‹ Contribution à l'étude des affections susceptibles de modifier l'aspect du sillon naso-génienChapitre 70 sur 147 · OBSERVATION XXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXII

(In revue de Luryngologie d'Otologie et de Rhinologie, 30 avril 1993. Contribution à l'étude de l’adénite génienne par M. Rareau). Adénite naso-génienne.

L'ASPECT DU SILLON NASO-GÉNIEN y 7L

Il s’agit d’une adénite génienne du sillon naso-génien, d’une adénite naso- génienne. Sa symptomatologie a simulé l’ostéo-périostite du maxillaire supérieur ; son diagnostic étiologique fut délicat, car il s'agissait d’une origine cutanée difficile à préciser. Sa fistulisation a été inattendue. Le traitement a évité une cicatrice cutanée disgracieuse.

Le nommé X.!, 20 ans, se présente, porteur d’une tuméfaction au niveau de la région naso-génienne gauche. Cette tuméfaction de la grosseur d’une noix est dure, douloureuse, peu mobile et environnée d’un œdème périphérique remontant vers la paupière inférieure. La consistance est dure et égale sur toute la surface de la masse. À la palpation du vestibule buccal, au niveau de la fosse canine, on trouve la même masse dure et douloureuse qui fait une saillie convexe sous la muqueuse comme un abcès dentaire. Son fond est plaqué contre le maxillaire Supérieur ; mais on sent, le long de son bord inférieur, un sinus peu profond qui prouve que la masse indurée n’ést que tangente au périoste. Les dents incisives, canines et pré-molaires ne sont pas atteintes dans leur contexture, au moins extérieurement. Le malade dit n’en pas souffrir. Pas de tartre infectant. Ailleurs pas d’abcès ni de folliculite, ni d’éruption sur les téguments du nez et des joues. Du côté gauche, au niveau de la sous-cloison, à trois millimètres du rebord cutané, on aperçoit un peu de rougeur et une vascularisation ténue apparente, en somme un léger degré d’irritation comme après un fort rhume. Le malade s’est gratté et écorché à ce niveau, il a un peu souffert en se mouchant. On sait que la lésion par coups d’ongle est fréquente à ce niveau et que les microtraumas ont une réelle importance en pathologie spéciale (conjonctive, pituitaire, muqueuse gingivale).

Aucun cordon de lymphite ne réunit la sous-cloison à la tuméfaction ; une distance de cinq centimètres les sépare. Le massif osseux environnant, orbitaire, malaire, sinuso-maxillaire est sain ; les cartilages du nez sont intacts.

Devant les dimensions de la tuméfaction, on pense à une origine bucco-dentaire. L'examen du vestibule est négatif. L’aspect des implantations dentaires ne permet pas de supposer une arthrite et l’état des dents écarte l’idée d’une pulpite ou d’une carie profonde. Il ne s’agit pas d’une fluxion simple, comme on en observe souvent à la-face et à la ol On dirait cependant un bel abcès dentaire, quoique la consistance soit trop dure et trop limitée. On pense donc à une adénite génienne plus volumineuse qu’elle n’est décrite dans les Traités. Nous pratiquons une ouverture par le vestibule buccal ; du sang s’écoule, sans pus.

Quelques heures après, l’adénite ayant augmenté sensiblement, nous pénétrons dans la glande avec une pince de Péan et nous écartons ses mors pour mieux dilacérer les tissus qui résistent. Pas de pus, du sang. Nous conseillons des compresses chaudes et des bains de bouche. Le malade a 3805 de température, des lourdeurs de tête et de l’inappétence.

Deux jours après , nous apercévons au niveau de la sous-cloison, là où régnait cette légère irritation, un petit point acuminé, blanchâtre .Nous perçons ce cratère minuscule, haut d’un millimètre ; du pus lié s’écoule. Nous pressons sur ce ganglion, il semble se vider par cet orifice. Pendant les heures qui suivent, le pus ganglionnaire sort régulièrement, les phénomènes régressent lentement. A la palpation on découvre cette fois un cordon net de lymphite, comme ceux que palpe le syphiligraphe à la racine du pénis dans le cas de chancre accompagné de ganglions inguinaux.

Le pus paraissant assez gêné par ce long détour, nous incisons la collection par le vestibule buccal comme la première pe

Le pus s'écoule abondamment par la bouche. Le malade guérit en 5 jours. La fistule se ferme d'elle-même au niveau de la sous-cloison. Pas de fistulisation

en S —

vestibulaire. Le.ganglion a fondu complètment. On ne retrouve ensuite plus rien à sa place.

La porte d’entrée de l'infection se trouvait certainement à la sous-cloison ; | les micro-organismes avaient suivi le trajet des lymphatiques dans le sens normal, puis, à la suite d’une lymphangite rétrograde et d’une fistulisation au même point cutané, ils s'étaient frayé un chemin de sortie après avoir pullulé dans le ganglion intéressé. <

Avant de clore le chapitre de adénites aiguës naso-géniennes, nous reproduirons une observation personnelle qui montrera les relations qui existent entre les excoriations de l’orifice narinaire et les adénites

naso-géniennes. =

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