‹ Contribution à l'étude des Amnésies AsphyxiquesChapitre 14 sur 28 · OUT · texte numérisé non relu

OUT

pée : date et mode de début ;: événements antérieurs, traumatismes, intoxications, émotions, attaques convulsives ; rapports de causalité et de temps de l'amnésie avec ces événements ; symptômes de l'amnésie, et symptômes physiques et psychiques concomitants.

2° A quel variété appartient l'amnésie ?

3° Quel était l’état antérieur de la mémoire ?

4° L'amnésie s’accompagne-t-elle d'autres phénomènes du même ordre ou d'ordre différent ? » (1).

En ce qui nous concerne, nous pensons que l'attention du médecin doit surtout se porter sur ce premier point de vue des conditions dans lesquelles l'amnésie s'est développées. »

Immédiatement nous aurons la notion exacte de notre asphyxie initiale, fait capital dont découleront tous les autres renseignements indispensables,le premier à rechercher, au jour duquel tout deviendra facile à comprendre,

Ce sera notre point de repère dans le temps, ce sera surtout la cause reconnaissable pour nous des troubles observés.

« Le diagnostic de l’amnésie n’est réellement difficile que dans les cas de simulation » (2). Falret attire ainsi notre attention sur ce côté de la question et déjà apparaît toute son importance en médecine légale.

Rien n'est en effet plus facile à simuler que l'amnésie. Vous interrogez votre sujet, il nie, il déclare ne plus se rappeler.

Alors se posent deux questions :

(1) GizmerT-BaLeT. Traité de pathologie mentale. p. 195. (2) Fazrer, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Article : « amnésie ». à

4o Quel intérêt peut-on avoir à simuler une amnésie ?

2° Par quel moyen peut-on découvrir la simulation ou, au contraire, quelles déclarations peuvent faire croire à la sincérité du sujet ? |

Les motifs qui peuvent pousser à la simulation sont multiples ; sans parler ici de l'intérêt que peut avoir un criminel à ne pas faire connaître certaines circonstances d’une affaire et à gêner l'instruction, nous citerons ces aliénés qui, comme dit Régis, nient dans le

seul but d'éviter un changement de régime qui les.

épouvante ou dans la crainte de voir resserrer autour d'eux une surveillance qu'ils trouvent déjà excessive.

« Pour le diagnostic de la simulation, dit Falret, le médecin légiste doit se baser sur la connaissance exacte des faits cliniques dans lesquels on observe la perte de la mémoire et comparer le cas actuellement en litige aux faits analogues antérieurement observés (1) ».

L'objet de notre travail est Justement de faire entrer, au nombre de ces faits antérieurement observés, les faits d'asphyxie ; si donc un malade prétend ne pas se souvenir, et si nos renseignements ont établi qu'il a présenté les troubles que nous avons décrits à la suite d’un fait analogue à ceux que nous relatons, nous aurons de bonnes raisons de penser que nous ne sommes point en présence d'un simulateur. Cette opinion sera confirmée si nous constatons que l’amnésie, dans sa forme, dans son allure, correspond bien aux types déjà observés dans de pareils

(4) FaLRET. Ouvrage cité, article : « amnésie ».

cas. Là encore, l'asphyxie, par la date où elle se place, nous permettra de dire si nous nous trouvons en présence de la variété d'amnésie rétrograde, antérograde, rétroantérograde.

Puis nous apprécierons les autres qualités de l'amnésie (amnésie de conservation, de reproduction,de localisation cd:

Quel était l'état antérieur de la mémoire ?

Cette question est complexe, car la notion d’asphyxie étant acquise,il faudrait distinguer chez un malade déjà taré (épileptique, hystérique, intoxiqué, paralytique général au début), ce qui revient d’une part à l’affection antérieure, d'autre part à l'accident. A notre avis, la plus grosse part doit être faite au second lorsqu'on note après lui un changement appréciable.

Pour ce qui concerne l'hystérie, la question est plus embrouillée encore, certains auteurs ayant voulu en faire dans l’amnésie traumatique un intermédiaire indispensable, Le traumatisme déterminerait l'hystérie et l’hystérie-appellerait l’amnésie.

Au fond, toutes ces considérations qui peuvent être fort nombreuses n'ont pas d'importance pratique, on se contentera dans certains cas (présence de stigmates hystériques) de constater que l’amnésie s'accompagne « de phénomènes du même ordre ou d’ordre différent ».

Pour nous, toute l'importance de ce chapitre réside dans le diagnostic de la simulation.

Page 1