filant et jaunâtre.
Les examens sérologiques là € encore confirmeront le diagnostic de
à pic non décollés laissant s’écouler un
gomme Fe
LS
60 Le malade est porteur d’une ulcération arrondie ou ovalaire parfois festonnée, d’un ou plusieurs centimètres, recouverte par une croûte jaune brunâtre, très adhérente et plus ou moins épaisse, entourée d’un liseré rouge et d’une base œdématiée. La croûte recouvre une sérosité louche et uneulcération à bords taillés à pic, déchiquetée
à fond rouge vif, inégale, granuleuse, semée de points jaunes puru-
lents. La base est infiltrée et mdurée. La lésion est indolente spontanément et peu douloureuse à la palpation.
La recherche, sur frottis ou par curettage, de la leishmania con firmera le diagnostic de Bouton d’orient.
70 Le malade est porteur d’une vaste ulcération qui peut secondairement envahir et nécroser los sous-jacent ; cette ulcération est accompagnée d’un jetage abondant de pus visqueux et collant par les fosses nasales dans lesquelles on aperçoit des croûtes fétides, striées de sang. L’ulcération est irrégulière, mutilante et profonde. Les bords sont rouge-violacés, livides, déchiquetés, décollés. Le fond est jaunâtre, sanieux, anfractueux, végétant, laissant suinter une
sérosité louche fétide.
La notion de contact avec le cheval précisera le diagnostic de morve.
8° Le malade est porteur d’une ulcération irrégulière, saignant au moindre contact, les bords sont taillés à pic, le fond est rougeâtre et végétant, saignant facilement. La progression de l’ulcération est rapide. La base est indurée. La lésion est indolente.
La biopsie précisera le diagnostic d’épithélioma, spino-cellulaire le plus souvent, ce qui implique immédiatement l’idée des conséquences thérapeutiques à savoir que : cette variété d’épithélioma semble réfractaire à la radiothérapie.
90 Le malade présente une ulcération qui siège sur une lésion qui jusqu'ici n’avait l’apparence que d’une tuméfaction. Cette ulcération laisse apercevoir de gros bourgeons vasculaires. Tantôt elle reste superficielle rouge et lisse, tantôt elle creuse plus ou moins profondément des cavernes anfractueuses.
La biopsie précisera le diagnostic de sarcome.
100 Le malade est porteur d’une ulcération d’un aspect extrêmement polymorphe ressemblant soit à une ulcération tuberculeuse soit à une ulcération syphilitique soit à une farcinose mutilante de la face soit à un cancer.
Ce n’est qu’en pensant toujours à la possibilité de la sporotrichose que le diagnostic pourra être fait.
Ecoutons plutôt ce qu’en dit M. le Professeur Gouceror :
«Il est du devoir absolu du médecin de penser aux sporotri- « choses devant toute lésion qui autrefois n’éveillait dans son esprit « que l’idée de tuberculose, de syphilis, de-morve, de suppuration « chronique ou subaiguë. Il est nécessaire de discuter ce diagnostic, « même dans les cas de tuberculose et de syphilis qui semblent les « plus évidents. C’est seulement en y pensant toujours que l’on en « découvrira quelques cas pour le plus grand bonheur du bénéfi- « ciaire. »
Dès qu’on a pensé au diagnostic de sporotrichose, la culture sur gélose glycosée-peptonée de SasourEau confirmera le diagnostic.