IV. — PRONOSTIC
«Au point de vue pronostique, l'amnésie organique estincurable, tandis que /’amnésie fonctionnelle peut toujours être (nous ne disons pas est toujours) curable à quelque variété qu'elle appartienne, » (1)
Donc deux catégories bien distinctes d'’amnésies ; les unes toujours incurables, les autres le plus souvent guérissables.
Et.à ce point de vue,nous ferons ressortir l'importance d’un bon diagnostic puisqu'il commande le pronostic.
Nous avons vu que nos amnésies asphyxiques étaient presque toutes des amnésies puremént fonctionnelles, donc pronostic favorable,
Dans la /orme simple, à vrai dire on n'arrive pas à obtenir du sujet qu'il se rappelle exactement ce qui lui est arrivé ; cette notion est pour lui si bien perdue qu'il ne croit que très difficilement aux affirmations de ceux qui l'entourent, mais quel inconvénient comporte pour lui,dans la suite, la perte d’une pareille notion ? Aucune.
Ses facultés sont intégralement conservées, un tout petit point obscur subsiste dont il n’a même pas conscience,
(1) Sourer. Cité par Gilbort-Ballet : Traité de pathologie mentale, page 195,
Rte
L'amnésie rétrograde, cela va sans dire, est d'autant plus grave qu'elle porte sur un laps de temps plus long. Mais nous n’avonspas d'exemple qu’elle aitété permanente lorsqu elles'étendait très loin. Il semble même que la facilité à guérir soit proportionnelle à son étendue et en fin de compte, le malade, brusquement ou progressive ment recupère tous ses souvenirs, il ne subsiste pour lui encore que l'oubli de son accident.
L'amnésie asphyxique, pouvant, sous bien des points, être rapprochée de l’amnésie traumatique, si les observations en étaient moins rares, peut être aurait-on quelques cas où le sujet aurait perdu toute une série de souvenirs. Nous n'avons, quant à nous, point trouvé semblable exemple. Cette amnésie, systémahsée, cette fois, et il faut le dire, purement reproductive, exigerait comme traitement une rééducation. Rééducation facile, rapide grâce à la conservation des connaissances qu'il suffirait, par une excitation minime, de rendre au pouvoir d'évocation.
L'amnésie antérograde de reproduction disparaît soit brusquement soit progressivement, spontanément ou encore, dans le plus grand nombre des cas, à la suite d'une excitation fortuite n'ayant bien souvent aucun lien logique ou apparent avec les souvenirs perdus.
Pour l’amnésie antérograde de conservation, sa gravité est encore liée à la durée de l'état second auquel elle donne naissance. Pendant toute la durée de cet état, rien n’est conservé et, au moment du retour à l’état normal, le sujet ne voit plus rien dans cette période. C'est en somme un éfat pathologique, une maladie, durant la-
Op
quelle le malade ne vit point de la vie normale, pendant laquelle il ne peut point être question pour lui de se livrer à une occupation raisonnée, encore moins d’enrichir ses connaissances.
Ilimporte, au plus haut point, d'appliquer un traitement psychique approprié. Mais il faut bien savoir qu'après le retour à l’état normal, toutes les anciennes connaissances sont récupérées, il ne reste que ce trou noir; correspondant au temps occupé par l’état second et comprenant une période dont les épisodes ne sont pas rappelés. Cette lacune dans la suite ne nuit en rieu à l’exercice des fonctions intellectuelles.
Pour l’amnésie rétro-antérograde, nous en connaissons dès lors les conséquences, C’est une lacune momentanée, au point de vue du temps, l'accident en occupe le centre, La guérison va rétrécissant ce cercle dont finalement il ne subsiste qu’un point, la perte de la notion de l'accident comme dans l'amnésie simple. Et ce dernier tableau nous donne une idée exacte de la marche de nos amnésies asphyxiques dans tous les cas où il ne s’agit que de reproduction.
En dernière analyse, pronostic bénin dans tous les cas, puisque l’amnésie permanente dontil reste toujours quelques traces n’enlève au jugement aucune notion indispensable,