CHAPITRE H
ETIOLOGIE — PATHOGÉNIE
Les anévrysmes cirsoïdes siègent le plus souvent à la tête (cràne), ainsi qu'il résulte des nombreuses statistiques publiées par les auteurs. Pourquoi cette prédilection pour la têle ? Les théories ne manquent pas mais nous ne nous y arrêterons pas cependant. Un seul fait pourtant est à retenir, c'est l'extrême richesse vasculaire de la tête, et la grande fréquence des tumeurs érectiles à ce niveau.
Ceci dit, d’où provient l’anévrysme cirsoïde ? Jusqu'à Broca, le traumatisme seul était mis en cause. Il est incontestable, en effet, que nombre d’anévrysmes cirsoïdes ne reconnaissent d'autre origine qu'un trauma. Mais est-ce bien là la seule cause ? Non, répond Broca, la plupart des anévrysmes cirsoïdes sont dus, non à un trauma, mais à l’évolution d’une tumeur érectile rouge, d'un nœvus artériel. Et, de fait, il est également incontestable qu'il y a des anévrysmes cirsoïdes ayant succédé à des tumeurs érectiles.
Enfin, on peut très bien admettre que la tumeur cirsoïde résulte de la combinaison de ces deux étiologies, par exemple d’un traumatisme exercé sur un nœvus artériel. C'est ainsi que Bruns incrimine, au sujet des anévrysmes cirsoïdes du cuir chevelu, l'action répétée
Done des dents du peigne sur un nœvus jusque là ignoré du patient. :
Nous ne parlerons iei que pour mémoire des anévrysmes cirsoïdes d'origine congénitale, leur étude nous entrainerait trop loin et n'entre pas dans le cadre de ce travail.
Quoi qu'il en soit, il est logique d'admettre trois causes des anévrysmes cirsoïdes :
L’anévrysme cirsoïde est dû à un traumatisme ;
2 L'anévrysme cirsoide est dû à la transformation d'un nœvus artériel ;
3° L’anévrysme cirsoïde est dû à l'action d'un traumaüisme sur un nœvus.
Mais comment faut-il maintenant interpréter ces diverses causes, et comment faut-il RES la production de la tumeur cirsoïde ?
Comment un trauma peut-il donner un anévrysme cirsoide? Tout d’abord, deux ordres de phénomènes sont à considérer à ce sujet. Ou bien l'anévrysme ersoïde résulte directement de la lésion des vaisseaux atteints par le trauma, c'est ce que Terrier appelle l'anévrysme cirsoïde vrai ; ou bien il succède à un faux anévrysme ou même à un anévrysme arlério-veineux, c'est ce que Terrier appelle l'anévrysme cirsoïde symptomatique.
Les théories, les hypothèses ont fourmillé, qui ont voulu expliquer le développement de la tumeur cirsoïde après un trauma.
Pour Cowfoot, la lésion primordiale est l'atrophie des parois vasculaires par suite de l'oblitération des vasa vasorum enflammés. La paroi atrophiée et paralysée se laisse distendre.
Pour Billroth, c'est « un processus irritatif avec hyperplasie diffuse des parois artérielles ».
su pe GE sde
Draps
Pour Heine, la tumeur serait due à l'ectasie des vaisseaux néoformés qui se trouvent au niveau de la cicatrice consécutive au trauma. Mais, comme le fait remarquer Broca, y a-t-il toujours une cicatrice ?
Faut-il enfin invoquer, avec Otto Weber, l’organisation, la vascularisation ectasique d'un caillot épanché? Sans vouloir toutefois rejeter toutes les théories ci-dessus, qui, assurément, ont chacune une part de vérité, nous accepterions volontiers cette hypothèse, tout au moins au sujet du cas de M. le professeur Riche. En effet, nous lisons dans son observation : « Il y a six ans, le malade s’est heurté le sommet de la tête contre une PERTE Il s est formé une tumeur du volume d'un petit œuf. :
Qu'était-ce donc que celte tumeur qui existe dès le trauma ? Ce n'est assurément pas la tumeur cirsoïde ellemême qui se serait ainsi formée quasi instantanément. Mais vraisemblablement on doit admettre lexistence d'un caillot qui, ultérieurement, est remplacé par la tumeur cirsoïde
Nous croyons cependant qu'il faut être éclectique dans le choix des théories et qu'aucun des modes de développement exposés ci-dessus ne doit être adopté à l'exclusion absolue des autres.
Avec le traumatisme, avons nous dit plus haut, lPanévrysme cirsoïde reconnait une autre origine : Ja transformation d'un nœvus rouge, d’un angiome artériel. Gelte opinion admise, il n'échappera à personne que l'argument tiré du traumatisme perd beaucoup de sa valeur, ainsi que le fait remarquer Gosselin. En effet, dans nombre de cas où le malade assigne comme cause première à son affection un traumatisme, ne s'agirait-il pas d'une tumeur érectile préexistante à l'accident, ignorée du porteur, et ayant subi l'évolution anévrysmale en dehors de