‹ Contribution à l'Étude des Anévrismes CirsoïdesChapitre 6 sur 17 · HISTORIQUE: — DÉFINITION · texte numérisé non relu

HISTORIQUE: — DÉFINITION

L'histoire des anévrysmes cirsoïdes peut être divisée en quatre périodes. À chacun de ces stades, l'affection a été envisagée sous un Jour différent et, par suite, a donné lieu à des interprétations diverses et surtout à des applications thérapeutiques très variables, mais qui, il faut bien le reconnailre, étaient la déduction logique de l'idée qu'on se faisait de la maladie.

Dans une première période, un fail capital frappe les observateurs : la dilatation des trones artériels. A leur avis, c'est à la lésion tout entière. Et l'on voit alors Dupuvytren créer l'expression de varices artérielles, par analogie avec les dilatations veineuses ou varices veineuses. Quelques années plus tard, Breschet donne à la

maladie lé nom d’anévrvsme cirsoïde, appellation que. » app J

l'usage el la tradilion ont consacrée, bien qu'elle soit éminemment mauvaise et défectueuse. Car, ainsi que le dit Ferrier dans sa thèse d'agrégation, « si l'affection ainsi nommée peut être rattachée à une autre affection du système vasculaire, ce n'est,point aux anévrysmes, mais aux varices qu'il faut la ratlacher ». Et de cette notion découle Papplication thérapeutique, la ligature des vaisseaux eclasiés. Nous reviendrons là-dessus au chapitre concernant le traitement, nous n'y insisterons

done pas ICI.

En 1857, commence la deuxième période avec la thèse inaugurale de Decès. Pour lui, les dilatations tronculaires ne sont rien, c'est la tumeur pulsatile qui constitue la lésion proprement dite. Et le professeur Gosselin, adoptant les idées de Decès, peut dire : « J’appelle anévrysme cirsoïde ces tumeurs sous cutanées formées par la dilatation en amas ou en paquet des artères de dernier ordre (ramuseules ou artérioles), précédant les capillaires, tumeurs qui ont été confondues le plus souvent avec les dilatations des capillaires, ou avec celles des troncs artériels. » De cette conceplion ressort un fait considérable, l'indication d’agir sur la tumeur cirsoïde, non plus sur les vaisseaux. De là la méthode des injections coagulantes, l'exlirpation, la ligature n'étant plus maintenant que reléguée au second plan et considérée comme un pis aller.

Dans le troisième stade, les recherches de Broca viennent jeter un jour nouveau sur la nature et la pathogénie de l'affection. Etudiant les tumeurs érectiles, en particulier les angiomes artériels ou angiomes rouges, il montre comment se fait leur évolution vers l'anévrysme cirsoïde. Pour cet auteur, l'anévrysme cirsoïde serait la suite naturelle, mais non fatale, des tameurs rouges. Mais il ne rejette pas pourtant l'existence d'anévrysme cirsoïde primilif.

Enfin, dans une période toute récente, les recherches de Terrier et Malassez viennent bouleverser la question. Jusqu'ici, les auteurs n'ont parlé que de dilatations artérielles, Loujours le seul système artériel était atteint. Terrier et Malassez introduisent une notion nouvelle, la participation du système veineux. Tout comme les artères, les troncs veineux, les ramuscules efférents se dilatent et deviennent flexueux. Le réseau capillaire

intermédiaire aux deux systèmes, se dilate aussi, si bien que si nous voulons, nous basant sur ces idées, donner de l’anévrysme cirsoïde (nous conservons le mot puisqu'il est consacré par l'usage), une définition exacte, nous dirons avec M. le professeur Forgue : « L’anévrysme cirsoïde est constituée : 1° par les artères et artérioles d'un département artériel dilatées, allongées, flexueuses ; 2° par les veines et veinules efférentes ayant subi lä même altération ; 3° par la dilatation des capillaires intermédiaires et l'établissement d'une communication anormalement large entre le système artériel et le système veineux. » |

Est-ce à dire que nous voulons rapprocher lanévrysme cirsoïde de l’anévrysme artério-veineux et confondre ces deux affections ? Non, certes, el nous tenons au contraire à bien les séparer. Au sens exact du mot d’ailleurs, l'appellation de la tumeur cirsoïde estimpropre, car elle n’a de l’anévrysme que le nom. Et au point de vue anatomique, d'autre part, une différence capitale existe : dans l'anévrysme cirsoïde, la communication est unique et siège, entre une veine et une artère données, en un point quelconque et non défini des vaisseaux. Dans l'anévrysme cirsoïde, au contraire, la communication est large et abondante et se fait par le réseau capilldire de tout un département artériel, les ydisseaux afférents et efférents participant eux-mêmes à la constitution de la tumeur.

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