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DIAGNOSTIC

Les mamelles surnuméraires n’ont pas toujours été reconnues. Dans l’observation dePerreymond,la glande, quoique munie d’un mamelon, fut prise pour un abcès et incisée. Dans un autre cas (Godefrain), le diagnostic d’adénite fut écarté grâce à la consistance et au siège de la tumeur, mais la présence d’un tubercule, laissant par la pression sortir des gouttes de lait, vint seule démontrer l’existence d’une mamelle surnuméraire.

Chez l’homme et chez l’enfant, les mamelles surnuméraires restent rudimentaires et sont toujours indolentes. l.orsque le mamelon existera, on pourra, par les caractères propres à cet organe, arriver au diag'nostic; mais il sera plus difficile de constater la présence du tissu glandulaire sous-jacent.

Les g’iandes accessoires sont souvent le siège de poussées congestives; elles augmentent de volume, deviennent gênantes, parfois douloureuses, mais toutes ces manifestations sont aualog*ues à celles qui se produisent du côté des seins, elles n’apparaissent qu’à des époques déterminées, elles ont une marche toute spéciale, puisqu’elles se répètent à chaque époque des règles, ou surviennent, soit pendant la grossesse, soit après l’accouchement. Ges particularités, jointes à la présence du mamelon, suffiront le plus souvent pour établir le diagnostic.

Si nous étions en présence d’une lésion inflamma-

toire, phleg'mon ou abcès , nous en retrouverions la cause; la peau serait chaude et roug*e, les tissus enflammés seraient moins faciles à limiter. Aux symptômes locaux se joindraient les symptômes g’énéraux.

Les tumeurs, outre leur physionomie particulière, présentent une évolution plus lente, ordinairement continue. Il est vrai que leur développement est parfois très rapide, et en supposant qu’il se produise précisément à une des époques dont nous avons parlé, il n’en sera pas toujours de même. Les règ*les cesseront, la fluxion mammaire aura un terme, et la tumeur continuera de s’accroître, tandis que les glandes surnuméraires passeront par les mêmes alternatives que les glandes normales, Enfin, la présence du mamelon viendra de nouveau éclairer le diagnostic.

Mais ce signe si important, pathognomonique, peut manquer, et nous avons vu que les mamelles surnuméraires incomplètes et les prolongements anormaux se rencontrent le plus souvent dans l’aisselle, région qui contient de nombreux ganglionslymphaliques. D’autre part, les adénites axillaires ne sont pas rares pendant l’allaitement; il est donc d’autant plus important de pouvoir établir le diagnostic, que le meilleur signe différentiel lait défaut.

On devra, dans tous les cas, rechercher si à chaque époque menstruelle et aux précédentes grossesses, ce gonflement ne s’est pas déjà produit. Les variations de volume coïncidant avec des phénomènes analogues du côté des seins et observées un certain nombre de fois, peuvent constituer un signe vraiment palhognomo-

nique. L’absence de tout antécédent, si la femme est primipare et si la g'iande axillaire est restée indolente jusqu’à ce jour, aug^mente les difficultés. Mais les circonstances de l’évolution peuvent mettre sur la voie du diagnostic.

Nous rappellerons donc que pendant les premiers jours qui suivent l’accouchement, les femmes ne se piafgnent pas, n’accusent ni gêne ni douleur. C’est à mesure que les seins se gonflent, qu’une légère douleur succède à la tension d’abord éprouvée dans l’aisselle, et que les femmes constatent souvent des deux côtés l’apparition presque subite et simultanée de ces tumeurs. Nous dirons enfin que cette évolution si rapide devient bientôt stationnaire, et que les tumeurs perdent de leur consistance à mesure que le dégorgement mammaire se produit. L’état général est du reste très bon ; le pouls reste au-dessous de 100, et la température s’élève à peine au-dessus de 38®.

L’adénite aiguë peut se présenter sous des aspects différents, suivant qu’il y aura ou qu’il n’y aura pas de lymphangite. Dans le premier cas, il y aura lieu d’établir le diagnostic différentiel avec le prolongement; dans le second, avec la mamelle privée du mamelon.

L’adénite existe seule. A sa première période, elle est caractérisée par l’apparition aux lieux où siègent habituellement les ganglions lymphatiques, d’une ou de plusieurs tumeurs dures, arrondies, roulant sous le doigt et douloureuses. Le siège ou la présence de tumeurs multiples peuvent donc constituer des signes très nets, puisque les glandes surnuméraires forment une

masse unique, et que leur situation est variable, alors que les gangclions sont sous-apo névrotiques et directement appliqués sur la paroi thoracique. Il faudra, en outre, rechercher s’il n’y a pas de lésions au niveau des seins, lésions qui manquent très rarement dans le cas d’adénite. Dans notre observation III, nous avons constaté l’absence de ces lésions, et nous voyons qu’il y avait plutôt une simple g*êne dans les mouvements du bras qu’une douleur spontanée. La »“lande était souscutanée, placée directement derrière le grand pectoral, au sommet du creux axillaire ; elle avait le volume d’une amande et sa forme aplatie; sa surface était inégale et présentait de petits grains riziformes, semblables aux acini ; enfin, elle n’offrait pas la dureté d^un ganglion surdistendu, mais la résistance élastique du tissu mammaire.

Avec l’adénite, il peut y avoir de l’angioleucite, et dans l’aisselle comme sur les membres, le tissu cellulaire qui entoure les vaisseaux lymphatiques et les ganglions s’enflamme facilement. La marche doit être étudiée avec soin. Si l’inflammation s’est propagée au tissu cellulaire de manière à ne former qu’une masse unique, s’étendant de la mamelle à l’aisselle, nous serons en présence d’un adéno-phlegmon qui, quoique à son début, aura des caractères spéciaux. La tumeur adhérera aux tissus voisins qui présenteront de la tuméfaction et de l’empâtement; il sera difficile de limiter ses bords, de la déplacer. La douleur deviendra de plus en plus vive; aux symptômes locaux s’ajouteront des symptômes généraux, légers frissons au début et fièvre.

Ainsi les mamelles surnuméraires et les prolongements anormaux présentent des caractères qui permettent de les reconnaître. Sans doute, une erreur de diaggnostic n’aurait pas le plus souvent de bien graves conséquences. Mais toute intervention chirurgicale, au moins inutile, peut retentir fâcheusement sur la fonction mammaire. Une plaie est sujette à des accidents nombreux, et il n’est pas sans intérêt d’éviter à une nouvelle accouchée toute complication.

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