PRONOSTIC ET TRAITEMENT
ProNosric., — Le pronostic des angines à bacille de Friediaender est toujours bénin. La guérison est la règle, bien qu’elle’'se fasse parfois attendre jusqu’à six ou sept mois.
Il n’y a pas lieu de craindre de complications résultant du fait même de l’angine et si la dysphagie est quelquefois sensible en raison de l’hypertrophie amygdalienne, il n’y a, en général, aucun trouble fonctionnel du côté des voies digestives ou respiratoires supérieures qui constitue à un moment donné une menace sérieuse.
On n’a pas observé, à leur suite, de paralysies, comme le fait s’est passé pour des angines pseudo-membraneuses, même non diphtériques.
L'angine, une fois guérie, n’a pas paru apporter de modifications dans l’état antérieur des amygdales, du moins, aucun observateur ne le signale.
TRAITEMENT. — Si elle est bénigne, l’angine à bacilles de Friedlaender est, par contre, tenace et rebelle aux traitements les plus variés.
Divers gargarismes antiseptiques ont été essayés sans
succès bien apparents : chlorate de potasse, acide borique, acide phénique, thymol, alun, salol, eau oxygénée ; des collutoires variés ont été appliqués sur les fausses membranes, sans paraître les modifier ; glycérine au sublimé, glycérine résorcinée ou créosotée ; des cautérisations ont été employées, à l’acide lactique pur, au nitrate d'argent, au thermo ou au galvano-cautère.
Ce sont encore les cautérisations qui paraissent avoir donné les meilleurs résultats. Les fausses membranes n'ont pas envahi à nouveau les places cautérisées. Hébert les préconise également, faites soit au galvanocautère soit à l’aide de substances chimiques telle que : chlorure de zinc à 1/10, solution iodo-iodurée à 1/10, acide chromique à 1/20.
Les injections de sérum antidiphtérique qui ont parfois une influence favorable même dans des cas d’angines de nature non diphtérique, ont eu une action nulle. Leur emploi doit être réservé au cas où le bacille de Friedlaender est en association avec le bacille de Lofïer.
Enfin, comme nous avons vu que les angines pneumobacillaires se rencontraient le plus ordinairement chez des sujets prédisposés de la gorge ou du rhinopharinx, 1l ne faut pas négliger le traitement prophylactique, user de lavages antiseptiques fréquents et faire traiter les lésions nasales et pharyngo-amygdaliennes, lorsqu'il en existe.