‹ Contribution à l'Étude des Amputations de Cuisse pour Gangrène dans les Oblitérations Artérielles des Membres InférieursChapitre 16 sur 53 · LS SES · texte numérisé non relu

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et qu'après réchauffement, s'ils retrouvent leur capacité de croissance, leur nombre et leur vitalité sont très diminués. Ceci a pour conséquence la limitation de l'infection dans les cas où la réfrigération est utilisée seule. La gangrène gazeuse peut ainsi être évitée, et, même au cas où elle se serait déclarée, pourrait-on lutter efficacement contre elle. Dans le cas où la réfrigération est utilisée en tant que méthode pré-opératoire, le rôle anti-infectieux semble, associé aux antibiotiques, permettre la suture partielle du moignon d’amputation, et sa meilleure cicatrisation ultérieure.

De même, est diminuée par la réfrigération la résorption par l’organisme des substances toxiques élaborées au niveau des zones de gangrène. Ainsi donc, peut-on lutter contre le syndrôme toxique touiours plus ou moins accentué chez ces malades.

C) Rôle anti-choc.

Ceci est le très grand avantage de la méthode de réfrigération. Son intérêt est énorme, car il permet d’envisager lamputation de cuisse, même chez Ges malades très âgés, choqués, ou tarés (diabétiques, cardio-rénaux, etc..), chez lesquels se posaient autrefois des contrindications. Les chiffres de Massié sont éloquents à ce point de vue : entre 1922 et 1942, soixante-douze (72) ambutations ; entre 1942

et 1945, trente (30) amputations.

Il est incontestable qu’un plus grand nombre de malades peut actuellement supporter l’amputation de cuisse, depuis que la réfrigération a fait son apparition, et il semble que cela soit dû à son rôle préventif du choc opératoire.

Inconvénients de la méthode de réfrigération.

A. — Nous avons vu que parfois, la réfrigéralion pouvait être employées à titre isolé, que ce soit pour diminuer les douleurs des malades inopérables, limiter les phénome-

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nes infectieux ,que ce soit enfin, pour sauvegarder des tissus plus ou moins compromis jusqu’à meilleur fonctionnement de la circulation collatérale. Cette méthode n’est pas sans inconvénients.

a) I exisie le danger de l’apparition de lésions irréversibles par gelures, chez des malades pour lesquels lamputation n’est pas envisagée. Ce danger est assez facilement évitable.

b) Par ailleurs, cette méthode empêche lobservation clinique du membre, et ne permet pas @e préciser le caractère évolutif de l’ischémie.

c) Enfin, il n’est pas certain que ne soit pas provoquée une aggravation de la gangrène

Aussi, avons-nous toujours utilisé cette méthode avec la plus grande discrétion, nous contentant de quelques vessies de glace avec lesquelles nous entourions le membre, et que nous laissions de facon discontinue.

Notons d’autre part que, aux cas où la réfrigération est utilisée à titre isolé, il ne faut pas employer de garrot. En cffet, il est prouvé que la combinaison des effets du froid et de l’ischémie due au garrot, réalise une véritable « amputation physiologique », avec phénomènes irréversibles, véritable mort du membre, et non pas simple anesthésie tissulaire.

B. — Nous avons vu, d'autre part, le gros intérêt de la réfrigération en tant que méthode pré-opératoire. I ne faut pas méconnaître cependant les risques de bronchapneumonie dus, semble-t-il, aux vêtements et aux draps mouillés par la fusion de la glace, malgré les précautions prises. Les antibiotiques, le lever précoce dans la mesure où il est possible, en sont les plus sûres méthodes de prévention.

La technique.

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